Eurosport - jeu, 17 avr 00:33:00 2008
Le Petit Poucet, Carquefou (CFA2), a donné du fil à retordre au PSG en quart de finale. Mais Pauleta est passé par là (0-1) aux grands dépens des hommes de Denis Renaud pourtant méritants et combatifs tout au long du match. Le PSG, qualifié pour les demi-finales de la Coupe de France, peut souffler.
CARQUEFOU - PARIS SG : 0-1
But : Pauleta (77e)
«On va aider nos amis marseillais et leur montrer qu'une L1 avait les moyens d'éliminer Carquefou». Ces propos, tenus lors du tirage au sort des quarts de finale de la Coupe de France, sont signés Eric Pécout. L'un des recruteurs du club parisien avait eu, c'est selon, la bonne idée de lancer à sa manière l'avant-match de la rencontre qui allait opposer ses joueurs à ceux de Denis Renaud. Une chose est sûre, au terme de la partie livrée par les hommes de Paul Le Guen, le PSG a surtout prouvé qu'il avait assez de qualités intrinsèques en réserve - comprenez par là un banc de touche plus étoffé - et un Pedro Miguel Pauleta sous la main pour se sortir du piège carquefolien (0-1). Et pas vraiment affiché le niveau "L1" que Pécout a bien voulu lui prêter.
Si la qualification pour les demi-finales a finalement été au bout, Paris est passé par presque tous les états sur la pelouse de la Beaujoire. Souffrance, crispation, joie, soulagement, le tout dans le désordre, en 94 minutes de jeu passé à piétiner le pré. Mais jamais par les cases sérénité et confiance, deux vertus que sont censées, en principe, démontrer les formations de l'élite. Peut-être parce que le PSG a peur pour son avenir et que ses jeunes, habitués du CFA pourtant, ont encore une fois de plus joué avec leurs tripes plutôt qu'avec le talent qu'on leur prête. Peut-être également parce qu'en face Denis Renaud avait bien préparé son coup. Tactiquement et mentalement parlant. Ses joueurs n'ont jamais douté, n'ont jamais montré les signes d'un quelconque affolement. En fait, ce genre de comportement, les Carquefoliens l'ont abandonné volontiers à leurs hôtes d'un soir.
Pauleta éteint Carquefou
Sur les visages de Mabiala (47e), d'Alonzo (61e) ou d'Armand (66e), on peut même lire une profonde inquiétude lorsque ces trois hommes, le premier devant Makiese, le second devant N'Doye, doivent s'employer, pas toujours de manière catholique, pour repousser le danger. "Triplement prévenu" pourtant selon les dires de Pécout, Paris s'offre, après quarante-cinq minutes de tâtonnement, une seconde période sans âme, sans véritable fonds de jeu et avec la peur entre les dents. Il faut un show sur sa ligne d'Alonzo, décisif devant Mauget, puis à deux reprises devant N'Doye (86e) pour sauver la baraque. A en croire le poing levé du portier parisien, ce dernier semble être l'un des seuls à afficher un certain calme. Zehla se chargera de faire fondre la glace sur une frappe de l'extérieur de la surface, sur laquelle Alonzo se couche... alors que le cuir filait à côté de son poteau gauche (90e+2).
Carquefou n'aura pas droit à un corner pourtant bien mérité. En fait, les hommes de Denis Renaud empruntent déjà le chemin des perdants malheureux, mais des jolis perdants, ceux-là même qui échouent au pied du podium malgré un mérite plus certain que ceux qui les ont devancés. Une tête victorieuse de Pauleta, l'unique rayon de lumière dans le jeu d'attaque bien terne du PSG mercredi soir, sanctionne la seule erreur défensive des Carquefoliens (77e, 0-1). Forcément, lorsqu'on n'est pas vraiment mis en danger durant près d'une heure de jeu par un adversaire qui se cherche, la pilule est difficile à digérer. Comme face à Bastia, Paris a affiché un esprit solidaire. Sans le jeu qui pouvait aller avec cependant. Bien contenu par le bloc compact adverse, le club de la capitale n'avait dû se contenter que de frappes contrées (Arnaud, 13e), écrasées (Sankharé, 48e) ou hors-cadres (Boli, 75e).
Jusqu'à cette fameuse 77e minute. Au grand dam de la bande à Denis Renaud, qui en larmes, est tout de même allé féliciter le public de la Beaujoire. Le mérite des uns, comme souvent dans l'univers du ballon rond, ne peut s'opposer à la réalité froide du réalisme des autres. Mais, quelque part, Carquefou a gagné. Devant un public acquis à sa cause et sans démériter, le Petit Poucet a comblé de bonheur une partie de la France du football. Dans ces temps difficiles pour le PSG, le club de la capitale, pour peu, en serait presque envieux. Pour peu...
LA DÉCLA : Paul Le Guen (entraîneur du Paris SG)
"On s'attendait à un match difficile et il l'a été. On n'est pas les premiers à avoir eu des difficultés contre eux mais on est les premiers à s'en sortir. On a quand même eu du mal à les contourner. Ça nous permet de continuer à espérer gagner un autre trophée. On n'est plus très loin du but. Sur le plan du résultat, c'est un vrai bonheur. Pas tellement sur le plan du jeu. Sur ce genre de match, je savais que Pedro pouvait être très utile. Il lui a suffi d'un ballon alors que jusqu'à la 77e, on n'était pas très fier. On évite le pire. Bravo à Carquefou et bonne chance à eux en fin de saison vu qu'ils sont un peu dans les mêmes conditions que nous... C'est difficile de faire un parallèle avec le championnat et de dire que cela va nous faire du bien".
Alix DULAC / Eurosport