Dakar 2009 - Sainz : "On gagne, on perd..."

Eurosport - sam, 14 mars 12:32:00 2009

En plus de vingt ans de rallyes, Carlos Sainz (Volkswagen) a tout connu. La victoire qui lui a échappée au Dakar 2009 ne l'obsède donc pas plus que ça. Même si c'est la deuxième de suite après 2007.

2009 Dakar Stage 10 Volkswagen Sainz - 0

Vous aviez perdu le titre WRC en 1998 à quelques centaines de mètres de l'arrivée. La déception d'avoir perdu le Dakar à deux jours de la fin est-elle la même ?

Carlos Sainz : C'est toujours une grosse déception de perdre un rallye comme le Dakar mais ça fait maintenant pas mal d'années que je suis en sport automobile, j'ai vécu de bons moments comme de mauvais et le plus important est que rien de triste ne soit arrivé (La VW de Sainz/Perin a plongé dans un ravin de 4 mètres lors de l'étape 12). L'essentiel est que le rallye a été gagné par Volkswagen et j'espère être le prochain vainqueur.

Quand avez-vous commencé à ne plus penser à cette victoire qui vous a échappée ?

C.S. : J'ai tourné la page assez vite car je suis quelqu'un de très occupé. J'ai du recul par rapport à ça. Quand je gagne, je ne saute pas partout en criant que j'ai gagné. Quand je perds, je ne me lamente pas non plus indéfiniment. On gagne un jour, on perd le lendemain... Après une victoire ou une défaite, je tourne la page de la même façon.

Masuoka, Peterhansel, De Villiers, pour ne citer qu'eux, ont perdu un Dakar qui leur paraissait acquis avant de le gagner pour la première fois en Autos On a l'impression qu'il faut d'abord perdre le Dakar pour savoir comment le gagner...

C.S. : On peut voir ça comme ça, et j'espère que ça se vérifiera pour moi aussi (rires)...

Votre navigateur Michel Perin était content du road book dans la première moitié du Dakar, et s'en plaignait depuis quelques jours avant votre accident...

C.S. : Il faut lui demander dans les détails pourquoi, mais je sais qu'effectivement ça faisait deux jours qu'il n'était pas content du road book. Ça nous a conduits à faire un grosse erreur. Les choses n'étaient pas claires. Michel me répétait que le road book n'était pas aussi bon que dans les premiers jours de l'épreuve. Pour résumer, je dirai que le road book n'était pas au niveau requis.

Pensez-vous avoir été meilleur cette année, spécialement dans le sable, comme l'a suggéré votre scratch dans l'étape 10 ?

C.S. : Pour être honnête, j'aurais gagné le Dakar il y a deux ans si je n'avais pas cassé. Le pilotage dans le sable ne s'apprend pas du jour au lendemain mais je ne pense pas avoir été plus fort dans le sable cette année qu'il y a deux ans.

Quel est votre avis sur le retrait de Mitsubishi ?

C.S. : C'est une mauvaise nouvelle pour le sport, une mauvaise nouvelle pour le Dakar. Nous devons accepter que Mitsubishi fasse une pause et attendre qu'un nouveau constructeur arrive. J'espère que cette mauvaise passe que vit le sport automobile va être la plus courte possible et insister sur le fait le sport reste un super vecteur pour montrer les qualités d'un produit.

Mitsubishi a de suite été en difficulté et votre emprise sur l'épreuve a été assez rapide...

C.S. : Pas exactement. Nous avons eu une bonne bagarre avec Nasser (Al Attiyah) au tout début puis, effectivement, nous nous sommes construits une avance d'une demi-heure. Ce fut une bonne bagarre avec Giniel [de villiers] et Mark [Miller] mais c'est vrai que la lutte est différente lorsqu'elle est interne.

Le Dakar retournera en Argentine et au Chili en 2010...

C.S. : J'en suis ravi !

Sébastien Loeb, votre ancien équipier chez Citroën en WRC (2003-2005), vole de victoire en victoire et de titre en titre...

C.S. : Sébastien est un pilote incroyable, imbattable en ce moment. Personne ne pilote à son niveau.

Il y a trois ans, vous étiez sur les rangs pour briguer la présidence du Real Madrid. Etes-vous toujours intéressé par la fonction ?

C.S. : Pour l'instant, je fais toujours du sport auto. Le Real Madrid élit son président cette année. Je n'ai pas encore pris de décision mais je ne suis pas aussi chaud qu'il y a trois ans. La présidence du Real Madrid nécessite un investissement total. C'est beaucoup, beaucoup de travail. C'est un rôle très, très prenant.

Propos recueillis par Stéphane VRIGNAUD, à Salzbourg / Euros

Pas encore utilisateur Yahoo! ? maintenant pour ouvrir un compte gratuitement