En 1998, la finale de la Coupe de France se stabilisait définitivement dans la salle la plus prestigieuse du pays, Paris-Bercy, après une longue transhumance. Se sont qualifiées pour l'édition 2008, dimanche à 18h00, l'équipe qui avait gagné les deux premières éditions jouées au POPB, Cholet , et la détentrice du record des victoires dans l'épreuve, l' ASVEL (7 titres). En guise de cadeau d'anniversaire involontaire, difficile de faire mieux. Ce match sera le dixième en trois journées (personnalités, basket fauteuil, entreprises, amateurs, cadets) et suivra la finale féminine (15h30) entre Bourges, récemment sacré champion de France, et Villeneuve d'Ascq.
Kunter : «Plus psychologique que technique»
Plus encore qu'un hommage historique, puisque malgré tout aucun des deux finalistes n'a gagné la Coupe depuis l'ASVEL en 2002, c'est un duel entre deux profils qui s'annonce. D'un côté, l'ASVEL, sur le papier l'équipe la plus forte du Championnat, troisième de la première phase, qui peut présenter une alternance intérieur-extérieur redoutable si Robert Conley oublie de phagocyter l'attaque, mais qui n'est pas devenue le rouleau compresseur attendu. De l'autre, un Cholet baroque, où les Français tiennent le haut du pavé (Tchicamboud, De Colo, Marquis), dernier qualifié pour les play-offs mais capable de coups d'enfer.
Les Choletais ont montré leur solidité mentale en remportant la Semaine des As avec une victoire en demi-finale (75-63) sur Villeurbanne, qui a gagné les deux duels en saison régulière (88-74, 86-77). Alors que l'ASVEL cherche un titre depuis son succès en 2002, Herman Kunter, l'entraîneur choletais et ancien Villeurbannais, surfe sur la différence d'approche : «Je pense que c'est vrai sur ce genre de match. C'est plus le côté psychologique, que le côté technique qui joue. On va essayer de mettre le plus de pression possible sur eux et puis on verrra». «Sur la Semaine des As, on a forcément l'amertume d'avoir été sorti par le (vainqueur). On saura en tirer les enseignements», répond l'entraîneur de l'ASVEL, Yves Baratet.
Bourges ultra favori
Devant une salle d'ordinaire très bien remplie pour cet événement, le match pourrait s'avérer spectaculaire, une caractéristique du jeu choletais, même si elle n'a pas été visible mercredi lors de la défaite (sans conséquence) contre Paris-Levallois (77-74). Un match marqué par le retour de blessure de l'intérieur Justin Doellman (10 points en 19 minutes). «Dans notre équipe, tout le monde participe. Les Américains sont complémentaires et vraiment collectifs. Les gens aiment ça», note Kunter. Un jeu aux antipodes de la force statique du pivot de l'ASVEL Uche Nsonwu ou du contrôle d'Aymeric Jeanneau, mais qui peut avoir son répondant avec les pétard ambulants Conley ou Chevon Troutman.
En tout cas, il pourrait y avoir plus de spectacle, au premier sens du terme, que lors de Bourges-Villeneuve d'Ascq si le CJM continue d'oeuvrer en défense comme il le fait depuis le début de la saison. N°1 d'Europe dans ce secteur, les Tango n'ont perdu... qu'un match cette saison en France, et encore ce fût le dernier avant le Final 4 de l'Euroligue, où les Berruyères ont cédé deux fois de très peu. Les deux équipes, dirigées par le sélectionneur national (Pierre Vincent) et l'entraîneur des moins de vingt ans (Abdou N'Dyaye) se sont affrontées en demi-finale du Championnat et l'ESBVA n'a inscrit au total que 104 points. Meilleure évaluation française en LFB, la fantasque et douée ailière Géraldine Robert aura un défi à la mesure de sa personnalité. X.C.


