Mal en point avant cette dernière journée, Lens a concédé face à un Bordeaux un match nul synonyme de relégation. Une terrible désillusion et un immense gâchis pour un club qui ne cachait pourtant pas ses ambitions.
Il fallait y penser avant. Le sentiment est général et résume bien le calvaire vécu par Lens cette saison. Les Sang et Or n’ont bien sûr pas perdu leur place en L1 samedi soir après cet ultime match nul face à Bordeaux (2-2). « C’est un véritable gâchis. Si nous n’avions pas le niveau, nous pourrions avoir quelques regrets. Là, nous pouvons en avoir beaucoup. Ca va être dur, demain encore plus. Il va y avoir beaucoup de gens malheureux, c’est difficile à vivre. Nous ne perdons pas le maintien ce soir », expliquait Eric Carrière à chaud, les yeux embués au micro Canal+. Cette descente de Lens en L2 après 18 ans parmi l’élite, il faut aller en chercher les raisons bien avant. N’en déplaise à Daniel Leclercq, estimant que son équipe « ne partait pas si loin que ça ».
Pourtant si ! Les Lensois partaient avec énormément de retard dans ce championnat qui n’aura jamais senti bien bon pour eux. Dès le départ, avec ce passage éclair de Guy Roux aux commandes, les choses s’annonçaient très mal pour Lens. L’arrivée de Jean-Pierre Papin ramenait certes un peu de quiétude dans cet univers jamais aussi chamboulé mais le mal était déjà fait. A l’intersaison, Gervais Martel, capitaine de ce navire en plein naufrage, prenait les choses en mains. Il plaçait la barre haute avec les arrivées de Belhadj, Maoulida et Rémy et rappelait Daniel Leclercq dans un rôle de directeur technique chargé d’encadrer Jean-Pierre Papin.
Mais le duo créait surtout des tensions et le président lensois se rendait vite compte de son erreur. « Trop d’erreurs ont été commises et j’en ai ma responsabilité », faisait justement noter Martel après cette relégation. Un avis partagé par « le Druide », dont la potion n’aura pas été vraiment magique cette fois. « Ce qui arrive n’est pas un hasard. Ça aurait été formidable de se sauver sur la dernière journée mais c’est rarement le cas. Certainement que cette descente était programmée. » Allez expliquer ça aux plus de 40 000 supporters lensois qui se sont époumonés toute la soirée, le transistor collé à l’oreille. Ces même fidèles de Bollaert et de leurs Sang et Or qui ont été pris d’une rage sans nom au coup de sifflet final. Pour eux, que cette descente était programmée ou non n’a pas d’importance. Aujourd’hui, leur club est en L2 et ils n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.
Aurélien CANOT

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