Akelwood - mer, 18 mars 16:00:00 2009
1986 : bon sang ne saurait mentir
Rafael Nadal voit le jour le 3 juin à Manacor sur l'île de Majorque, comme... Carlos Moya. Son père est dans les affaires et sa mère ne travaille pas. L'un de ses oncles n'est autre que Miguel Ángel qui fut un joueur emblématique du FC Barcelone, du Real Majorque et de la sélection espagnole durant les années 1990.
1990 : comme Santoro
Il débute le tennis à l'âge de 4 ans avec son oncle Toni. A ses débuts, ce gaucher sur le court, mais droitier dans la vie, effectuait coups droits et revers à deux mains... comme Fabrice Santoro.
1995 : à une main
Son oncle lui fait abandonner son coup droit à deux mains.
1998 : premier coup d'éclat
Il s'impose à l'Open Super 12 d'Auray (Morbihan), l'un des plus importants tournois 12 ans et moins du monde.
2000 : champion du monde !
Il remporte les Petits As de Tarbes, l'officieux championnat du monde des 12-14 ans.
2001 : 15 ans et déjà pro
En janvier, à l'âge de 15 ans donc, il dispute en Espagne son premier match " pro " dans un tournoi Future (la troisième division). La première victime de sa carrière se nomme Tomas Prieto-Sorense qui encaisse d'ailleurs un 6/0 dans le troisième set. Cette même année, il parvient au deuxième tour du Challenger (la deuxième division) de Séville. Le phénomène est lancé.
2002 : il se bâtit un " Future "
Il remporte pour l'Espagne la Coupe du Monde 14-16 ans, appelée "Junior Davis Cup", avec Marcel Granollers et Bartolome Salva-Vidal, originaire comme lui de l'ile de Majorque et l'un de ses meilleurs amis. Et c'est aussi à Majorque qu'il dispute son premier match sur le grand circuit, en avril. Il bat Ramon Delgado (81e mondial) et, à 15 ans et dix mois, devient le neuvième joueur de l'histoire à remporter un match ATP avant ses 16 ans. Il fête également son premier titre au Future d'Alicante en juillet, cinq autres suivront cette même année. Nadal est également demi-finaliste à Wimbledon juniors. Aussi étonnant que cela puisse paraître, profitons-en pour préciser que l'Espagnol n'a jamais disputé Roland-Garros juniors.
2003 : plus 188 places
C'est sa première vraie saison en tant que pro. Démarrée en janvier à la 235e place mondiale, il termine l'année parmi les 50 premiers mondiaux (47e) grâce notamment à deux titres et quatre finales en Challenger. Sur le grand circuit, il atteint sa première demi-finale à Umag en Croatie où il s'incline contre son idole et " grand frère ", Carlos Moya. Il manque son premier Roland-Garros en raison d'une douleur au coude mais revient à Wimbledon où il devient le premier joueur âgé de 17 ans, depuis Boris Becker en 1984, à parvenir au troisième tour.
2004 : Et une Coupe Davis, une !
Son explosion aux yeux du grand public se fait par le biais de la Coupe Davis. Au premier tour, il offre à l'Espagne sa qualification lors du cinquième match, face au Tchèque Radek Stepanek. En demi-finales, il remet ça face à la France en dominant Arnaud Clément dans le quatrième match. En finale, face aux Etats-Unis et devant 27 000 spectateurs (le court a été installé dans le stade Olympique de Séville) il bat Andy Roddick, alors n°2 mondial, lors du deuxième simple de la rencontre. Il devient ainsi le plus jeune joueur (18 ans et six mois) à remporter un point pour une équipe victorieuse dans une finale de Coupe Davis. Sur le circuit, Rafa continue son apprentissage, malgré une blessure à la cheville qui lui fait manquer Roland-Garros et Wimbledon. Bilan de l'année: une première finale ATP (Auckland), un premier titre (Sopot) mais aussi une demi-finale en double à l'US Open avec Tommy Robredo. Au classement, il n'a pas bougé (51e) mais une " stat " fait trembler le circuit : sur ses 17 matches disputés sur terre battue, Rafa en a remporté 14...
