Battu à la dernière seconde à Bruxelles après une prestation médiocre, Bordeaux s’est compliqué la vie avant le retour. Mais pas le temps de gamberger avec un déplacement périlleux à Monaco dès dimanche.
Ce qu’il y a de bien avec les périodes où il faut jouer tous les trois jours, c’est qu’un match raté peut vite être occulté par la perspective du prochain rendez-vous. Engagés dans un marathon de douze matchs jusqu’au 30 mars - s’ils restent en lice en Coupe d’Europe et en Coupe de France - les Girondins ont mal négocié leur retour sur la scène continentale, quatre jours avant un autre périlleux déplacement à Monaco en L1. Après six succès en autant de rencontres cette saison en UEFA, les hommes de Laurent Blanc ont chuté à Bruxelles face à Anderlecht. Si le score final ne compromet pas les chances de qualification pour un éventuel quart de finale face au Bayern Munich (selon les statistiques en Coupe d’Europe, les Girondins possèdent 52% de chances de passer au retour), c’est le contenu du match livré par les Marine et Blanc qui interpelle. Le même constat avait déjà été établi après le succès en forme de trompe-l’œil face à Metz, samedi dernier en championnat.
Lucide, Laurent Blanc ne se voile pas la face sur la prestation des siens en Belgique. « La seule chose qui me déçoit est que nous avions prévu de faire un bon match et que nous ne l’avons pas fait, résume l’entraîneur bordelais sur le site officiel des Girondins. Il ne faudrait pas que nous nous prenions pour quelqu’un d’autre. J’entends les commentaires. On s’imagine que Bordeaux est une grande équipe. Je l’ai toujours dit : nous ne sommes pas une grande équipe ! » Sûr qu’une grande équipe aurait mieux géré la fin de match après l’ouverture du score heureuse sur penalty signée Jussiê à la 68eme minute… Dominés la majeure partie de la rencontre, les équipiers d’Ulrich Ramé ont fini par céder dans les dernières minutes. « Sur l’ensemble de la rencontre, nous n’avons pas su poser le ballon, concède le portier bordelais. Il y avait de l’engagement. Ils ont joué avec leurs qualités, ce que nous n’avons pas forcément réussi à faire. »
Honnêtes dans leur analyse, les dauphins de l’OL en championnat restent légitimement confiants pour leur avenir européen. « Sincèrement, 2-1 à l’extérieur n’est pas un si mauvais score », estime le « Président ». Même son de cloche chez le latéral droit Matthieu Chalmé : « C’est frustrant pour nous mais nous avons encore la possibilité de nous qualifier. » Nourris au discours d’un jeu ambitieux tenu par Laurent Blanc depuis sa prise de fonction, les Bordelais savent qu’il leur faudra produire plus de choses dans les semaines à venir. « En ce moment, nous sommes un peu moins bien dans le jeu, admet Chalmé. Nous compensons par de l’envie, de la solidarité et beaucoup d’agressivité défensive. » Des ingrédients nécessaires mais pas suffisants pour continuer à mener de front les trois compétitions qui restent au copieux menu des Bordelais. Le déplacement sur le Rocher dimanche devrait donner de nouveaux enseignements quant à leur capacité de bonne digestion.
Mathieu BAHUET

agrandir la photo
