CARQUEFOU (AFP) - Un vent de folie aux couleurs de son club de foot amateur de CFA2, le vert et le blanc, s'est emparé de Carquefou qui s'apprête à vivre mercredi une rencontre historique avec le Paris-Saint-Germain (Ligue 1) en quarts de finale de la Coupe de France.
Drapeaux et fanions verts et blancs flottent partout dans les rues de cette petite ville tranquille de 18.000 habitants à la périphérie nantaise, dont les commerçants, des banques aux salons de coiffure, affichent tous dans leurs vitrines écharpes, ballons, maillots et autres produits dérivés aux couleurs du club.
"Ils ont la Tour Eiffel, les Champs Elysées, nous avons l'USJA" (Union sportive de la Jeanne d'Arc de Carquefou, NDLR), annonce un grand panneau panneau publicitaire pour donner le ton.
Tout a commencé le 3 février, quand les joueurs amateurs de Carquefou ont battu Nancy, club de Ligue 1, par 2-1 en 16e de finale.
"L'équipe de foot n'avait jamais auparavant dépassé les 32e de finale", explique le maire Claude Guillet, "et l'engouement a dépassé toutes les limites du raisonnable depuis la victoire contre Marseille" par 1-0 le 19 mars en 8e de finale.
Fier de cette "équipe de copains qui jouent au foot, par amour du foot, pas par amour du fric", le maire pronostique désormais une victoire 2-1 contre le PSG mercredi.
De leur côté, les commerçants rivalisent d'originalité pour marquer l'événement: une coupe de France en légumes et fleurs chez les commerçants des Halles, ou encore une reproduction géante en sucre du stade nantais de la Beaujoire, où sera joué le match, avec la photo des joueurs carquefoliens dans la vitrine de la boulangerie Brunet.
Un ouvrage qui a demandé près de sept heures de travail au pâtissier Patrick Boutin, qui avait déjà créé pour la rencontre contre Marseille une coupe de France en chocolat... gagnée par le capitaine du club carquefolien.
Même le muscadet s'est mis de la partie, avec une étiquette "collector" aux couleurs du match de mercredi qui s'affiche fièrement dans les bars et restaurants. Dans l'un des ces établissements, "L'Hippocampe", le traditionnel panneau "La maison ne fait pas crédit" a aussi cédé la place à un ironique "Ici c'est comme à l'OM, on encaisse mais on ne marque pas"...
Au Dauphin, le bar qui sert de QG aux joueurs et supporteurs, un coin boutique sera installé mercredi pour vendre les produits du club, comme les écharpes à 10 euros dont des milliers se sont déjà arrachées depuis le match contre Marseille. Et l'hymne des joueurs, "Carquefou de foot", passera en boucle avant le match, qui se jouera à guichets fermés à la Beaujoire.
Dans cette ivresse générale, la situation du club, en position de relégable en bas de tableau de CFA2, pèse cependant un peu sur le moral des supporteurs. Contre Nancy et Marseille, "on a déjà eu le gâteau et la cerise sur le gâteau, mais on ne voudrait pas qu'ils soient battus mercredi quatre ou cinq à zéro", s'inquiète le patron du Dauphin, Bernard Gueguen. Avant de relativiser: "Quoi qu'il en soit, il vaut mieux perdre mercredi et rester en CFA2".
Mais quel que soit le résultat mercredi contre le PSG, "on a gagné d'avance", affirme un bénévole du club, émerveillé par le parcours extraordinaire des petits poucets de la Coupe de France qui est déjà "une victoire en soi" pour les Carquefoliens.

AFP/Frank Perryagrandir la photo
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