Eurosport - mer, 16 avr 11:44:00 2008
Avec l'absence déjà prévue de Tony Parker, l'équipe de France pourrait se retrouver sans ses cadres pour les qualifications à l'Euro 2009 en septembre. A l'image de Boris Diaw ou encore de Mike Pietrus, les joueurs NBA pourraient choisir de faire l'impasse. Et Gomez devra piocher en Pro A...
Michel Gomez déchante. Depuis sa nomination à la tête de l'équipe de France, le nouveau sélectionneur des Bleus va de désillusion en désillusion. Alors que les premières rencontres de qualification pour l'Euro 2009 n'ont pas commencé, "son opération commando" pour réhabiliter le basket français a déjà du plomb dans l'aile. Sûrement encore touchés au plus profond d'eux-mêmes par l'échec de la qualification pour les Jeux Olympiques de Pékin, les joueurs contactés pour se mesurer en septembre à la Turquie, l'Ukraine et la Belgique n'ont pas rassuré.
Ces six matches seront pourtant décisifs pour l'avenir des Bleus. Une non-qualification pour l'Euro priverait en effet la France du Mondial 2010. Soit un black-out complet jusqu'en 2011. Mais malgré ce risque, Gomez, qui revient d'une tournée aux Etats-Unis, doit se rendre à l'évidence : les piliers des Bleus ne seront sûrement pas de la partie. "On n'a pas de pot cette année", avoue-t-il un peu désabusé. Si Tony Parker avait prévenu dès le mois octobre qu'il allait souffler, les réponses des autres Frenchies de la NBA laissent supposer une grande hécatombe pour cet été. Ainsi, Boris Diaw, le capitaine de toutes les campagnes, est en pleine réflexion et pencherait plus pour prendre du repos.
Pas de joueurs NBA ?
Les deux stars ne seront donc pas là. Mais ce ne seront pas les seuls. Mickaël Gelabale, victime d'une déchirure ligamentaire au genou droit, est déjà sur la touche. Et les autres ayant déjà porté le maillot bleu (Mickaël Pietrus, Ronny Turiaf et Yakhouba Diawara) sont tous en fin de contrat et voudront logiquement assurer leur avenir avant d'entendre parler de l'équipe de France. "Ils sont partants mais dans l'inconnu", explique Gomez. Enfin, Ian Mahinmi et Joakim Noah, qui n'a toujours pas son passeport français, devront négocier l'autorisation avec San Antonio et Chicago. Rien de sûr en gros...
Si les joueurs labellisés NBA ne devraient donc pas être nombreux pour défendre les couleurs françaises, les nouvelles venant des "possibles" candidats évoluant en Europe ne sont également pas très positives. Et surtout celles de Florent Pietrus. Le guerrier de l'équipe de France ces dernières années a déjà évoqué l'idée qu'il pourrait faire l'impasse par l'intermédiaire de son agent. "Mais je veux l'entendre de sa bouche et pas de celle de son agent, c'est quand même le symbole de cette équipe de France", espère encore Gomez. Dans le secteur intérieur, les mauvaises nouvelles ne s'arrêtent pas là puisque Fred Weis, gêné par des soucis physiques, devrait prendre du recul. Ses 2,18 m vont manquer dans la raquette.
Avec De Colo et Batum ?
Bien sûr; tout n'est pas noir. Des joueurs comme Joseph Gomis (Valladolid) ou Tariq Kirskay (Kazan), qui flambent dans leurs clubs, ne devraient pas manquer l'occasion de revenir pour se faire encore un peu plus de place au sein de l'équipe. Tout comme Jérôme Moïso. Après des heures difficiles à la suite de son échec en NBA, le pivot retrouve son niveau et vient de s'offrir le titre en Coupe ULEB avec Badalone. Son apport serait un plus indéniable même s'il ne semble pas très désireux de revenir en Bleu.
En fait, aujourd'hui, tout laisse penser que Gomez devra piocher dans les effectifs de Pro A pour faire son équipe. Si le nom de Cyril Julian circule malgré sa retraite internationale, on pense plus aux jeunes perles de la Pro A comme Nicolas Batum et Nando De Colo, le leader offensif de Cholet. Mais là aussi, rien n'est sûr. Batum, s'il est "drafté" en NBA comme tout l'indique, devra alors composer avec les desiderata de la franchise qui l'aura choisi. "Aux Etats-Unis la seule chose qui leur parle ce sont les JO. Les qualifications, ce n'est pas leur tasse de thé", soupire Gomez. Etre sélectionneur aujourd'hui avec des joueurs en NBA n'est décidément pas évident à gérer...
Glenn CEILLIER avec AFP / Eurosport