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Foot - Maghreb Les Tunisiens s'exportent moins

ven 16 nov, 12h05


Que l'on soit fidèle ou amateur distant du Championnat de France, le constat n'échappe pas à la curiosité. Les Tunisiens y brillent par leur absence. Autant les accents algériens et marocains sont légion sur les terrains de l'Hexagone, autant les intonations tunisiennes répondent aux abonnés absents. Ancien protectorat français, la Tunisie n'a pas été un vivier important pour le football français. Depuis 1956, date de son accession à l'indépendance, la vieille contrée phénicienne n'a pas envoyé une armée de footballeurs vers la rive nord de la Méditerranée.

Même arrondi à la hausse, le nombre de tunisiens enrôlés par les clubs français ne s'est jamais inscrit dans une tendance inflationniste. Le volume des Tunisiens signataires d'une licence frappée du logo de la "FFF" ou de la "Ligue du football professionnel" dépasse, tout au plus, une vingtaine de noms. Binationaux compris.

" Le football tunisien s'exporte difficilement vers la France ", souligne, en bon connaisseur du sujet, le journaliste d'origine tunisienne Mahjoub Faouzi. Invité par "Génériques" et "We are football association" au colloque de Marseille, il a brossé le profil d'une relation footballistique bilatérale presque nulle. Avant 1956, la représentation tunisienne sur les terrains de France se réduisait quasiment à un seul nom : Mokhtar Ben Nacef. Premier tunisien à passer professionnel outre-méditerranée, il a débarqué d'abord à Cannes avant de s'établir à Nice. En 1954, il a crée la sensation en menant son club vers la victoire en Coupe de France contre Marseille de Larbi Ben Barek (2-1). Le trophée glané, il est retourné à Bizerte pour terminer sa carrière.

Entre 1956 et 1968, deux autres noms ont apposé leurs signatures au bas d'une licence fédérale française. Le premier, Hassouna Hadj Kacem, a inscrit son nom sur les tablettes de la Coupe de France en compagnie de Havre Football club. Le second, Brahim Kerrit, a accompli un passage anodin sous les couleurs de Nice. Les années 1970 et 1980 n'ont pas changé la donne. Si Taoufik Belghit a connu des moments de joie à Monaco qu'il a aidé à monter de la seconde à la première division, Lahzami Temim n'a pas été heureux. Il est resté à peine six mois à l'Olympique de Marseille, avant de s'envoler vers le Golfe. Signe frappant que le football tunisien s'exporte mal en France, le sort de l'équipe talentueuse du mondial argentin de 1978. Ses sociétaires ont pris majoritairement la direction du golfe et de ses pétrodollars. " Le choix de 90 % d'entre eux s'est porté sur l'Arabie Saoudite ", rappelle Mahjoub Faouzi.

Il va falloir attendre les années 1998-2007 pour assister à un regain de visibilité tunisienne dans la France du football. Faouzi Rouissi (Caen), Selim (Nantes), Ziad Jaziri (Troyes, Photo L'Equipe ), pour ne citer que les meilleurs, ont dopé la présence tunisienne. Mais, comparée à celles des Marocains et des Algériens, leur importance numérique reste insignifiante. Cette pénurie fait dire à Mahjoub Faouzi que le footballeur tunisien souffre d'une "malédiction" en France. "Talentueux et n'ayant rien à envier à ses homologues algérien et tunisien, il a du mal à s'éclater dans l'Hexagone". S'agit-il d'un problème d'adaptation, de culture, du peu d'engouement tunisien pour l'expatriation, de leur attachement à des clubs plus sains que leurs homologues algériens et marocains ? Le conférencier n'a pas de réponses. S. Raouf