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EURO 2008 - République tchèque - L'ULTIME PARI DE BRÜCKNER

jeu 15 mai, 09h04


Après dix ans de bons et loyaux services à la tête des Espoirs, puis des A, Karel Brückner, 68 ans, s'apprête à tirer sa révérence. Avec une idée en tête : effacer de sa mémoire, et de celle de tous ses détracteurs, une Coupe du monde 2006 catastrophique qui a vu ses protégés, pourtant annoncés comme des outsiders en puissance, quitter la compétition dès le premier tour. A priori, il semble que tous les voyants du renouveau soient au vert. En premier lieu parce que la Reprezentace , finaliste de l'Euro en 1996 et demi-finaliste en 2004, a pris l'habitude de faire bonne figure lors du plus préstigieux des tournois continentaux. Ensuite parce qu'elle a signé des qualifications pour le moins convaincantes. L'Allemagne a eu beau faire beaucoup parler d'elle, notamment après son écrasante victoire à San Marin (13-0), elle n'en a pas moins fini à la deuxième place du groupe D, à deux points d'une sélection tchèque venue dicter sa loi à Munich (3-0). En douze matches, Brückner et les siens ont remporté neuf succès, pour un seul revers. Soit le deuxième meilleur bilan de la campagne, derrière la Grèce.

La mini-révolution orchéstrée de main de maître par Brückner au lendemain de l'échec allemand a porté ses fruits. Privé depuis de joueurs cadres tels que Karel Poborsky ou Pavel Nedved, partis à la retraite, l'ancien coach mythique du Signa Olomouc a dû reconstruire. Sa recette est simple : un noyau dur d'intouchables, entourés de joueurs de devoir et de quelques jeunes pousses prometteuses de la génération vice-championne du monde des moins de vingt ans en 2007. Petr Cech, le gardien de Chelsea, David Rozehnal, Marek Jankulovski ou encore Jan Koller font partie du premier lot. Les trois premiers nommés forment d'ailleurs l'une des meilleures défenses du moment, avec le polyvalent Tomas Ujfalusi et le méconnu Radoslav Kovac, pensionnaire du Spartak Moscou et formé au... Sigma Oloumouc. Avec cinq petits buts encaissés en douze matches de qualifications, la République tchèque possède la défense la moins perméable d'Europe, avec la France.

Sur le plan du jeu, les Tchèques n'ont pas grand chose à envier aux plus grandes nations européennes. Seul problème, mais de taille, le Gunner Tomas Rosicky, véritable pierre angulaire du collectif, a déclaré forfait en raison d'une blessure à un genou. Brückner, qui pourrait plus que jamais tenter de sortir Pavel Nedved de sa retraite internationale, compte toutefois dans ses rangs plusieurs joueurs capables de prendre les choses en main. Les Galasek, Plasil et autres Jarolim ont tous les moyens de mettre sur orbite un Jan Koller toujours précieux en sélection (6 buts et 4 passes lors des éliminatoires). Aux côtés du géant, une place en attaque reste peut-être à prendre. Et, à ce petit jeu, le jeune Martin Fenin, malgré des débuts timides sous le maillot rouge, pourrait bien faire de l'ombre à un Milan Baros en perte de vitesse. Auteur de quatre buts en dix matches de Bundesliga depuis qu'il a rejoint l'Eintracht Francfort, en janvier dernier, Fenin, tout juste âgé de vingt ans, pourrait bien s'offrir un destin à la Ribéry, en 2006, et éclater lors du tournoi final. Reste à savoir si, comme l'ancien Marseillais, il arrivera à mener les siens jusqu'à la finale. Et à offrir à son mentor une sortie à la hauteur de son histoire.

 

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