Si les nageurs français ont multiplié les médailles et les records aux championnats d'Europe d'Eindhoven, le DTN Claude Fauquet (photo L'Equipe) tient à rappeler les enjeux des championnats de France organisés du 20 au 27 avril, qui serviront de sélections olympiques : « Je dis aux athlètes et à l'encadrement qu'on n'est pas obligé de céder à la pression médiatique permanente. Les records du monde, il faudra les battre à Pékin pour être champion olympique. L'essentiel est de se qualifier.»
«Claude Fauquet, pensez-vous que les Championnats de France à Dunkerque en 2008 seront comparables à ceux de 2004 ?
Ça n'a plus rien à voir. En 2004, il y avait eu Dunkerque, puis les Championnats d'Europe à Madrid qui étaient encore qualificatifs pour les JO, puis les Jeux. Il y avait deux moyens de se qualifier. Aujourd'hui, les Championnats d'Europe ont eu lieu avant les sélections françaises et ils ont mis le niveau des performances à un tel niveau qu'en gros, on s'est mis la pression tous seuls.
Comment les nageurs et leur entourage vont-ils gérer cette pression ?
Je dis aux athlètes et à l'encadrement qu'on n'est pas obligé de céder à la pression médiatique permanente qui voudrait qu'on batte des records du monde à chaque fois qu'on se met dans l'eau. L'objectif des sélections olympiques, c'est de se sélectionner pour les jeux Olympiques. Les records du monde, il faudra les battre à Pékin pour être champion olympique. L'essentiel est de se qualifier.
Vous attendez-vous à des Championnats de France aussi spectaculaires que les Championnats d'Europe ?
Sans pression particulière, sans attente particulière, les nageurs se sont lâchés, se sont régalés et ont fait des perfs (à Eindhoven). Ca rend un peu plus difficiles les Championnats de France. Les sélections olympiques sont une épreuve particulière parce que sélective. Il n'y aura aucune relation entre ce qui s'est passé à Eindhoven et ce qui s'est passé aux Championnats de France (...) On est dans un contexte rendu difficile par le problème des combinaisons, ajouté à la pression d'être dans cette équipe car on sait qu'elle va être forte. Ce sera un contexte différent, une attitude différente, des attentes différentes.
Après les turpitudes de l'été dernier (départ inopiné en Italie, retour en France, changement d'entraîneurs, de club...), vos relations avec Laure Manaudou se sont-elles apaisées ?
Mes relations n'étaient pas difficiles avec Laure. A un moment, il n'y avait pas de relation du tout puis j'ai choisi de l'accompagner tout le temps. (...) Avec la fédération, la direction technique nationale, on a été tout le temps à ses côtés et on a toujours validé ses choix. A un moment donné, Laure a fait des choix, il fallait les respecter. J'espère que l'histoire se terminera bien. Il fallait peut-être en passer par là. Aujourd'hui, Laure est plus tranquille dans son lieu de préparation (au pôle France de Mulhouse, ndlr) Tout est rentré dans l'ordre. Le juge de paix, c'est Dunkerque. C'est là qu'on verra si ça va.
La nouvelle popularité d'Alain Bernard est-elle une bonne chose pour Laure Manaudou ?
C'est parfait pour Laure, ça lui fait énormément de bien qu'il y ait un équilibre qui s'installe autour de deux stars, c'est vraiment important. Je trouve d'ailleurs qu'Alain et son environnement ont parfaitement géré sa relation aux médias (...) Aujourd'hui on a une équipe garçons et une équipe filles parfaitement équilibrées, c'est du bonheur pour la natation française». - Recueilli par Elodie PATERNE (AFP)

