Eurosport - sam, 14 mars 15:09:00 2009
Vainqueur pour la 2e fois de sa carrière du gros globe de cristal, Aksel Lund Svindal a vécu une fin de saison en apothéose. Victime d'une terrible chute en novembre 2007 à Beaver Creek, le courageux Norvégien est revenu plus vite qu'on aurait pu l'imaginer.
Sous la masse athlétique et le charme qui affleure, le Norvégien Aksel Lund Svindal, vainqueur à 26 ans du deuxième grand globe de cristal de sa carrière, scelle un style élégant et efficace autant qu'un passé de peine et de gloire. Enfant, Aksel promenait sa tristesse, l'âme meurtrie par l'absence définitive de sa mère, décédée en accouchant d'un troisième enfant qui ne survécut qu'un an. Mais le coeur était vaillant. Et glisser sur les collines de la banlieue d'Oslo fut une heureuse diversion sous les ordres d'un père qui, en professeur de skis, décela des dons rares. C'est à Geilo, entre la capitale et Bergen, où ses grands-parents paternels étaient propriétaires d'un chalet, que l'adolescent perfectionna son style. Celui des Attacking Vikings.
"A l'époque, Aamodt et Kjus rivalisaient contre l'Autriche", se souvient Aksel. Son destin était signé dès lors qu'il eut les deux champions comme modèles et, pendant deux saisons, partenaires dans une équipe dont l'effectif se compte sur les doigts d'une main. A la retraite depuis quelques années, Kjetil Andre Aamodt et Lasse Kjus ont laissé en héritage la bagatelle de 36 médailles entre Championnats du monde et jeux Olympiques. S'il n'atteindra jamais ces sommets en métaux, Svindal a déjà garni son escarcelle de cinq médailles mondiales, dont trois d'or. Svindal le polyvalent s'inscrit dans la parabole du skieur alpin fauché en pleine gloire, comme le fut en 2001 l'Autrichien Hermann Maier qui faillit perdre une jambe. Mais, alors que le Salzbourgeois avait été victime d'un accident de moto, le Nordique a payé les risques du métier.
Chute
C'était lors du premier entraînement de la descente de Beaver Creek, le 27 novembre 2007, quand il était retombé sur le dos, déséquilibré par le vent à la réception d'un saut. Blessé au visage -double fracture du nez, fracture de la pommette droite-, il avait aussi subi une profonde entaille au niveau de la fesse gauche, causée par un des skis. Quelques millimètres de plus, et l'artère fémorale aurait été sectionnée. "Le plus dur, ce fut en janvier (2008), quand vous passez vos journées au lit au lieu d'être en plein air", avait remarqué Svindal en février dernier à Val d'Isère, juste après avoir reçu la médaille d'or du super-combiné.
L'homme a du cran, comme le rappelait Aamodt dans la station savoyarde. Un an après le "crash", c'est à Beaver Creek qu'il signa sa renaissance avec un incroyable doublé descente/super-G. Il possède aussi l'envergure du goéland. Et, de son 1,95 m, il a fait un poste d'observation pour mieux dominer la piste. Aksel Lund (le patronyme de sa maman) Svindal est aussi un oiseau de proie qui manque rarement son objectif. Encore deuxième, comme en 2007 à l'issue des finales de Lenzerheide, l'Autrichien Benjamin Raich peut témoigner.
Commentaires 1 - 3 de 3
Malheureusement les médias français n'en ont que pour JB Grange... et délaissent cet immense champion.
Il ne reste plus à Grange qu'à remporter le grand globe pour que l'on parle de ce trophée qui récompense, non seulement la régularité mais aussi la polyvalence. J'y crois.
Entendons-nous bien je me réjouis du globe de JB (on a rarement vu un aussi "beau" ski entre les piquets), j'ai vibré toute l'année pour nos slalomeurs. je tenais seulement à pousser un petit coup de g.
Oui Svindal est un monstre, un très grand skieur de par sa taille et son talent, Bravo à lui.
Bravo Aksel, mais ...dommage pour Beni Raich.
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