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Ski: Duel Grange-Mölgg pour le globe du slalom à Bormio

sam 15 mar, 08h46


BORMIO (AFP) - Jean-Baptiste Grange, nouvelle coqueluche du ski français qui achève samedi à Bormio son ascension du toit du monde, a toutes les cartes en mains pour empêcher l'Italien Manfred Mölgg d'arriver en haut avant lui et le priver d'un globe de slalom tant attendu.

Le skieur de Valloire, 23 ans, compte 21 points d'avance sur Mölgg et 85 sur l'Autrichien Mario Matt, toujours en course aussi. Ce matelas lui garantit par exemple de gagner le cristal si Mölgg s'impose et lui termine deuxième.

"Je ne veux pas calculer, rejette Grange. Je dois me concentrer sur la course, pas sur le globe. Si je skie à 100%, je peux largement le tenir."

Vendredi, le jeune homme aux 4 victoires cette saison s'est mis dans les conditions idéales en terminant quatrième du géant. Une surprise considérable.

Même s'il n'avait aucune pression et partait sans ambitions réelles, en vue d'engranger les sensations sur une Stelvio qui a mis ses habits de printemps, ce résultat a valeur de mini-exploit pour un garçon qui n'avait terminé qu'une seule fois classé en géant (20e, le 8 mars à Kranjska Gora) avant vendredi.

"Ce résultat va le mettre en confiance, c'était important pour lui d'aller au combat avant le slalom", assure le patron des Bleus Gilles Brenier, pour lequel Grange est "favori" sur la piste relativement plate de Bormio.

"Les pistes faciles sont celles où se creusent les plus gros écarts et le plat, +JB+ sait très bien faire, analyse Julien Lizeroux. Mais il y a tellement d'autres paramètres qui entrent en ligne de compte."

Même s'il dit ne pas s'intéresser à Mölgg, Grange n'aura pas manqué de noter que l'Italien, qui convoitait un globe de cristal vendredi, ne s'est pas montré à la hauteur (9e), loin de son niveau de troisième géantiste mondial.

Difficulté à gérer la pression ? Ou volonté de se préserver avant une "bataille" plus à sa portée ?

Pour Lizeroux, dont l'objectif personnel samedi est "que +JB+ gagne le globe" alors que le septième slalomeur mondial est toujours en quête de son premier podium en carrière, "c'est plutôt Mölgg qui a la pression".

Tout le clan tricolore espère en tout cas voir un garçon français brandir un globe pour la première fois depuis sept ans (Frédéric Covili en géant en 2001). Depuis, Carole Montillet a rapporté à la France "la boule de cristal" du super-G en 2003.

Mais s'il faut chercher trace de globe en slalom, il faut alors remonter à Sébastien Amiez en 1996 et à Laure Pequegnot en 2002. La preuve qu'un globe est une denrée rare pour le ski tricolore.

Au fil de ses succès en slalom (Alta Badia, Wengen, Kitzbühel) et en super-combiné (Wengen) -dont trois au cours d'un mois de janvier faste où il devint un petit phénomène du cirque blanc- et de ses deux podiums (2e du super-combiné de Beaver Creek, 2e du slalom de Schladming), Grange a réussi, comme il le dit lui-même, "à se faire un nom dans le milieu du ski".

Un nom qui résonnera plus fort, bien au-delà des Alpes, si Grange devient samedi le plus jeune skieur français à enlever un globe depuis son "voisin" mauriennais Jean-Noël Augert, en 1972.