C'est un Paul Le Guen fidèle à lui-même qui s'est présenté en salle de presse, quelques minutes après la victoire arrachée par ses hommes à Sochaux (2-1), synonyme de maintien. Pas d'euphorie, pas un mot plus haut que l'autre, juste le sentiment du devoir accompli, dans la douleur. « On savait que ça tiendrait forcément à peu de choses » répète celui qui compte bien être encore de la partie la saison prochaine.
«Paul Le Guen, ce fut finalement une soirée pleine de suspense, mais avec une fin très heureuse...
Oui, on savait que ça tiendrait forcément à peu de choses. Cela aurait pu ne pas passer, mais c'est passé. On a fait le match qu'il fallait face à une équipe courageuse, qui a joué le jeu. On a souffert par moment mais on a été courageux, on a su faire front et aller chercher ce deuxième but qui nous était indispensable.
Que ressentez-vous ce soir ?
Un vrai soulagement, même si ça ne me donne pas envie de faire un tour d'honneur, car ce n'est que le maintien et on est au Paris-SG. Mais compte tenu de toutes les difficultés que nous avons rencontrées, c'est quand même un moment de bonheur, que l'on apprécie. Je suis content pour toutes les composantes du club, pour les supporters, pour tous ceux qui ont oeuvré pour que ça passe, qui nous ont aidés. Cela a vraiment tenu à peu de choses. Mais on n'est pas des héros ce soir, comme on n'aurait pas été des zéros si on était tombés. J'ai d'ailleurs une pensée pour Jean-Pierre Papin et pour les Lensois.
Quelle a été la réaction de l'équipe dans le vestiaire ?
Il y a eu un vrai soulagement. Des choses se sont forcément passées entre nous, mais on n'a pas envie de les étaler. On a la satisfaction d'avoir su rester unis dans les moments essentiels, d'avoir fait front, et d'avoir encaissé beaucoup de choses pour le club.
Il vous reste encore une finale de Coupe de France à disputer. La prenez-vous comme un cadeau ?
Non, ce n'est pas un match de gala, c'est un titre à gagner. Bien sûr, nous sommes outsider, Lyon a neuf chances sur dix de la gagner. Mais on va la jouer à fond, avec nos arguments. On va faire une bonne semaine d'entraînement, bien préparer cette finale. On aura évacué ce gros souci du maintien à obtenir et on va pouvoir travailler plus sereinement. Qui sait si on ne va pas réussir à accrocher deux titres et le maintien lors d'une saison durant laquelle nous avons énormément souffert ? C'est très rare de gagner deux titres dans une même saison. On l'a fait en 1998, ce serait formidable d'y parvenir à nouveau.
On dit qu'on apprend beaucoup dans la difficulté. Pensez-vous avoir appris des choses ?
Oui, forcément. J'essaie de retenir, de progresser. Certains prétendent que j'ai une grosse marge de progression, et ils ont certainement raison.
Continuerez-vous de progresser au Paris-SG ?
Je suis sous contrat, et j'ai très envie de rester. Je n'ai aucune envie d'arrêter, il faudrait que l'on me dise de le faire. Je ne perds jamais de vue que j'entraîne le Paris-SG, le club que j'aime, et que cela vaut beaucoup d'efforts. Je les ai faits, bien ou mal, mais je les ai faits».
Propos recueillis par Bruno RODRIGUES, à Sochaux


