Equipe phare du championnat ces dernières années, Lille n’arrive pas à décoller cette saison. Du recrutement - loin de compenser les départs - aux gros problèmes offensifs, tour d’horizon des maux lillois.
Le recrutement
Pas facile de remplacer Keita, Bodmer, Tavlaridis, Chalmé et Odemwingie. Surtout quand leurs successeurs n’arrivent pas à se mettre au niveau. Ainsi, parmi les recrues estivales du LOSC, seul Beria, qui était déjà titulaire à Metz, a su se faire une place dans l’équipe de départ de Claude Puel. Les autres renforts, eux, doivent être encore en train de défaire leurs valises. Car sur le terrain, on ne les a pas encore vus. Maric et Tahirovic, annoncés respectivement comme les nouveaux Bodmer et Acimovic, n’ont visiblement pas le niveau pour évoluer ailleurs qu’en réserve. Quant à Yanes, s’il ressemble un peu à Keita, il est à des années lumière du talent de l’Ivoirien. Pour ne rien arranger, constamment blessé, il semble très fragile. A son actif, un seul match depuis son arrivée.
Le raté Kluivert
L’arrivée de Patrick Kluivert, fin août, laissait penser que l’attaque lilloise allait faire des ravages. Mais le coup de poker s’est vite transformé en mauvaise affaire. Diminué par des kilos en trop, Kluivert n’a plus rien de l’ex-buteur du Barça. Titularisé cinq fois par Claude Puel, il a eu beaucoup de mal à se créer des occasions et n’a inscrit que deux buts jusqu’à maintenant. Dont un sur penalty. Lassé, l’entraîneur lillois l’a sorti dès le début de la seconde période contre Toulouse. Ce qui n’a bien évidemment pas plu au joueur de 31 ans, qui n’a pas manqué de le faire savoir à son coach. Indulgent, Michel Seydoux ne fait pas pour autant de Kluivert le principal responsable. « Il apporte ce qu’il peut, il n’est pas inintéressant mais celui qui pensait que ce serait le miracle absolu… C’est davantage un problème physique. »
Le malaise offensif
Avec seulement quinze buts marqués, le LOSC possède la quatrième moins bonne attaque de l’exercice en cours. Bien triste pour une équipe qui avait terminé la saison précédente à la huitième place du même classement, avec trois fois plus de réalisations au final (ndlr : 45 buts). Depuis le coup d’envoi du championnat, Claude Puel, désabusé, a pourtant testé tous les tandems possibles : Kluivert-Mirallas, Kluivert-Youla, Mirallas-Fauvergue, Yanes-Fauvergue, Tahirovic-Kluivert, Fauvergue-Touré, Touré-Mirallas… Il a même plus d’une fois lancé un seul attaquant devant (Fauvergue ou Mirallas généralement). Statistiquement, le duo ayant le mieux fonctionné aura été celui composé de Mirallas et Kluivert, aligné lors de seule victoire des Lillois par plus d’un but d’écart, le 6 octobre contre Valenciennes (3-0). « Pour l’instant, on ne marque pas de buts », déplore avec lucidité Michel Seydoux. Mais également sans remède miracle dans ses manches…
L’incapacité à garder le score
Avant de recevoir Saint-Etienne, le LOSC a déjà concédé neuf fois le nul. Un record en dix-sept journées. Mais ces neuf points pris sur des partages de points n’auraient rien de catastrophiques si les Lillois n’avaient pas mené à chaque fois ou presque durant leurs matchs. Depuis le début de la saison, on ne compte plus le nombre de parties que les hommes de Claude Puel avaient mieux démarré que leurs adversaires. Mais pour ne pas savoir conserver leur avance au tableau d’affichage, les Lillois ont abandonné pas moins de quatorze points en route. Un pécule qui les propulserait aujourd’hui en troisième position, une longueur seulement derrière Nancy. « En ne faisant que des matchs nuls, nous n’avançons pas beaucoup au classement. Partager les points chaque week-end, surtout étant donné le contenu que nous mettons dans nos matchs, est frustrant », expliquait Yohan Cabaye début septembre à Football365. « Sincèrement, depuis le début de saison, nous montrons vraiment de belles choses et nous faisons mal à beaucoup d’équipes dans le jeu. Nous n’avions juste pas été récompensés », savourait Plestan au soir du carton face à Valenciennes. Soulagé, le défenseur lillois devait déchanter quatre journées plus tard.
L’embourgeoisement du groupe
Le mot sort de la bouche du président Lillois. Depuis l’ère Halilhodzic, le LOSC a connu « la gloire » et en paie peut-être aujourd’hui les conséquences. Lorsque l’on s’est habitué au caviar comme l’ont été les Lillois ces dernières années, il n’est jamais simple de revenir sur terre. C’est pourtant ce que vivent actuellement les Nordistes. « On s’est peut-être un peu embourgeoisés, déclare Michel Seydoux dans la Voix des Sports. Le confort, c’est agréable mais c’est aussi dangereux. Cela fait partie des choses dont tout le monde doit avoir conscience et cela fait partie de mon rôle de le rappeler. » Toujours sans stade, Lille, avec le domaine de Luchin, bénéficie depuis peu d’un centre d’entraînement somptueux, calqué sur celui dont jouissent leurs voisins lensois à la Gaillette. « Il faut passer à l’étape supérieure et se remettre au boulot, rappelle Seydoux, tel un père reprenant ses enfants de volée. Certains se croient peut-être arrivés. Et bien preuve est faite que non. »
Aurélien CANOT

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