Il ne voulait pas donner de date. Finalement, Jackson Richardson (Photo L'Equipe) s'est décidé pour le 10 mai. Lors de la rencontre contre Ivry, dernier match de championnat de D1, le demi-centre originaire de La Réunion jouera son ultime rencontre officielle sous le maillot chambérien. Sans regrets ni tristesse, le double champion du monde, médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Barcelone qui a décidé de s'installer en Savoie part avec sérénité.
«Jackson Richardson, qu'est-ce qui vous a décidé à arrêter votre carrière le 10 mai ?
Je n'ai pas vraiment choisi cette date, elle m'a été imposée. Je ne pouvais pas attendre la construction du Phare (Ndlr : la nouvelle salle omnisports de Chambéry) qui devrait être inauguré en janvier ou en février. Il aurait fallu que je prenne une licence pour la nouvelle saison. Or, avoir une licence, c'est prendre un engagement et je n'allais pas arrêter au bout de six mois. Il aurait fallu faire des sacrifices, recommencer une préparation physique, enchaîner les matches... c'était trop difficile. Je n'avais pas envie de faire l'année de trop. Mon but, maintenant, c'est d'arriver au 10 mai sans pépins physiques.
Que ressentez-vous à moins d'un mois de votre dernier match ?
Pas grand chose. Je n'ai pas vraiment de sentiment particulier. J'ai toujours fonctionné comme ça, j'ai toujours vécu le moment présent. C'est peut-être pour ça aussi que j'ai réussi à avoir une longévité exceptionnelle. J'ai envie de fonctionner comme ça jusqu'au jour J. Là, je mettrai simplement la clé sous la porte.
Vous aviez évoqué l'envie de faire votre jubilé, quand le ferez-vous ?
Il faut se donner du temps, je ne peux pas me permettre de faire ça tout de suite parce que je joue encore. Le plus dur, ce ne sera pas de l'organiser mais de pouvoir inviter tout le monde sans vexer personne. Je connais tellement de gens, j'ai joué dans trois pays différents (Ndlr : France, Espagne, Allemagne) et j'aimerais organiser un match avec les anciens, les nouveaux, les joueurs de l'équipe de France...
Quel est votre meilleur souvenir de joueur ?
Il y en a tellement... Il y a des bons, des mauvais... Ce que je veux retenir, ce sont mes vingt ans de carrière. J'ai eu la chance de ne jamais avoir eu de graves pépins physiques. De 1988 à 2008, ça aura été vingt ans de bonheur.
Qu'allez-vous faire désormais ?
Je ne sais pas encore. Je suis en train de préparer tout ça. Je vais m'inscrire à l'ANPE (rires). J'ai toujours mon projet immobilier à La Réunion. Je vais aussi pouvoir mieux gérer mon temps, pour m'occuper de mes enfants et répondre aux sollicitations.»
Propos recueillis par Julien SCHMITZ


