ROME (AFP) - Deux ans après avoir remporté le Mondial, l'Italie s'est logiquement qualifiée pour l'Euro-2008 samedi, mais par la faute d'un mauvais départ, elle a souffert pour atteindre la phase finale en Suisse et en Autriche, chaque rencontre devenant "un match à ne pas perdre".
Les Italiens assurent que la Nazionale n'est jamais aussi performante que lorsqu'elle est en danger. Elle l'a confirmé. Retour en quatre étapes.
. Le faux pas. Début septembre 2006, les champions du monde, sacrés deux mois plus tôt, ont encore la tête dans les étoiles. Pour leurs débuts, cela ne pardonne pas: à Naples, ils concèdent un nul face à la modeste Lituanie (1-1). Un résultat qu'ils vont longtemps traîner comme un boulet, car, dans un groupe relevé, le moindre point perdu face aux petites équipes est handicapant. Quatre jours plus tard, la Squadra Azzurra est complètement dépassée par la France, vice-championne du monde revancharde, à Paris (3-1). Deux matches, un point: elle ne pouvait pas faire pire. Son nouveau sélectionneur, Roberto Donadoni, n'a déjà plus le droit à l'erreur.
. La relance. En octobre, la Nazionale bat l'Ukraine (2-0) à Rome avant de gagner en Géorgie (3-1). Au printemps, elle s'impose contre l'Ecosse (2-0, doublé de Toni). Enfin, en fin de saison, elle l'emporte laborieusement aux îles Féroé (2-1) avant de s'imposer en Lituanie (2-0). Cinq matches et autant de succès tandis que, dans le même temps, les rivaux ne sont pas irréprochables: l'Italie est relancée.
. L'intersaison. Au cours de l'été, Donadoni doit faire face à une succession de pépins: les retraites internationales de Totti et Nesta puis, mi-août, un match amical calamiteux en Hongrie (défaite 3-1) où, "cerise sur le gâteau", Materazzi se blesse pour plusieurs mois. Mais le successeur du charismatique Lippi, qui doit déjà composer avec une inexpérience qui fait débat, tient bon. D'autant qu'il a conquis l'adhésion des cadres champions du monde, qui ne cessent de le défendre. S'il ne bouscule pas l'ordre établi et se repose sur les héros de Berlin, le technicien instille de la nouveauté, à l'image des milieux Ambrosini et Di Natale, devenus indispensables, et de l'attaquant Quagliarella, auteur de deux buts splendides en Lituanie.
. La qualification. Début septembre, la revanche contre la France à Milan débouche sur un nul (0-0), mais, quatre jours plus tard, les Azzurri écartent définitivement l'Ukraine de la course à la qualification en s'imposant à Kiev (2-1) grâce à un doublé de Di Natale. Après une nouvelle victoire face à la Géorgie (2-0) début octobre à Gênes, ils jouent leur va-tout à Glasgow face à l'Ecosse samedi. Une fois de plus, malgré plus de 50.000 Ecossais et une pluie battante, ils l'emportent (2-1) là où tous les autres s'étaient inclinés, grâce à un but marqué par le défenseur Panucci dans les dernières secondes. Une bonne inspiration de Donadoni puisque c'est lui qui a rappelé Panucci, totalement ignoré par son prédécesseur. Une fois de plus, la Nazionale fait sienne la phrase de l'Ukrainien Andreï Shevchenko: "La force de l'Italie, c'est d'être capable de gagner des matches que les autres ne gagnent pas". Un nul à Hampden Park aurait pourtant très probablement suffi pour qu'ils se qualifient en battant les îles Féroé, mais les Italiens ont tenu, comme ils l'avaient répété au cours de la semaine, à montrer qu'ils sont "les champions du monde".

AFP/Alberto Pizzoliagrandir la photo
