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JEUX OLYMPIQUES D'ETE - Escrime - Portrait de JERÔME JEANNET - NE DITES PLUS FRÈRE JÉRÔME

jeu 15 mai, 18h46


Quand on demande à Jérôme Jeannet comment sa saison olympique a débuté, il sourit doucement et il a raison. Alors que l'équipe de France d'épée a déjà validé sa place pour Pékin, lui fut le premier à avoir quasiment décroché son billet pour l'épreuve individuelle, confirmée le jeudi 15 mai. Mais Jérôme Jeannet est également serein pour beaucoup d'autres raisons. Parce qu'il confirme sa belle année 2007 qui avait été ponctuée d'un titre européen et d'une médaille de bronze mondiale. Parce qu'il a, par le passé, été victime du système de sélection. Et parce que, même s'il se défend de tout sentiment de jalousie ou de revanche, il est aujourd'hui, dans la fratrie des Jeannet, celui qui marche le mieux. La vague, Jérôme l'a prise la saison dernière. A Gand, le 4 juillet, il a obtenu le titre continental, son premier dans une compétition individuelle, celui pour lequel il bossait depuis des années. Enfin. Car l'intéressé avait fêté ses 30 ans six mois auparavant et était quand même en équipe de France depuis 2000. Ce titre a été pour lui une récompense, une joie mais aussi un soulagement. Une évidence également ? « C'était quand même ce pour quoi je me battais depuis longtemps , explique-t-il. C'est comme quelque chose que tu veux acheter depuis un bon moment. Tu économises, économises. Et puis un jour, tu l'achètes. C'est une grande joie mais en même temps, tu étais préparé à l'acheter. Ce n'est pas comme un cadeau surprise. »

Désormais, dans le palmarès de Jérôme Jeannet, il y a un titre individuel et il apporte un certain équilibre par rapport aux deux victoires par équipes obtenues aux Mondiaux 2005 et 2007 et à la médaille d'or ramenée des Jeux d'Athènes en 2004. Car « les titres par équipes ne compensent jamais une absence de titre individuel , glisse l'épéiste tricolore. C'est certes gratifiant d'avoir gagné. Mais, dans l'équipe de France, d'autres avaient déjà eu des médailles individuelles. Du coup, moi, j'ai pu passer pour l'équipier modèle. Je n'avais pas fait mes preuves. » D'ailleurs, ce constat tempère encore son triomphe aux Jeux avec son frère Fabrice, Erik Boisse et Hugues Obry. Une belle médaille certes, pour le natif de Fort-de-France mais, en Grèce, Jérôme n'avait pas été retenu pour l'épreuve individuelle et n'avait été que remplaçant par équipes. « Du coup, je n'ai pas logé au Village olympique avec les autres. J'étais dans un appartement loué par la Fédération avec les autres remplaçants et j'allais uniquement au Village pour m'entraîner. Là-bas, dans cet appartement, l'ambiance a été bonne. Comme on était tous logés à la même enseigne, on était détendu, on rigolait. Mais j'ai attendu onze jours avant de savoir si j'allais tirer. Même si j'ai gagné la médaille d'or, je n'ai pas le sentiment d'avoir vécu les Jeux. » En 2006, l'aîné des Jeannet avait aussi manqué les Mondiaux 2006. Et en avait voulu à la Commission de sélection. « En 2004, comme je n'avais pas de palmarès, je ne pouvais pas dire grand chose , raconte-t-il. Là, même si j'ai été longtemps blessé, j'étais quand même bien revenu et j'avais même battu un concurrent direct. A chaque fois, j'avais demandé un entretien à la Commission. Et j'avais toujours eu une réponse évasive : "On a estimé que". Cela avait toujours été un jugement humain. » Et Jérôme d'enfoncer le clou : « Je n'ai jamais pu compter sur mon nom. Mon frère Fabrice, lui, a plus été aidé que moi à ce niveau-là. Il a tout le temps été pris, surtout en 2007 où il n'avait rien fait de la saison. Je ne remets pas en cause sa valeur mais la Commission a toujours dit : "Chaque saison est une nouvelle saison. On fait table rase du passé de tout le monde". Or ça n'a pas été le cas . »

Fabrice... Les deux frères sont tellement proches qu'ils sont propriétaires d'une même maison dans l'Est de la région parisienne, qu'ils ont divisée en deux appartements. L'un comme l'autre ont suivi l'héritage familial avec deux parents escrimeurs à la Martinique. L'un comme l'autre ont ensuite traversé l'Atlantique. Mais Fabrice, de trois ans le cadet, a été champion du monde en 2003 et deux fois médaillé d'argent. De la comparaison - inévitable - Jérôme ne retient rien : « Je ne me sens pas moins bon que lui » ou « On n'en parle pas vraiment. Fabrice mérite ses titres. De l'autre côté, lui connaît mon niveau. Il savait que je pouvais y arriver. » Une exception peut-être : les Mondiaux 2005, où ils s'étaient affrontés en quarts : « Le vainqueur allait être sur le podium. Fabrice avait déjà eu trois médailles aux Mondiaux et moi aucune. Mais il m'a battu. Curieusement, il était le plus mal de nous deux car il savait qu'il me privait d'une médaille .

Aujourd'hui, les choses ont changé. Jérôme va faire l'épreuve individuelle à Pékin. Et il veut la gagner. Il n'est plus seulement le frère de...

 

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