A bientôt 34 ans, Jérôme Leroy semble enfin avoir posé ses valises pour de bon. Heureux à Rennes, il assume parfaitement son rôle d’encadrant mais n’a pas pour autant changé son discours : le plaisir avant tout.
Jérôme Leroy, comment jugez-vous le début de saison de Rennes ?
On a eu un début de saison avec des hauts et des bas. Parfois, on jouait bien au ballon, d’autres fois, on avait des absences. Je ne suis pas inquiet. Quand vous gagnez et que c’est poussif, c’est plus gênant. Là, on a quand même une équipe où il y a du potentiel. Le danger, c’est nous-mêmes. On sait que nos résultats passeront par le jeu. Notre philosophie, c’est celle là, il faut d’abord bien défendre, après on se base sur le jeu.
Avec six buts et dix passes décisives, votre saison dernière a été l’une des plus prolifiques de votre carrière…
Moi je n’attends rien des statistiques, je m’attends simplement à ce que les gens soient contents de moi, surtout les joueurs. Je vais avoir 34 ans dans un mois, cela fait quasiment quatre ans qu’on me prend pour encadrer des jeunes. On m’a donné un peu plus de pouvoir et de responsabilités. Dans les autres clubs, il y avait des gars pour ça, donc je m’effaçais. En tout cas, cela marche bien et j’espère que ça va continuer.
Comment prenez-vous ce rôle d’encadrant, que vous sembliez refuser jusqu’à présent ?
Je ne suis pas un modèle, je ne suis pas un joueur très stable. Dès que je ne me sens pas bien dans un club, je vais partir. Mes performances sont dépendantes de mon entourage donc je ne suis pas un exemple. Je cherche surtout à leur dire qu’il ne faut pas aller plus vite que la musique. La Ligue 1 pour les jeunes, ce n’est pas si facile.
Comment cela se fait-il que vous ayez autant bougé durant votre carrière (Ndlr : il a fréquenté huit clubs) ?
L’avantage que j’ai, c’est que c’est moi qui choisis. Pour le moment, il n’y a aucun club qui m’ait demandé de partir, c’est une petite fierté. Les gens sont contents de mon passage. Quand je n’apprécie pas quelqu’un, je ne peux pas faire semblant. Si on me dit que je suis trop vieux, que j’ai assez donné, je préfère aller voir ailleurs. J’ai besoin d’être bien dans ma tête, qu’on me dise les choses.
« Je ne suis pas un joueur de haut niveau »
Votre attitude vous a-t-elle desservie pendant votre carrière ?
Non au contraire, c’est ma quatorzième année, j’ai eu des galères avec pas mal de monde mais j’ai toujours su rebondir. Je pense que le fait de m’être mis en danger tout seul, cela m’a permis d’avancer. Je suis quelqu’un qui n’aime pas trop s’entraîner, je préfère la compétition, l’adrénaline. C’est vrai que parfois j’ai tendance à me relâcher la semaine. Cela m’a permis parfois de me mettre dos au mur, cela m’empêche de m’endormir, de régresser.
Si Luis Fernandez reprenait un club, seriez-vous prêt à la suivre de nouveau ?
Cette question, je ne peux pas y répondre. Si lui pense que je suis encore apte à le dépanner… Je peux être un avantage ou un inconvénient, ça, ce sont les entraîneurs qui choisissent. J’ai pris de l’âge. Quand on n’a plus 20 ans, on ne revient plus pareil. Un entraîneur, il vous prend pour vos performances et vous, vous jouez pour vous, par pour un entraîneur. S’il vous prend, c’est qu’il sait qu’il peut compter sur vous. Il n’y a pas de réelles attaches, il fait son boulot le mieux possible. Il peut très bien vous faire venir et si vous n’êtes pas performant, il vous sort.
Pourquoi le courant passait-il si bien avec Luis Fernandez ?
C’est un entraîneur qui ne me disais pas comment il fallait que je joue, il ne me parlait pas, il disait : « Tu joues, tu te débrouilles ». Il savait de quoi j’avais envie. Des fois, il plaisantait même après les matchs en me demandant si j’avais joué ou non ce soir, parce qu’il ne m’avait pas vu sur le terrain. C’était pour me remotiver, pour me faire avancer.
N’avez-vous pas des regrets par rapport à l’équipe de France ?
Aucun regret. Moi, je pense que je suis un bon joueur de Ligue 1 mais je ne suis pas un joueur de haut niveau. Pour jouer en équipe de France, il faut être un compétiteur et moi j’aime prendre du plaisir. A 1-0 ou 2-0, je continue d’attaquer alors que l’équipe de France, ce sont des compétiteurs, dès qu’ils mènent 1-0, il faut fermer le jeu, c’est ça le haut niveau. Moi je ne suis pas un joueur de haut niveau.
« On surestime des joueurs qui n’ont rien fait »
Le discours de Guy Lacombe semble bien passé à Rennes cette saison, non ?
Oui, le discours passe super bien. Il sait que s’il me demande de défendre plus que d’attaquer, on n’est plus soi-même. On en revient toujours à la même chose. Notre jeu est basé sur les résultats, tant qu’on ne pénalise pas l’équipe, on nous dira que c’est bon. Il s’adapte en fonction de nous, tant que cela marche, il laisse faire. Dès que cela marchera moins bien, on ira sans doute faire un tour sur le banc
En quittant des clubs à l’instinct, sans véritable plan de carrière, avez-vous pris conscience de passer pour un OVNI dans le monde du football ?
Le football, c’est simple. Pour bien gagner sa vie, il faut montrer ses performances. Maintenant, on paye un joueur pour ses qualités, mais on ne sait pas s’il sera performant. Quand j’ai commencé, les joueurs qui explosaient avaient 27, 28 ans. Regardez les Weah, les Ginola. Maintenant, on explose à 17, voire même à 15 ans. Il y a un peu plus de perte. On surestime des joueurs qui n’ont pratiquement rien fait.
Pensez-vous avoir été sous-estimé au cours de votre carrière ?
Non, je n’ai pas été sous-estimé. J’étais avec de grands joueurs donc on est toujours un peu étouffé. On ne voit pas toujours le travail des autres. Mais à Rennes, ce n’est pas Leroy et Pagis qui font gagner l’équipe, c’est un collectif. On n’a pas les qualités d’un Ben Arfa ou d’un Benzema, on ne peut pas prendre le ballon et dribbler tout le monde, on a besoin des autres.
Avez-vous déjà planifié votre fin de carrière ?
C’est le temps qui décidera. Si cela se passe encore bien, on continuera. Tant que ça marche, on profite. Il y a encore une bonne saison qui se profile, on n’y pense même pas. J’espère qu’on fera mieux que la saison passée mais il faudra être plus régulier.
Nicolas COUET

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Commentaires 1 - 4 de 4
c'est tout vu , il finira sa carrière à Rennes.l'un à besoin de l'autre et réciproquement!
Pas sur qu'il reste à Rennes la saison prochaine parce que avec Lacombe il juge d'abord par l'âge et non par le talent.
leroy est un exellent joueur sou estimer domage et avec du caractere qui plus est
Jérôme!!! Reviens à Paname!!!
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