2005 : et soudain une tornade...
Fini les amuse-gueules, l'ogre Nadal, l'année de ses 19 ans, entame son énorme festin : onze titres gagnés dans la saison (il fait ainsi plus fort que Mats Wilander et ses 9 titres au même âge) dont quatre Masters Series (Monte-Carlo, Rome, Montréal et Madrid) et surtout son premier Roland-Garros. A Paris, il remporte le tournoi à sa première participation (du jamais vu depuis Wilander en 1982) et devient à 19 ans et 2 jours, le premier joueur depuis Pete Sampras à l'US Open 1990 à remporter à cet âge un titre du Grand Chelem. En demi-finales, il met fin au rêve de Roger Federer avant de dominer Mariano Puerta dans une finale ultra-spectaculaire. Le gaucher argentin sera contrôlé positif au soir de ce match et suspendu. Sur terre battue, Nadal totalise cette année-là 50 victoires pour 2 défaites dont une série de 36 victoires consécutives.
Trois autres événements ont marqué cette incroyable saison : sa victoire à Rome où il bat Guillermo Coria en 5h14 après avoir compté un double break de retard dans la cinquième manche ; son titre à Montréal, le premier sur dur, où il bat Andre Agassi en finale, lors du premier de leurs deux affrontements; son succès à Madrid, le premier en salle, où il domine Ivan Ljubicic en finale après avoir remonté pour la première fois de sa carrière un handicap de deux sets zéro. Rafa termine 2005 à la deuxième place mondiale. Federer a trouvé son dauphin...
2006 : Federer le voit partout
Nadal empoche cinq titres cette saison-là, dont quatre face à Roger Federer en finale. C'est la naissance d'une des plus grandes rivalités de l'histoire du tennis. Rafa bat son ennemi préféré à Dubaï puis à Monte-Carlo, Rome (où Federer obtient pourtant deux balles de match) et surtout à Roland-Garros où Rafa remporte sa deuxième couronne. Sur terre battue, son bilan est encore ahurissant: 26 victoires, aucune défaite et, à cheval sur deux ans, une série de 62 matches consécutifs sans défaite sur terre battue (série en cours...), record de Guillermo Vilas battu (53 victoires de rang en 1977). Le plus grand choc de cette année 2006 est sans doute sa place en finale à Wimbledon, la première pour un Espagnol depuis Manolo Santana en 1966. C'est inattendu. Et plus inattendue encore, sa résistance en finale face à Federer. Même sur gazon, le Suisse n'est donc plus à l'abri. Nadal prouve qu'il a su faire évoluer son jeu pour briller sur la plus historique des surfaces. Complètement sur les rotules, Rafa est plus discret lors de la deuxième partie de l'année. Il parvient tout de même en demi-finales du Masters, où il s'incline contre... Federer, et termine la saison n°2 mondial pour la deuxième fois.
2007 : un record et quel record !
Un joueur viendra-t-il un jour battre ce record absolument hallucinant ? En cette année 2007, Nadal étend sa série de matches sans défaite sur terre battue à 82 ! C'est Federer, en finale à Hambourg, qui domine Rafa et met fin à cette série qui, d'ailleurs, commençait à peser sur les pourtant larges épaules de Nadal. Il faut remonter aux quarts de finale du tournoi de Valence 2005 et un échec face à Igor Andreev pour trouver une trace d'une défaite de l'Espagnol sur brique pilée. Sans grosses difficultés, Nadal remporte un troisième Roland-Garros de suite (finale remportée face à Federer) et devient le premier depuis Björn Borg (1978-81) à réussir pareille performance. En Masters Series, la pêche est bonne, avec trois titres (Indian Wells, Monte-Carlo et Rome) et une finale (Paris). Pour la deuxième année consécutive, le joueur de Majorque est également en finale à Wimbledon. Federer s'en sort cette fois en cinq manches après quelques sueurs froides en début de cinquième set. La fin de saison de l'Espagnol est du même tonneau que la précédente : demi-finale au Masters où il s'incline contre Federer et une place de n°2 mondial en décembre. Pour la troisième fois...
