L'Equipe.fr lequipe_news

JEUX OLYMPIQUES D'ETE - Canoë-kayak - Les souvenirs olympiques de... FABIEN LEFEVRE - «NE PAS SE PRENDRE POUR UN EXTRA-TERRESTRE»

mer 14 mai, 12h32


«Fabien Lefèvre, quelle image des Jeux Olympiques aviez-vous avant d'y participer pour la première fois en 2004 à Athènes ? Elle était très simple. Les Jeux Olympiques ressemblaient à une grand fête du sport avec un public et une ambiance décuplés, et une couverture médiatique exceptionnelle. C'est exactement ce que j'ai retrouvé en Grèce, et c'était super agréable à vivre. C'est vrai que je n'ai pas obtenu le résultat que j'attendais. J'étais champion du monde en titre, je partais favori, et j'ai obtenu une médaille de bronze alors que je voulais l'or. Ça a été une vraie déception, difficile à digérer. Mais tous les à-côtés, comme le Village, et la manière dont sont traités et acheminés les athlètes pendant cette période là... C'est exceptionnel ! Quelle est la première chose qui vous a marqué en arrivant en Grèce ? La qualité des services et la manière dont on a pris soin de nous. Partout, pas uniquement au Village. Dès l'arrivée à l'aéroport, vous êtes pris en charge de A à Z. Et la manière dont vous êtes "drivés" à droite et à gauche est hyper agréable, parce que vous ne dépensez aucune énergie à vous préoccuper des déplacements, vous avez l'esprit libéré de ce paramètre, et vous ne pensez qu'à la compétition. Vous êtes plongé dans le dans le vif du sujet, en vous laissant porter par l'événement, c'est super agréable à vivre. Vos premières impressions sur le Village... C'était le "McDo" à volonté, 24 heures sur 24 ! Celui-là, nous en avons un peu abusé, notamment après les courses ! Mais sinon, c'était le fait de se retrouver dans cette grande tente blanche où il y avait des cuisines du monde entier, et où vous pouviez croiser des athlètes venus des quatre coins de la planète représenter leurs pays et leur continent dans leur sport. C'était quelque chose de nouveau, et d'impressionnant ! La plupart du temps, vous voyez la majorité de ces athlètes dans les journaux, à la télévision, ou vous les entendez à la radio. Là, les avoir autour de vous dans le village, c'est vraiment quelque chose à part. Ce sera différent pendant ces JO là, à Pékin. Parce que nous ne serons pas au Village, ou en tous les cas, pas sur la totalité des JO. Le bassin de canoë-kayak étant situé à près de 35 km de Pékin, nous serons dans des villas protégées pendant la compétition. C'est une bonne chose parce qu'il ne faut pas oublier que les Jeux, c'est avant tout une compétition de kayak où il faut gagner. Seulement après, je peux profiter de l'événement. Et cette notion-là, je l'avais un peu perdue de vue à Athènes.

Pour quelles raisons ? Peut-être parce que j'avais pensé que la course des Jeux était différente d'une autre, justement parce qu'il s'agit de celle des JO. Non, une course est une course. Ça reste notre sport, c'est le même départ, les mêmes portes, et la même eau vive sur laquelle vous avez l'habitude de vous entraîner, et ça n'est pas parce que vous êtes aux JO qu'il faut croire que vous allez être un extra-terrestre sur l'eau. Il faut garder l'idée de rester vous-même et de faire ce que vous savez faire. Ne pas tenter d'aller au-delà, car c'est le meilleur piège pour ne pas réussir les Jeux. Quels sont les autres pièges à éviter ? Dans le Village, vous avez "la télévision des Jeux Olympiques", où vous pouvez suivre toutes les épreuves en direct. Un des dangers serait de vous focaliser un peu trop sur les autres disciplines, de vous éparpiller en voulant tout voir, et de perdre un peu votre concentration, et de cette lucidité qui sont indispensables lors d'une telle compétition. Comment ne pas subir la pression de l'événement ? Avec l'expérience, sûrement. J'avais 21 ans la première fois que j'ai fait les JO, et je n'étais pas assez concentré sur mes objectifs parce qu'il y avait aussi ces a-côtés. Sur l'eau, j'ai peut-être pensé trop vite aux conséquences. Aujourd'hui, j'ai pris quatre ans. Je vais être vigilant à penser à la réussite sportive, avant de songer à réaliser la performance. Donc à Pékin, vous allez chercher l'or... J'ai laissé un champion du monde et un champion olympique sur le carreau ( ndlr : ses compatriotes Sébastien Combot et Benoît Peshier, qu'il a battus lors des sélections olympiques à Seu d'Urgell en avril dernier ), ça n'est pas pour revenir avec de l'argent !»

 

Pas encore utilisateur Yahoo! ? maintenant pour ouvrir un compte gratuitement