Eurosport - jeu, 15 mai 19:41:00 2008
Hervé Poncharal, team manager de Tech3, aborde avec optimiste le Grand Prix de France et la suite de la saison. Il revient également lesd avancées effectuées par son équipe depuis le début de la saison.
Vous arrivez au Mans avec une certaine confiance. Vous êtes 4e au classement par équipes et première écurie privée. C'est plutôt un bon début de saison ?
Hervé Poncharal: C'est clair que par rapport aux deux dernières saisons qui ont été assez difficiles pour nous, la période que l'on traverse actuellement nous satisfait beaucoup. C'est une grosse satisfaction, ça permet aussi de remettre les pendules à l'heure par rapport à ce qui a pu être dit par le passé sur notre équipe et sur son travail. Cette année, la moto marche vraiment bien et les pneus ont beaucoup progressé. La preuve, à Shanghai, nous avons été la première équipe privée à décrocher la pole depuis un bon bout de temps. Mais je dirai que chaque course est une aventure.
Vous arrivez au Mans. C'est le Grand Prix national. A-t-il une saveur particulière pour votre équipe où une course comme toutes les autres, au cours de laquelle il faudra surtout marquer des points ?
H.P: On a le moral, on a des ambitions et c'est vrai qu'un grand prix comme celui de France est très important. Il y a des gens qui nous apprécie, qui nous supportent dans l'Hexagone et ça aussi on ne l'oublie pas. On a aussi toujours mis notre spécificité française en avant même si nous n'avons pas de pilotes français donc je ne peux pas dire que le fait que le Grand Prix se déroule "à la maison" m'est indifférent. La seule chose qui m'inquiète c'est le temps car c'est parfois la loterie avec la pluie qui est prévue ce week-end. On l'a vu l'année dernière. Personne n'a envie de ça, ni les pilotes, ni les spectateurs.
Après le Portugal et la Chine, qu'elle est votre sentiment sur le nouveau moteur Yamaha?
H.P: Il nous a apporté un vrai plus. Je crois que Colin en a parlé le mieux, surtout après son expérience au Qatar où il disait qu'au début d'une ligne droite, il était derrière Rossi et qu'au fur et à mesure que la ligne droite durait, il le voyait s'éloigner et devenir de plus en plus petit. Là, le moteur est beaucoup plus puissant et les deux pilotes m'ont dit que le feeling était bien meilleur.
Justement, Colin Edwards a déçu en course après être parti en pole tandis que James Toseland a réalisé son plus mauvais résultat de la saison (12e). N'êtes-vous pas déçu ?
HP: Colin prenait de l'avance en tête de la course mais à un moment il a tiré tout droit. Il est revenu pour finir septième mais ça reste un résultat décevant. On pouvait espérer mieux. James, lui, ne connaissait pas les subtilités du tracé. Il a fait du kilométrage pour bien l'apprendre dans l'ensemble mais le fait qu'il le connaisse moins bien que les autres lui fait perdre quelques dixièmes. Il avait un peu sous estimé en début de saison ce facteur-là.
Est-il donc réaliste de viser la victoire sur une course avant la fin de la saison ?
H.P: Je sais que le package est très performant. On a montré à Shanghai que l'on pouvait être très rapide sur un tour. La preuve, Colin a mis trois dixièmes à Rossi sur la pole. Et en conditions de course, rien ne nous empêche de gagner. Après on sait qu'il y a des pilotes d'usine devant nous et ils sont très forts: Rossi, Stoner et Pedrosa. Je ne dirai pas qu'il y a une espèce de malédiction sur nous mais gagner est raisonnablement possible.
Sous la pluie ?
H.P: Non, franchement je m'en passerai. Nous avons été capables d'être rapides sur le sec et puis avec la pluie, il y a toujours de l'incertitude. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Après il y a certains pilotes qui arrivent à prendre des risques sur le mouillé mais si j'avais à choisir, je préférerais le soleil.
On a parlé à un moment d'un retour de Colin Edwards en Superbike américain. Qu'en est-il?
H.P: Il semblerait que ça n'est plus d'actualité. C'était plutôt le cas, l'année passée où il avait vraiment envie de retourner au pays car il n'avait pas vraiment de résultats et l'envie de continuer. Mais cette année, tout a changé. Il prend beaucoup de plaisir et a dit que c'était probablement la meilleure année qu'il était en train de vivre, Superbike et MotoGP confondues.
Propos recueillis par Yassine BEN RAJEB / Eurosport