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Domenech: "le match aux Féroé, un symbole dans les qualifications"

sam 17 nov, 21h31


PARIS (AFP) - Raymond Domenech a confié samedi à l'AFP que le match "symbole" des qualifications était pour lui le déplacement en octobre aux Féroé, car au delà de la victoire (6-0), le groupe avait été "tellement solide" malgré tous les tracas d'avant-match, l'avion des Bleus atterrissant quelques heures seulement avant le match.

La victoire de l'Italie en Ecosse samedi a qualifié la France avant même son dernier match des qualifications mercredi en Ukraine.

Le sélectionneur, qui était allé superviser Lituanie-Ukraine, car il ne croyait pas à un succès italien, a été joint au téléphone.

Q: Quel sentiment domine pour vous après la qualification?

R: "C'est un mélange de soulagement et de frustration. J'aurais préféré aller quand même en Ukraine pour un match où on doive en baver jusqu'au bout. Ca, ça forge une équipe: se battre sous pression, pouvoir se faire éliminer. Ca me manque un petit peu. Mais bon, si on a les points, c'est qu'on la mérite cette qualification. Ces qualifications, c'est un championnat, ce n'est pas une victoire dans une Coupe. Il faut être régulier, présent dans les matches."

Q: Ce match de mercredi, ça va être une préparation à l'Euro qui commence?

R: "Oui, ce que je veux, c'est que ce match en Ukraine, on le joue comme si on n'était pas qualifiés. Il faudra être costauds, présents, solides. On ne va pas là-bas pour faire du tourisme. Sur ces terrains-là, dans ces conditions difficiles, il faut vraiment jouer, sinon on manquera quelque chose."

Q: Quelle images garderez-vous de ces qualifications, les défaites contre l'Ecosse?

R: "Non, les mauvaises choses je les évacue."

Q: La revanche contre l'Italie au stade de France le 6 septembre 2006 (3-1) alors?

R: "L'Italie au stade de France, ce n'était pas une revanche de la Coupe du monde, c'était l'Euro... Non, je retiendrai le match que nous avons joué aux Féroé le 13 octobre. Le groupe a été tellement solide, avec tout ce qui nous est arrivé autour du match! Un voyage de 12 heures d'avion au total, des atterrissages empêchés par le climat, l'attente en faisant des ronds dans le ciel, un atterrissage, effrayant, quelques heures avant le match..."

Q: Ca aussi, ça forge un groupe...

R: "Oui, les joueurs ont été costauds, ne se sont pas dilués et ça, c'est le symbole pour moi du groupe dans les qualifications. Dans la difficulté, personne n'a protesté. En fait, c'était un vrai bon moment, pas évident, mais un bon moment à vivre."

Q: Vous aviez parié pour un nul des Italiens en Ecosse...

R: "C'est vrai, ça me manque un peu de ne pas avoir eu raison là dessus pour le match en Ukraine. Mais je suis content d'avoir motivé les Italiens! Pour une fois, ils servent à quelque chose... Pour être sérieux, je remercie Panucci (auteur du but italien de la victoire) d'avoir joué le coup à fond. Mais les Italiens n'ont pas joué pour nous. Ils l'ont fait car ils avaient envie de prouver par leur qualification qu'ils valaient mieux que les affaires de violence dans leur pays. Ils avaient envie de se justifier, pour dire +on ne mérite pas ce qui nous arrive+, avec tout ce qu'il y a autour du football italien. L'Italie a des joueurs de qualité, c'est vraiment dommage que le contexte soit pourri par la violence."

Q: Vous pourriez encore croiser les Italiens à l'Euro...

R: "Oui, tout peut arriver. On peut tomber en groupe contre eux ou en finale... On peut même se retrouver contre eux en qualifications pour le Mondial-2010. Tout est permis."

Propos recueillis par Philippe GRELARD