The Masters - Immelman au paradis

Eurosport - jeu, 17 avr 18:15:00 2008

Le Sud-Africain Trevor Immelman a remporté le 72e Masters, premier tournoi du Grand Chelem de la saison, dimanche, sur le parcours d'Augusta. Avec une carte finale de 280 (-8), il devance de trois coups le N.1 mondial Tiger Woods et de quatre l'Américain Brandt Snedeker.

GOLF Trevor Immelman Masters champion 2008 - 0

Rien n'a pu l'arrêter ! Ni une opération pour soigner une tumeur, en décembre, ni un manque de compétition flagrant pour aborder un tournoi du Grand Chelem, ni le terrible Amen Corner d'Augusta, ni une balle dans l'eau à trois trous de la fin, ni un bunker piégeur au trou N.17... Trevor Immelman a dominé ce 72e Masters de la tête et des épaules. C'est d'ailleurs la première fois depuis Seve Ballesteros en 1980, que le vainqueur du premier Majeur de l'année mène depuis le premier jour. "J'ai grandi en regardant des grands joueurs remporter ce tournoi en rêvant de venir ici un jour" confie le Sud-Africain à l'arrivée.

"Je n'arrive pas à croire que j'ai gagné ce même tournoi. En plus, en rendant une carte comme celle d'aujourd'hui (dimanche) ça a été très difficile." Immelman a bouclé son dernier tour en 75 (+3) alors qu'il avait rendu deux 68 (-4) et un 69 (-3) lors des trois premières journées. Cela n'était plus arrivé depuis Craig Stadler en 1920 qu'un joueur remporte le Masters en terminant son ultime tour au-dessus du par ! Il faut dire que l'ensemble des cartes rendues ce dimanche l'ont bien aidé puisque seuls Miguel Angel Jimenez (68, -4) et Heath Slocum (69, -3) ont réussi à terminer sous la barre des 70 !

Avec sa 8e place au général à 287 (-1), Jimenez termine deuxième meilleur européen dans cette édition 2008 : "C'est très satisfaisant. Mon objectif vendredi était de passer le cut et ensuite j'espérais remonter autant que possible au classement. Ça a été une journée difficile. Tout était difficile mais j'ai bien frappé la balle du départ jusqu'au green tout au long de la semaine." Seul l'Irlandais Padraig Harrington, joueur européen de l'année en 2007 a fait mieux : 5e, à six coups du vainqueur, et pourtant déçu : "Mon petit jeu a été très mauvais. Vers la moitié de mon dernier tour, j'ai eu de belles opportunités, à commencer par le N.8 où je ne rentre pas un putt facile. J'ai vraiment eu ma chance."

Woods trahi par son putting

Malgré sa déception, Harrington ne trouve rien à redire à la victoire d'Immelman dont c'était "LA semaine". Idem pour le grand battu du jour, Tiger Woods dont les espoirs de Grand Chelem pour 2008 s'envolent dès le premier Majeur ! "Trevor joue très bien depuis le début du tournoi et il mérite amplement sa victoire" affirmait-il, dès son arrivée, avant même que ce dernier ne finisse sa partie, alors qu'il n'y avait à ce moment que trois coups d'écart entre les deux hommes. Mais le Tigre savait déjà qu'il n'enfilerait pas la veste verte pour la cinquième fois de sa carrière. La faute à un putting désastreux. 1,67 putt en moyenne sur chaque trou sur l'ensemble du tournoi.

"Je n'ai pas rentré assez de putts. J'espérais terminer la journée à -3 pour avoir une petite chance mais j'ai eu du mal à traverser la balle avec mon putter tout au long de la semaine. Donc je ne lui donnais pas la bonne vitesse et elle ne tenait pas la ligne" analyse le N.1 mondial. Pourtant, à mi parcours, on a cru à un retour dramatique du Tigre lorsqu'il rentre un putt exceptionnel de plus de dix mètres, en montée, sur le par 4 de l'Amen Corner (N.11). Et encore plus lorsqu'il pitche le green du N.13 à un mètre du drapeau pendant qu'Immelman est en difficulté pour sauver le par au N.11. Mais à l'image de ce birdie manqué, l'Américain va rater les coups les plus faciles tandis que le Sud-Africain assure l'essentiel et rentre les pars au moment où il en a besoin.

Les adversaires s'écroulent un par un

Ce dernier admet d'ailleurs que Gary Player, triple vainqueur du Masters et dernier Sud-Africain à avoir enfilé la veste, l'a appelé samedi avec un message d'encouragement : "Il va être si fier de moi ! Je connais Monsieur Player depuis que j'ai 5 ans et il a toujours été là pour m'encourager et me mettre un coup de pied aux fesses quand j'en avais besoin." Mais il faut reconnaître qu'Immelman a eu la tâche beaucoup plus facile à cause de la défection successive de tous ses adversaires. A commencer par Brandt Snedeker, auteur d'un catastrophique 77 (+5) lors du dernier tour, et pourtant 3e au général ! Dimanche, le natif de Nashville n'a atteint que sept greens en régulation.

A noter aussi le 79 (+7) de Paul Casey, lui qui était si ambitieux à l'abord de la dernière journée... "C'est très difficile à expliquer. Le moment le plus décevant a été le 4e trou. Ma balle était très mal placée dans le bunker et je suis resté dedans avant de rater ma sortie. Ça a été mes deux plus mauvais coups de la semaine et j'y ai concédé un double bogey avant d'avoir cette pénalité au N.6 lorsque ma balle a bougé à cause du vent au moment où j'adressais." Effectivement, juste après le double au N.4, Casey va enchaîner quatre bogeys consécutifs qui vont définitivement le couler. L'Anglais terminera finalement le tournoi dans le par (288) en 11e position.

Steve Flesch, longtemps dans le coup après un aller dans le par (36), va s'effondrer avec un 42 (+6) au retour, suite à quatre bogeys d'affilée à partir du N.14. A l'arrivée, le gaucher américain se classe 5e, à égalité avec un autre gaucher américain bien plus connu, Phil Mickelson, lâché par son putting à l'instar de Tiger Woods. Enfin Stewart Cink, après un passage à vide à mi parcours, va se reprendre sur la fin grâce à deux birdies aux N.14 et 16 pour se classer troisième, à quatre coups d'Immelman. A 28 ans, le Sud-Africain inscrit sa première victoire en Grand Chelem à son palmarès et gagne le droit de revenir chaque année aux Masters pour peut être battre un jour le record historique de son aîné, Gary Player, et ses 51 participations !

Damien SIMONART / Eurosport