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Entretien avec Jorge Martinez Aspar

lun 13 oct, 15h57


Jorge Martinez ‘Aspar' entrait dans l'histoire, il y a tout juste vingt ans, en remportant les titres 80cc et 125cc.

Il reste le dernier pilote à avoir été sacré dans deux catégories différentes au cours d'une même saison.

Le vingtième anniversaire de cet exploit était une bonne occasion pour aller à la rencontre de l'Espagnol, désormais à la tête d'une structure bien installée en championnat du monde, et de replonger, avec lui, dans le passé.

Quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?

« L'année 88 fut très spéciale. La Derbi était très rapide mais, également, très difficile à piloter et à mettre au point. J'avais su m'y adapter et en tirer le maximum. Parfois, la course des 250cc était disputée entre les 80 et les 125cc, ce qui me permettait d'avoir un peu plus de temps pour me préparer. D'autres fois, je devais filer au camion, me sécher et me changer rapidement, avant de sauter sur l'autre moto. »

Quel titre fut le plus difficile à décrocher ?

« Cette année-là, tout m'est venu plutôt facilement. J'avais la moto bien en main. La 80cc était plus facile et complète, alors que le châssis de la 125cc était plus compliqué à mettre au point. J'avais toujours des problèmes avec le train avant dans les entrées de virages. J'ai d'abord gagné le titre 80cc, à Brno, puis le titre 125cc à Anderstorp. »

Qui étaient vos principaux adversaires ?

« Le titre 125cc s'est joué avec Ezio Gianola. Nous avons eu une année fantastique, au cours de laquelle nous sommes devenus amis. Je me souviens qu'il me disait toujours ‘si j'avais la Derbi, je te battrais'. Je me rappelle une anecdote, au Grand Prix d'Autriche… Le samedi, nous participions à une course cycliste, pour une œuvre de charité, quand il m'a dit ‘aujourd'hui, tu n'as pas ta Derbi. Le moteur est le cœur et les jambes… je vais te battre'. Je lui ai répondu que c'est moi qui le battrais, et ce fut le cas. »

Serait-il possible, à l'heure actuelle, de rouler dans deux catégories différentes ?

« Je crois que ce serait beaucoup plus difficile parce que les exigences, en terme d'entraînement et de concentration, sont bien plus élevées. Chaque année, l'écart entre les pilotes se réduit et le niveau d'exigence – tant technique que physique – est plus important. Abaisser les chronos demande un effort énorme et une concentration de tous les instants. Je pense qu'il serait pratiquement impossible, aujourd'hui, de courir dans deux catégories. »

Que ressentez-vous en repensant à cette époque ?

« Je suis satisfait de voir que j'ai gagné quatre titres et 37 GP, et que je suis le deuxième pilote espagnol le plus victorieux. Je me rappelle de chaque instant et je suis fier d'être toujours lié à ce milieu, grâce à une équipe engagée dans deux catégories. Tout ceci, sur les plans humain et professionnel, est très gratifiant pour moi. »

L'équipe Aspar sera bientôt la structure privée la plus importante du championnat du monde. Le rêve prend forme chaque jour…

« Nous devrions bientôt être en mesure de confirmer le projet MotoGP sur lequel nous travaillons depuis deux ans. Je crois que c'est l'échelon qui restait à franchir. L'objectif, actuellement, est d'entrer en MotoGP et de réconquérir le titre 125cc. »

Jorge Martinez a créé l'équipe Aspar en 1992, alors qu'il courrait encore. Il a pris sa retraite sportive à la fin de la saison 1997. De nombreux grands noms sont passés par son team, dont Toni Elias, Sebastian Porto, Fonsi Nieto, Randy de Puniet, Emilio Alzamora, ou encore Alvaro Bautista.

Sandrine BOUCHARD

© CAPSIS International

 

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