PARIS (AFP) - L'équipe de France ne compte plus sur ses héros de la finale de l'Euro-2000 contre l'Italie, Sylvain Wiltord et David Trezeguet, qui n'ont plus d'espoir de renouveler leurs exploits en Bleu lors de l'édition 2008.
Chaque supporter français a son petit chouchou. Certains préfèrent la frappe croisée de Wiltord sous le flanc de Francesco Toldo, le but égalisateur (1-1) à la dernière seconde alors que le doigt était déjà sur la télécommande pour éteindre.
Pour d'autres, le but le plus beau et l'explosion d'adrénaline la plus forte reste la "volée en or" sous la barre de Trezeguet, celle qui a donné la coupe à la France.
Ces deux images inoubliables de l'Euro-2000 semblent sépia aujourd'hui, tant les héros paraissent loin du maillot bleu.
Trezeguet: une pointe mal plantée
+Trezegol+ ne se fait plus d'illusion sur ses chances d'intégrer la liste de Raymond Domenech pour la Suisse et l'Autriche. Son rôle de finisseur exclusif convient à une équipe qui domine, qui porte le ballon et fait le jeu, comme la Juventus de Turin. "Trezeguet, il ne sert à rien, sauf à marquer des buts", selon l'hommage d'une de ses anciens entraîneurs, Fabio Capello.
+Trezegol+ n'a rien perdu de son instinct de buteur, il mène encore le classement des réalisateurs en Serie A avec 19 buts, comme son coéquipier Del Piero et le Génois (du Genoa) Borriello (avant la dernière journée dimanche). Mais il n'a jamais vraiment trouvé sa place dans le système de Domenech, basé sur la contre-attaque plutôt que la possession de balle, l'appétit d'espaces plutôt que la vigie rôdant non loin de la ligne de but.
Ses dernières apparitions se sont soldées par des échecs cuisants: le "Roi David", comme l'appellent les supporters de la Juve, était sur le terrain pour les défaites cuisantes contre l'Ecosse (automne 2006), à Glasgow (automne 2007) et à Paris, ou du match amical perdu contre son pays d'origine, l'Argentine en février (hiver 2007), 1-0 à chaque fois.
La terreur des défenses italiennes errait sur le terrain, mendiant un ballon exploitable qui n'arrivait presque jamais. Il devrait en rester à 71 sélections et 34 buts, soit le troisième meilleur total derrière Thierry Henry et Michel Platini.
Wiltord: un peu rouillé
+Nino+, 34 ans, n'a plus la moindre chance d'être appelé, lui qui n'a plus joué en Bleu depuis le France-Grèce (1-0) amical du 15 novembre 2006, soit un an et demi.
Le bourreau des Italiens, qui avait conservé un calme extérieur étonnant après son but, serrant un poing à peine rageur, loin de l'exaltation de derviches des buteurs type "Pipo Inzaghi", reste à 26 buts marqués et 91 sélections.
Wiltord rêvait pourtant de l'Euro-2008, comme Trezeguet. Pour reconquérir sa place, il espérait se relancer au Stade Rennais, le club de son coeur et de ses années de formation. Las, après de bons débuts, il a disparu de l'équipe. Guy Lacombe, entraîneur arrivé en décembre, ne lui fait jouer que des bouts de matches.
Pour son malheur, Wiltord a vécu sa plénitude en Bleu dans les années 2001-2005, celles où la génération Zidane a oublié de gagner. Il était alors un des meilleurs joueurs de l'équipe, il l'a même plusieurs fois tirée de l'ornière, par exemple à Chypre, en septembre 2002, en qualifications de l'Euro-2004, où elle était menée 1-0 (victoire 2-1).
Wiltord, qui a même porté le brassard de capitaine lors d'un match amical contre la Hongrie (2-1), le 31 mai 2005 à Metz, pour sa 70e sélection, était aussi le premier frappeur français de la série de tirs au but de la finale perdue contre l'Italie, au Mondial-2006 (1-1, 3-5), une preuve de son statut.
Quasi muet devant les journalistes, Wiltord ne communique pas sur sa situation d'exclu, des Bleus comme des Rouges et Noirs. Mais il a toujours dit dans ses rares interventions médiatiques qu'il aimait par-dessus tout l'équipe de France. Un amour de jeunesse.

AFP/Patrick Hertzog/Archivesagrandir la photo