Eurosport - mer, 15 juil 11:16:00 2009
Lauréat mardi à Issoudun d'une troisième étape sur ce Tour de France, le Britannique Mark Cavendish a marqué les esprits par sa surpuissance. Quasimment imbattable sur un sprint disputé à la régulière, le coureur de l'île de Man semble parti pour ne laisser que quelques miettes à ses rivaux.
Mark Cavendish ne rate décidément aucune des occasions qui se présentent à lui. Après Brignoles et La Grande Motte, où il avait fait parler son déboulé victorieux plusieurs longueurs devant les plus dangereux de ses rivaux, la bombe de l'île de Man a remis le couvert à Issoudun avec une autorité peut-être encore supérieure. "Dans le final, il fallait être devant parce qu'il y avait un faux plat montant, et de nombreux virages", a-t-il expliqué sitôt son sprint conclu. En s'imposant presque facilement au terme d'une journée tronquée, le jeune Britannique a signé la seizième victoire de sa saison et n'est désormais plus qu'à une unité de son total de bouquets de l'an dernier.
Obligé de faire amende honorable dans le gruppetto et de remiser ses rêves de victoire à plus tard pendant toute la traversée pyrénéenne, le vainqueur du dernier Milan-San Remo a répondu à nouveau présent sitôt le premier massif montagneux franchi. "C'était une journée tendue. Après avoir souffert dans les Pyrénées, il fallait gagner aujourd'hui. C'est pourquoi l'équipe a pris la course en main, et ça a fonctionné à 100%", a analysé la nouvelle terreur du sprint à l'arrivée de cette 10e étape. Parfaitement lancé par ses coéquipiers, Cavendish a produit son effort aux 250 mètres et, sans donner l'impression de forcer, a cantonné ses ultimes adversaires au rang de spectateurs impuissants.
"Il est le meilleur"
Simples figurants sur la photo d'arrivée, le Norvégien Thor Hushovd et l'Américain Tyler Farrar n'ont jamais semblé en mesure de menacer la suprématie du sprinter britannique. "Cavendish est très rapide et il a une équipe très forte qui l'aide parfaitement. C'est dur de le battre actuellement, mais je sais que c'est possible. Au dernier virage à 500 mètres, j'ai perdu quatre ou cinq mètres sur lui et j'ai fait un gros effort pour recoller à sa roue. Lui, il était lancé, je n'avais plus de force, j'ai juste pu le suivre et faire deuxième", a regretté le sculptural sprinter de l'équipe Cervélo.
Egalement impressionné par la surpuissance du Britannique, Laurent Jalabert ne tarit pas d'éloge à son sujet: "Cavendish est dans la lignée des très grands, au niveau d'un Zabel ou d'un Cipollini. Regardez son palmarès: sept étapes du Tour, cinq du Giro, Milan-Sanremo, et il n'a que 24 ans." Chargé aujourd'hui de conseiller le jeune prodige du Team Columbia, Erik Zabel ne cache pas son admiration pour son poulain: "Quand on a un sprinteur comme lui, c'est normal qu'on le protège et qu'on lui trouve les meilleurs équipiers possible mais il est de toutes façons le meilleur. Il est en train de construire une légende, et il va progresser encore. En trois ans, il a démontré qu'il allait devenir l'un des plus grands sprinteurs de tous les temps".
Toujours parfaitement lancé
Réputé au début de sa carrière pour son habileté à se glisser dans des trous de souris et capacité à se débrouiller seul à l'approche de l'emballage, Cavendish est en effet aujourd'hui impeccablement encadré par le train jaune et blanc de l'équipe Columbia qui le met dans les meilleures conditions aux abords de l'arrivée. Ce mardi, le jeune Allemand Tony Martin, 7e et actuel meilleur jeune de ce Tour de France 2009, a allumé la première mèche. Dans la foulée, le vétéran George Hincapie a repris le flambeau avant de laisser le rapide australien Mark Renshaw mettre sur orbite le sprinter maison qui n'avait plus qu'à conclure un véritable travail d'équipe. Longtemps considéré comme un individualiste forcené, Cavendish est conscient de devoir une large partie de ses succès à des équipiers qui se donnent corps et âme pour lui: "Nous avons neuf coureurs qui font un super boulot. C'est incroyable d'avoir de tels mecs. Je ne m'occupe pas de qui est derrière."
Grace à cette troisième victoire d'étape, le Britannique revient à six points d'Hushovd dans la lutte pour le maillot vert. S'il s'attend depuis l'étape de Saint-Girons à ce que le Scandinave tente de juguler son retour en allant chercher des points lors des sprints intermédiaires disséminés sur les étapes accidentés, Cavendish n'a pas changé d'un iota quand il définit ses objectifs pour les deux dernières semaines du Tour. Officiellement, le maillot vert n'est toujours pas son but premier. Pour lui qui déclare vouloir accumuler les succès d'étape, l'élégant paletot sera peut-être en revanche la conséquence de sa domination dans les arrivées groupées. "J'ai coché sept, peut-être huit étapes dans ce Tour qui devraient se terminer par un sprint massif", explique Mark Cavendish. Dès demain vers Saint-Fargeau, il pourrait faire la passe de quatre et récupérer une tunique couleur émeraude qu'il portait il y a peu avec l'élégance des coureurs de grande classe.
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