Eurosport - dim, 18 mai 00:38:00 2008
Fébrile, Nancy a concédé sa première défaite à domicile de la saison lors de l'ultime journée face à Rennes (2-3). Sur le podium durant la quasi-totalité du championnat, l'ASNL a chuté à la quatrième place et laissé échapper le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Les Rennais terminent 6e.
NANCY - RENNES : 2-3
Buts : Malonga (7e), Andre Luiz (56e) pour Nancy - M'Bia (32e), Pagis (48e, 58e) pour Rennes
Ce n'était vraiment pas le moment. Pas le moment de subir sa première défaite à domicile de la saison. Pas le moment, pour la meilleure défense du championnat, de concéder plus de deux buts, ce qui n'était arrivé qu'une seule fois jusqu'à présent (contre Saint-Etienne lors de la 25e journée, 4-0). Nancy a craqué, et reste donc sur le palier. C'est Marseille, tombeur de Strasbourg (4-3), qui aura l'occasion l'été prochain de franchir la porte de la Ligue des Champions. Les Lorrains devront eux se contenter de la Coupe UEFA. Certes, ils participeront à des joutes continentales, ce que Rennes, son adversaire, pouvait espérer mais n'a finalement pas obtenu à cause d'un moins bon goal-average que Saint-Etienne, tombeur de Monaco (4-0). Ce billet pour la C3 pourrait être un lot de consolation. Samedi soir, il a surtout un goût amer. Car l'ASNL chute du podium à l'issue de cette 38e et ultime journée, après s'y être installée durant...35 journées.
Le coup est rude, et il faudra certainement du temps aux Lorrains pour le digérer, et panser les plaies. Ils vont se mordre les doigts d'avoir connu une période creuse, qui a commencé à l'automne et s'est poursuivie jusqu'au début de l'année, avec seulement deux succès en quatorze matches, entre la 11e et la 23e journée. Et aussi se mordre les doigts de n'avoir gagné que deux matches à l'extérieur, ce qu'ils ont été incapables de faire lors de leurs quinze derniers déplacements. Marseille avait certes connu un début de saison calamiteux, mais a su, contrairement à Nancy, accélérer dans la dernière ligne droite et garder ses nerfs. L'adversaire n'était certes pas le même, puisque l'OM affrontait Strasbourg, déjà relégué en L2, alors que les Lorrains recevaient une équipe de Rennes en quête d'une éventuelle place en UEFA.
Rennes est monté en puissance
Mais pour prétendre à la Ligue des Champions, Nancy aurait dû montrer autre chose, en faire plus. Et garder sa lucidité. À l'image de leur entraîneur, Pablo Correa, les Nancéiens sont souvent apparus très nerveux face à Rennes. Crispés, ils n'ont que très rarement paru en mesure de dominer leur adversaire, et ont laissé les cartes leur échapper. Ce sont pourtant eux qui ont ouvert le score, sur leur première (et rare) occasion, Malonga profitant d'un bon travail de Dia pour battre Luzi, masqué au départ du ballon (1-0, 7e). Un but précoce, qui a provoqué des craintes chez Correa, méfiant à l'idée de mener si tôt. Cela aurait pu être une bonne chose si, effectivement, Nancy avait eu de la suite dans les idées. Au lieu de cela, Rennes a repris sa domination, qui a débuté dans les premières secondes, et n'a été relâchée qu'en fin de rencontre, quand la victoire semblait alors acquise.
En dépit de l'absence de Leroy, et malgré quelques phases d'errance, les Bretons ont globalement eu la main sur la rencontre. Après avoir mal négocié plusieurs coups francs, ils ont enfin réussi à placer leur combinaison : centre pour la remise de la tête de Hansson au second poteau, puis Briand face au but. L'attaquant rennais n'a pas marqué mais servi la tête de M'Bia (1-1, 32e). Pas assez vigilante au marquage, pas assez agressive, sauf dans le mauvais sens du terme à l'image de deux tacles de Berenguer, la défense lorraine a progressivement bu le bouillon. Prise à défaut par les mouvements de Briand, Pagis, et Thomert, l'arrière garde la plus imperméable de L1 a concédé deux autres buts de Pagis. L'ancien Sochalien, à l'origine de l'action, a parfaitement repris un centre de Danze pour donner l'avantage à Rennes au retour des vestiaires (2-1, 48e). Nancy a alors vu le billet pour la Ligue des Champions lui filer entre les mains.
Ce n'est pas le but d'Andre Luiz, suite à un bon travail de Brison (2-2, 56e), qui le lui a redonné, mais l'égalisation de Strasbourg à Marseille (3-3). Pour quelques minutes seulement. Car l'OM est donc repassée devant, et Pagis a vite renvoyé les espoirs lorrains au placard en ajustant Bracigliano, après un duel gagné par ce dernier face à Briand (3-2, 58e). La dernière demi-heure n'a rien changé, bien au contraire. Rennes aurait pu creuser l'écart, mais Bracigliano a tenu la baraque devant Briand (67e) puis Pagis (69e), avec l'aide de son poteau. Le portier nancéien a donc gardé son sang-froid, ce que certains de ses équipiers, et son entraîneur, n'ont pas su faire, notamment à l'heure de rentrer définitivement aux vestiaires, où des bagarres ont eu lieu. Ce n'était vraiment pas le moment.
LA DECLA : Jacques Rousselot (président de Nancy)
"Le football est parfois cruel. On a vécu une fabuleuse saison, trente-huit journées marathon. Les garçons avaient à coeur de gagner ce soir et de terminer sur le podium. Mais le football en a voulu autrement. Les Rennais étaient meilleurs que nous ce soir. Je souhaitais par ailleurs féliciter les joueurs et leur entraîneur Pablo Correa. On sait très bien qu'il n'y a rien d'écrit dans le football. Mais on va continuer à aller de l'avant, pour que Nancy soit respecté et devienne une place forte du football français."
Jean TERZIAN / Eurosport