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VI NATIONS / GALLES :Ne pas s’arrêter là

lun 17 mar, 11h17


Après une décevante Coupe du monde, le pays de Galles a pris sa revanche en réalisant le Grand Chelem. Les joueurs de Warren Gatland, le grand artisan de ce renouveau, n’entendent pas s’arrêter là.

De l’enfer au paradis. En l’espace de seulement quatre mois, le pays de Galles s’est refait une santé. Et a laissé derrière lui d’encombrants souvenirs. Sortis prématurément d’une Coupe du monde conclue sur une défaite face aux Fidji, les Diables Rouges ont retrouvé d’éclatantes couleurs dans le Tournoi des VI Nations. Vainqueurs à Londres, pour la première fois depuis vingt ans, puis tombeurs de l’Ecosse, de l’Italie, de l’Irlande et enfin de la France samedi dans un Millennium Stadium comble et comblé, les Gallois ont signé le dixième Grand Chelem de leur histoire. Conduits par le Néo-Zélandais Warren Gatland et l’Anglais Shaun Edwards, Ryan Jones et ses partenaires ont associé un jeu séduisant et une défense de fer avec seulement deux essais encaissés sur l’ensemble de l’épreuve. Un record qui contraste avec la passoire du Mondial (Ndlr : treize essais pris en quatre matchs). « Les joueurs ont plus donné que ce que les entraîneurs leur avaient demandé, se félicite Edwards. Ils se sont améliorés de match en match. »

Meilleure défense (66 points encaissés), meilleure attaque (148 points inscrits) et meilleur marqueur d’essais (6 pour l’ailier Shane Williams qui devrait être élu meilleur joueur de la compétition), le pays de Galles a tout raflé lors de ce Tournoi. Nettement mieux équilibré que lors de la campagne victorieuse réalisée voilà trois ans essentiellement grâce à un jeu offensif délirant, le XV du Poireau n’entend pas s’arrêter là. « Ce ne doit être qu'un début, mais quel début », lançait ce week-end l’ouvreur James Hook. L’ailier Mark Jones confirme : « Nous n'avons pas encore atteint notre meilleur niveau. Je suis sûr que plus nous jouerons ensemble, plus nous gagnerons en cohésion, et que nous pouvons faire mieux. » Même motivation de la part de l’encadrement. « Nous avons gagné un Grand Chelem, mais nous ne voulons pas nous arrêter là, souligne Edwards. L'Afrique du Sud est l'équipe n°1 dans le monde. Et on y va cet été. »

Deux tests périlleux, organisés les 7 et 14 juin prochains, sur les terres des champions du monde, serviront de révélateurs pour ces joueurs passés du statut de « losers » à celui de héros en quatre mois. Car maintenant, le plus dur sera de confirmer. Et de ne pas reproduire les erreurs d’un passé pas si lointain. « Nous devons gérer le succès, rappelait dès vendredi l'ancien ailier gallois Gerald Davies. C'est aujourd'hui la question centrale. On avait remporté le Grand Chelem en 2005 et tout est parti en lambeaux en un an. » « Le pays de Galles doit se servir de ce succès pour continuer à avancer, estimait dimanche l'ancien troisième ligne international Scott Quinnell. Nous n'avions pas réussi à le faire en 2005 car cette victoire était une surprise pour tout le monde. » Ce dixième Grand Chelem l’est tout autant. Mais Gatland veille. « Mon travail ne fait que commencer et nous allons devoir travailler encore plus que les autres. »

Jean-François PATURAUD

 

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