Eurosport - lun, 17 mars 15:24:00 2008
Si Sandrine Bailly a échoué à treize points de l'Allemande Magdalena Neuner au classement général de la Coupe du monde. A l'issue de la dernière épreuve dimanche à Oslo, la Française n'éprouvait aucun regret que ce soit sur sa course ou sur sa saison.
SANDRINE BAILLY, la déception n'est-elle pas trop grande de rater ce "gros globe" pour 13 points ?
S.B.: Non, je suis contente, car j'ai tout donné et je savais avant la course que cela serait difficile. Je pourrais être déçue, parce que je ne remporte pas le globe, mais je n'ai aucun regret à avoir sur la course d'aujourd'hui. J'attaque mal avec trois pénalités sur mon premier tir. J'ai vu qu'il y avait du vent. J'ai bien "cliqué" (changé les réglages de la carabine, NDLR), mais quand j'ai vu que les cibles ne tombaient pas, il y a eu un peu de panique, mais je me suis toujours accrochée même quand j'étais 19e après ce premier tir. Je me suis dit "Ce n'est pas fini, il faut te battre, Neuner, au tir debout, c'est des fois une chèvre". On peut toujours avoir des regrets, mais j'ai toujours essayé de faire au mieux aujourd'hui comme durant toute cette saison.
Que vous inspire la victoire de Neuner qui termine N.1 mondiale malgré un nombre impressionnant de pénalités sur son tir debout ?
S.B.: Je méritais le globe autant qu'elle, j'ai beaucoup travaillé, je me suis bien battue tout au long de la saison, j'ai été très régulière alors que les Allemandes sont plusieurs à pouvoir évoluer à ce niveau: quand une ne performe pas, il y a une autre qui est là. C'était souvent "Bailly fait de la résistance". Neuner, elle, a un avantage, elle va très vite sur les skis, elle peut se permettre de beaucoup "tourner" (avoir beaucoup de pénalités, NDLR), mais ce n'est pas vraiment une biathlète complète. Quand elle mettra ses tirs debout alors là elle sera vraiment imbattable.
Quel bilan tirez-vous de votre saison marquée par une 2e place au classement mondial mais un nouvel échec dans un grand rendez-vous, les Mondiaux-2008 ?
S.B.: La satisfaction, c'est d'avoir bien réagi après la saison dernière, j'ai bien travaillé au tir, je me suis imposée une façon de faire. Maintenant, il m'est arrivé de faire deux-trois fois des "craquantes", des 12 sur 20 et cela, ce n'est plus possible à ce niveau dans l'avenir. J'ai passé un cap, tout est plus maîtrisé, je suis sur la bonne voie, il faut continuer à ne rien lâcher. Il me faut encore plus de rigueur au tir, il y a encore quelques trucs à grappiller physiquement mais ce n'est pas mon gros problème. Quant aux Mondiaux-2008 (5e du sprint et de la poursuite pour meilleur résultat, NDLR), mon grand regret, plus que l'absence de podiums en individuel, c'est de ne pas avoir réussi à rester dans ma bulle et d'avoir été perturbée par des questions annexes (sa décision de ne pas courir le relais mixte, NDLR).