2008 : numéro un
C'est l'année Rafa : doublé Roland-Garros-Wimbledon (le premier depuis Borg en 1980), médaille d'or aux JO de Pékin, demi-finales au moins dans les quatre tournois du Grand Chelem, et place de numéro un mondial. Qui dit mieux ? Personne et surtout pas Roger Federer, humilié en finale à Roland-Garros (6/3, 6/1, 6/0) avant de devoir abandonner, dans les larmes, sa quintuple couronne à Wimbledon. Cette finale d'un niveau ahurissant, coupée deux fois par la pluie et terminée entre chien et loup à 21h15 après 4h48 de jeu, restera tout simplement comme un moment magique de l'histoire du sport. Le score parle de lui-même : 6/4, 6/4, 6/7 (5), 6/7 (8), 9/7. Pour Nadal, qui quinze jours auparavant s'était imposé à Paris pour la quatrième fois et pour la première fois sans perdre un set, c'est la consécration ultime. Son bilan global de l'année est de huit titres dont deux Masters Series, Monte-Carlo et Toronto. Rafa est également de l'aventure espagnole en Coupe Davis. Si une blessure le prive d'une participation à la finale victorieuse de son pays en Argentine, le champion de Manacor a remporté trois simples au premier tour et en demi-finales. Nadal, victime d'une tendinite au genou droit, doit déclarer forfait pour le Masters mais cela ne l'empêche pas de terminer numéro un à la fin de la saison, une première pour un gaucher depuis John McEnroe en 1984. Le patron du tennis, c'est lui. Et sans contestation possible...
Par Christophe Thoreau
Commentaires 1 - 8 de 8
Je suis un fan de R.Nadal. Je sais que, ce que Nadal est train de faire, n'est que le lancement, le film est pas encore commencé.
Merci!Félicitation Nadal!
merci
Une corection sur l'année 2008 : Nadal a gagné 8 titres dont 3 master series : Monte-Carlo, Hamburg et Toronto.
MERCI ibco 12, vos compliments me vont droit au coeur.
Bien que j'adore RAFA, que son jeu me captive et que sa détermination me pousse à ne jamais baisser les bras, j'essaie de demeurer aussi objective que possible lorsque je regarde ses matchs et parcours les articles qui lui sont consacrés.
Bonsoir La Muette,
Je suis parfaitement d'accord avec vos analyses. J'apprécie beaucoup votre objectivité et votre sens de justice. Je lis couramment vos articles. Bon courage!.
Ton admirateur.
Gongoloma Soké.
en 2008 il a egalement remporté le Masters Series d'Hambourg face a RF
Mr le journaliste a surement oublié ce titre
je vous respecte beaucoup Mr le journaliste pour votre vista du tennis
encore merci des commentaires si justes que vous faites.
MAGNIFIQUE ! C'EST DU JOURNALISME ! DU VRAI ! SANS PARTI PRIS !!! RESPECT A SON AUTEUR.
Beaucoup de vos confrères devraient prendre exemple sur vous et arrêter d'inventer des champions du genre "les 4 nouveaux mousquetaires".
Aucun de ces 4 joueurs n'a remporté de titre de grand chelem, n'a atteind la 5 place mondiale et réussi à s'y maintenir pendant au moins 2 ans !
Pourtant, ils sont de la même génération que le sujet de cet article !!!
J'aimerai tant que vous ecriviez un article sur l'actuel N°2 mondial pour qu'enfin beaucoup ouvre les yeux et réalisent que ce dernier est sur la fin même s'il lui reste encore quelques belles années dans le top 5.
Cette réalité n'effacera jamais le fait qu'il fût un grand champion et le demeure encore malgré sa 2ième place qui réflète à juste titre son niveau actuel.
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