Pro A - Pau, le déclic ?

Eurosport - jeu, 15 nov 18:51:00 2007

A la dérive depuis le début de la saison, Pau-Orthez a relevé la tête en Coupe ULEB et espère confirmer en Pro A dès vendredi face à Paris. Relancé par le retour de son messie Maximiliano Stanic, l'Elan a repris des couleurs mais reste en plein doute en attendant la confirmation.

BASKETBALL 2007-2008 French Pro A Pau-Orthez Antoine Mendy - 0

C'est presque un événement dans le Béarn. Pau-Orthez a gagné un match. Son deuxième de la saison depuis celui remporté contre Roanne, lors de la première sortie de la saison. Une grande nouvelle. Un vrai soulagement. Ce succès contre Trévise en Coupe Uleb met fin à la pire série jamais réalisée dans l'histoire du club. Avec sept défaites de suite toutes compétitions confondues, le club palois semblait sombrer inlassablement. Mais voilà, Trévise, autre club en perte de confiance en Italie, est arrivé. Au grand bonheur des Béarnais : "Enfin ! C'est le mot de la soirée, se réjouit Thierry Rupert. Depuis le temps qu'on l'attendait. C'est vrai que le succès a un goût particulier. On s'est bien battu et c'est la voie."

Il en faut peu en ce moment dans le Béarn pour retrouver le sourire. Bien sûr, l'Elan a mieux joué collectivement. Mais en un match, Pau-Orthez semble avoir relevé la tête. Les expressions ne sont plus les mêmes et le vestiaire a retrouvé sa joie de vivre. "Tout d'abord, au nom de l'équipe je voudrais dédier ce succès aux dirigeants et aux supporters qui n'ont pas été gâtés jusque là, annonce Olivier Cousin. Je savais qu'à Pau jusqu'à maintenant nous n'avions pas montré notre vrai visage fut-il un visage de perdant. La cohérence de notre basket a été plus soutenue."

Au fond du grouffre en Pro A

Malgré cet optimisme béant, on ne peut toutefois pas oublier la crise qui couve. Cette victoire face à Trévise n'est que l'arbre qui cache la forêt. Car la situation en championnat est plus qu'inquiétante. Epinglé à domicile samedi dernier par le promu vichyssois, Pau, qui avait en plus subi une humiliation à domicile contre l'ASVEL (60-104), est dernier ex-aequo de Pro A. Après sept journées, la question de la survie sportive voire économique du club se pose. "Jamais vu d'équipe aussi laide dans ses attitudes, aussi égoïste", "c'est l'équipe la plus mauvaise de l'histoire du club", a tonné vendredi le directeur exécutif Pierre Seillant, remonté notamment contre le trio d'Américains, l'ailier David Young, le pivot Terence Dials et l'intérieur Curtis Withers (23 pts entre eux contre Vichy).

Sorti de la pire saison de son histoire moderne (18 victoires pour 16 défaites), Pau n'arrive visiblement pas à s'en relever. La diminution du budget en raison de la non-qualification en Euroligue a obligé Pierre Seillant à prendre des risques. Olivier Cousin débutant en Pro A a pris l'équipe en main. Le recrutement estival a été largement déficitaire. En gros, la saison ne devait être qu'une simple reconstruction en non une reconquête. Mais voilà, la sauce ne prend pas. Et un constat s'impose : "Oui aujourd'hui, nous jouons le maintien", avoue Seillant, qui a pris ses responsabilités en se séparant de son intérieur américain Curtis Withers mercredi.

Stanic, le sauveur

A Pau, la crise est telle qu'un seul joueur semble pouvoir faire le printemps. Et porte sur ses épaules tout les espoirs d'un club. Ainsi Maximiliano Stanic, absent depuis deux semaines (avant l'ASVEL) pour une contusion à la cuisse, était attendu comme le sauveur. Il n'a pas déçu. De retour contre Trévise, l'Italien, auteur de 9 points, 9 passes, 5 rebonds pour 21 d'évaluation, a remis de l'ordre dans la maison paloise en distribuant les caviars, montrant la voie la suivre et donnant de la voix. "La rentrée de Stanic ? Oui elle a apporté un gros plus dans l'organisation offensive. On savait ses qualités. Il a été remarquable dans la gestion de son temps de jeu", explique Cousin. "Stanic en plus ce n'est pas la même équipe mais il n'y a pas eu que ça", se réjouit Seillant.

Grâce à leur meneur qui fait figure de "messie", les Béarnais ont montré qu'ils étaient moins mauvais qu'on "pouvait le penser" selon Seillant. Ils ont repris un peu d'air, des couleurs et de la confiance. Il reste maintenant le plus dur à faire : confirmer. Le déplacement à Paris vendredi permettra de savoir si les Palois ont vraiment relevé la tête ou si ce n'était qu'un bref sursaut d'orgueil. "Reste qu'on est en péril en championnat et que Paris sera un point très chaud", confirme Terrence Dials. Sans Withers mais avec Stanic...

Glenn CEILLIER / Eurosport