PARIS (AFP) - Ils sont rugbymen, footballeurs, basketteurs ou skieurs, à la retraite ou toujours en activité, avec un point commun: ils délaissent leur terrain de jeu habituel pour se risquer sur celui de la politique, à la faveur des municipales.
A la mode depuis la dernière Coupe du monde, les rugbymen. "Le rugby est très médiatisé en ce moment, on apporte donc une image positive", explique Guy Accoceberry, ancien international et numéro 3 de la liste d'Alain Juppé (UMP) à Bordeaux. "Je pense que c'est pour cela que beaucoup d'entre nous ont été contactés" par les hommes politiques.
Dans la même ville et face à lui, son ancien coéquipier Serge Simon a opté pour le socialiste Alain Rousset.
"Ce n'est pas la première fois qu'un demi de mêlée fait un mauvais choix", plaisante Serge Simon à propos de son ami.
Pour lui, sport et politique ont des points communs, le travail en équipe notamment. "Il y a des petits moments de bonheurs et de hargne, une dynamique de la gestion de groupe assez semblables".
"Au rugby, vous êtes adversaires sur le terrain, mais en dehors, vous êtes amis. En politique, ce n'est pas la même chose, et j'ai un peu de mal avec cela", nuance-t-il.
Deux autres anciens capitaines du XV de France seront candidats dans le sud-ouest. A Tarbes, Philippe Dintrans s'est engagé aux côtés "de son ami de trente ans", Jean Glavany. "J'ai été +supporté+ pendant pas mal d'années à Tarbes", explique-t-il. "C'est maintenant à moi d'aller m'occuper des gens."
A Toulouse, le maire sortant le centriste Jean-Luc Moudenc, peut compter sur Fabien Pelous, tout jeune retraité international et actuel joueur du Stade toulousain.
"J'ai envie de m'investir, participer aux actions de Toulouse, avancer avec la ville. J'aurai plus de temps à consacrer aux autres", a expliqué Fabien Pelous, se définissant comme ayant "une culture de gauche et des tendances à droite".
En politique, les footballeurs ne sont pas en reste.
Fabien Cool, ancien gardien de l'AJ Auxerre, a pris les rênes du Nouveau centre dans l'Yonne, et se présente sur la liste de Dominique Mary (UMP).
"Il anticipe tout ce que les adversaires peuvent tenter, comme le gardien de foot qu'il a été", explique la candidate. "Sa notoriété parmi les Auxerrois dans cette ville ouvrière est toujours très forte".
Nombre d'autres footballeurs se contentent d'encourager des candidats: à Marseille, l'un des gardiens, Cédric Carasso a pris parti pour Jean-Claude Gaudin (UMP), tandis qu'Eric Cantona affiche son soutien pour le challenger PS, Jean-Noël Guerini. L'ancien international Vikash Dhorasoo multiplie les soutiens à gauche au Havre, sa ville de naissance, comme à Paris, sa ville d'adoption.
A Pau, Patrice Estanguet, ancien champion de canoë, a rejoint l'équipe de François Bayrou (MoDem), après avoir été conseiller municipal d'André Labarrère (PS).
Les sportifs semblent pourtant s'engager plus souvent à droite qu'à gauche.
Ainsi, Laurent Paganelli, ancien footballeur, sera sur la liste UMP d'Avignon, Henri Leconte, ancien tennisman, à Levallois, Edgar Grospiron, ancien skieur acrobatique à Annecy-le-Vieux, Marc Lafosse, nageur, à Bordeaux, Raphaëla Le Gouvello, véliplanchiste, à Pénestin. Gérard d'Aboville, le navigateur, conduit une liste de droite dissidente à Paris, et la judoka Marie-Claire Restoux, ex-conseillère de Jacques Chirac, mènera la liste UMP à Clichy-la-Garenne.
Des ambitions locales qui se transformeront peut-être un jour en nationales, à l'image des champions olympiques Jean-François Lamour ou Guy Drut, devenus ministres.

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