Il était le premier sur la liste d'Amélie Mauresmo. A la mi-septembre, il reçoit un coup de téléphone de la championne qui lui expose son projet et son envie de travailler avec lui. Après un temps de réflexion, il choisit de démissionner de son poste d'entraîneur de la Ligue des Hauts-de-Seine et de se lancer dans l'aventure. Qui est-il ? Inconnu du grand public, Hugo Lecoq est bien connu des joueuses. Sparring-partner de l'équipe de France de Fed Cup et de l'ancienne numéro 1 mondiale depuis 2004 et coach pendant l'été 2006 de Nathalie Dechy, il a cultivé la discrétion sans se départir de l'ambition de devenir entraîneur de haut niveau. Marche après marche, le joueur licencié à Neuilly a atteint un de ses objectifs : «Maintenant, le vrai travail commence et la concrétisation aura lieu si Amélie obtient des résultats et termine sa carrière comme elle en a envie.» Entre les deux, c'est une histoire de relations humaines et de vision professionnelle commune : « Je crois en elle. Et si je crois en elle, c'est aussi une fierté de pouvoir l'aider à réaliser ce qu'elle veut pour la fin de sa carrière. » Ce lundi, il dirige le premier entraînement d'Amélie Mauresmo. Et les axes prioritaires sont déjà fixés : le coup droit et surtout le service.
« Hugo Lecoq, une proposition pour entraîner Amélie Mauresmo ne se refuse pas ?
Si, cela se refuse. Mais aujourd'hui, il y a des éléments qui montrent que c'est un beau projet, une belle aventure. Je crois en elle. Et si je crois en elle, c'est aussi une fierté de pouvoir l'aider à réaliser ce qu'elle veut pour la fin de sa carrière. J'ai donné ma démission, c'est une preuve que je crois en elle. Entraîneur est un métier à risques. Mais c'est un beau projet et j'apprécie beaucoup Amélie. Cela a beaucoup pesé dans la balance.
Qu'est-ce qui fait que vous avez envie de l'entraîner ?
Tout d'abord la relation humaine. C'est quelqu'un que j'apprécie énormément, je partage ses valeurs, je partage sa façon de voir les choses. J'ai envie d'être au contact d'une personne avec cette aura et qui a su rester les pieds sur terre et profiter de choses simples de la vie. Cela me plaît. Du côté professionnel, c'est croire en quelqu'un et aider quelqu'un en qui on croit.
Qu'est-ce qui fait que vous y croyez ?
Son jeu atypique, sa créativité que les autres joueuses n'ont pas forcément et ce qu'elle a au fond d'elle, son discours, sa motivation, le fait de chercher un nouvel entraîneur, de ne pas vouloir rester sur sa faim, le fait qu'elle est prête à travailler et à continuer à mettre de la rigueur. Tout cela fait que je crois en elle.
Comment imaginez-vous cette sortie ? Quels seront les objectifs ?
Lever un trophée du Grand Chelem par exemple. C'est quelque chose auquel elle a déjà goûté et je partage son avis : pour une championne, il faut sortir par la grande porte et rester sur une image haute et forte de la personne.
Passer de sparring à entraîneur, est-ce difficile ?
Je ne sais pas. Probablement que des gens m'attendent au tournant en disant que je n'ai pas d'expérience. Il n'y a pas que le challenge et le défi avec Amélie, mais c'est aussi un challenge et un défi personnels. C'est aussi montrer aux gens que je suis capable et si Amélie m'a choisi, c'est qu'elle a ses raisons. Il faut que je montre ma vraie valeur.
C'est plutôt valorisant d'être choisi par Amélie Mauresmo ?
C'est plus que valorisant. Surtout qu'elle me dit que je suis premier sur la liste.
Est-ce une concrétisation pour vous ?
J'ai vraiment monté les étapes les unes après les autres. Je ne dirais pas que c'est maintenant la concrétisation. Maintenant, le vrai travail commence et la concrétisation aura lieu si Amélie obtient des résultats et termine sa carrière comme elle en a envie.
Sur le plan du jeu, quels seront les axes de travail ?
Il y a le coup droit et le service. Le service est un axe prioritaire pour que son jeu soit bien en place. Il faut aussi qu'elle soit plus performante aux retours et qu'elle soit capable de saisir les occasions.
Est-ce que les axes de travail passent aussi par jouer plus juste ?
Je ne lui en ai pas encore parlé. Ce sera une des difficultés : est-ce que l'efficacité va vers le plaisir ou le plaisir va vers l'efficacité ? Aujourd'hui, elle va dans un système de jeu qui lui fait peut-être plaisir mais qui n'est pas assez efficace et elle n'utilise pas assez le système de jeu dans lequel elle est efficace, par exemple, un peu plus de montées au filet, plus de variations.
Avez-vous déjà un plan de travail et un programme ?
On a défini un programme prévisionnel, on va rentrer dans le détail de la programmation et de son contenu en partenariat avec Xavier Moreau qui la connaît bien et sur qui je vais m'appuyer.
Avez-vous particulièrement préparé ce premier entraînement ?
Je l'ai préparé comme tous les autres. C'est vrai que le premier contact va nous servir d'observation à tous les deux. J'arrive avec une casquette un peu différente du sparring en retrait. Mais son premier bloc de travail va être beaucoup orienté sur le physique. Je vais intervenir sur le plan tennis par petites touches au départ, puis on va entrer de plus en plus dans le vif du sujet. »
Recueilli par Sophie DORGAN

WTA Lecoq : «Je crois en elle»agrandir la photo

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