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TOP 14 / MONTAUBAN :Un avenir en pointillés

jeu 16 oct, 12h16


Mis en minorité par son conseil d’administration sur l’ouverture d’une expertise judiciaire, Daniel Havis a démissionné de la présidence de Montauban. Plombé par un déficit d’1,4 million d’euros, le club tarn-et-garonnais se prépare des heures difficiles.

L’état de grâce a tourné court. Quelques jours après avoir frôlé un exploit retentissant sur la pelouse du Munster, champion d’Europe en titre (Ndlr : défaite 19-17), Montauban est brutalement retourné à la réalité de ses difficultés financières. Désavoué par son conseil d’administration, le président Daniel Havis a en effet claqué mardi soir la porte du club tarn-et-garonnais. Après la réalisation d’un audit qui a révélé 1,4 million de déficit pour la saison dernière, celui qui avait été élu le 30 juin dernier appelait de ses vœux la nomination d’un expert indépendant pour faire le jour sur la gestion passée. Une proposition rejetée majoritairement pas les dirigeants (3 pour, 1 nul et 7 contre sur 11 votants), qui a entraîné le départ du PDG de la Matmut.

« L'avantage de cette expertise est qu'elle permettait de repousser le dépôt des comptes en DNACG (Direction nationale d'aide de contrôle et de gestion). Il était prêt, dans l'attente, à provisionner le risque à hauteur de 1,2 million d'euros », regrette Havis dans les colonnes de La Dépêche du Midi. Actionnaire majoritaire (55%) du MTG XV, il a tout de même affirmé qu’il continuerait à honorer son partenariat et conserverait son poste d'administrateur jusqu'au prochain conseil, programmé dans une semaine. En pleine tempête, le bateau montalbanais se retrouve donc sans capitaine, comme lors de la démission forcée de Patrick Bardot l’été dernier.

Labit : « Un peu usant »

Dans l’obligation de trouver de l’argent rapidement pour ne pas faire grandir la menace d’une relégation administrative en fin de saison, le club dixième de Top 14 ne pourra a priori pas compté sur le soutien du conseil régional de Midi-Pyrénées. La subvention exceptionnelle de 896 000 euros allouée à la mairie de la ville pour participer au financement de la nouvelle tribune du stade Sapiac reste désespérément bloquée. En cause : le plafond de sommes que les collectivités territoriales sont autorisées à verser au club chaque année (1,5 millions d’euros). « Je n’ai pas le droit (de verser la somme), sinon je vais en correctionnelle », explique la maire de Montauban Brigitte Barèges à nos confrères de L’Equipe.

En ces temps troubles, difficile pour les joueurs et le staff  de garder la tête au terrain. « C’est sûr qu’il y a un impact indirect, nous confiait le co-entraîneur Laurent Labit au début du mois. A force, c’est un petit peu usant d’entendre parler à droite à gauche l’ancienne et la nouvelle direction ou les collectivités. On essaie de se concentrer sur le sportif. » Dimanche, Montauban reçoit Clermont avec l’intention de confirmer sa belle prestation en Irlande. Et d’oublier ses malheurs l’espace de 80 minutes.

 

Sylvain COULLON

 

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