Eurosport - mar, 18 sept 15:17:00 2007
Après le succès inattendu de la Russie contre l'Espagne en finale de l'Euro 2007, Andrei Kirilenko est aux anges. Le MVP du tournoi, qui a tourné à 18 points, 8.6 rebonds et 2.2 interceptions, a su relever la tête après une saison difficile avec Utah et revient sur cette consécration exceptionnelle.
ANDREI KIRILENKO, quelles sont vos impressions après ce titre de champion d'Europe décroché dans les dernières secondes ?
A.K. : C'est vraiment incroyable de battre l'équipe d'Espagne à domicile. C'est un challenge passionnant de défier cinq joueurs redoutables. Mais alors quand il y a 15 000 fans et probablement des millions dans le reste du pays, c'est exceptionnel. Je suis vraiment content pour mon équipe, qui a su rester dans le match malgré un départ difficile. Nous avons été soudés et finalement nous avons surpris l'Espagne. Une équipe à qui je donne beaucoup de crédit. Ils sont formidables. Tout simplement l'une des meilleures formations du monde. Mais ce soir, je pense que nous avons mieux joué collectivement.
Les deux dernières minutes ont été incroyables avec ce tir de J.R. Holden à deux secondes de la fin. C'est fou...
A.K. : L'Espagne est une équipe exceptionnelle. Ils ont contrôlé les trois premiers quart-temps. Mais à la fin, nous avons élevé notre niveau défensif, ils ont commencé à faire des erreurs, et nous avons sauté sur l'occasion.
Au niveau personnel, vous avez pris deux fautes très rapidement dans le premier quart temps. Comment avez-vous géré la suite de la rencontre ?
A.K. : C'était vraiment dur de rester dans la rencontre quand on vous siffle ce genre de fautes. En NBA, les règles sont différentes. Et par moment, je suis surpris de me voir reprocher une action qui n'est pas interdite sur les parquets américains. Ce n'est pas seulement en finale. J'ai souvent été en difficulté avec ça tout au long du tournoi surtout que ce n'est que cinq fautes et pas six. Je ne vais toutefois pas dire que j'ai tenté de me "sauver" et mais j'ai essayé de faire les fautes qui étaient vraiment utiles ensuite. Mais l'important a été que l'équipe, comme contre la France, a su répondre présent et presque mieux jouer sans moi.
Un titre de champion et de MVP de la compétition, vous êtes au sommet...
A.K. : C'est l'apogée de ma carrière. Une véritable consécration. D'autant plus que mes coéquipiers ne sont pas seulement des partenaires mais surtout ce sont mes meilleurs amis. Nous avons grandi ensemble. Nous avons eu les mêmes entraîneurs, nous avons été à l'école ensemble. Il y a des gars que je connais depuis 15 ans. Ce soir, nous sommes les hommes les plus heureux du monde.
Votre sélectionneur, David Blatt, a tout changé dans le basket russe depuis son arrivée à la tête de la sélection. Qu'a-t-il de spécial ?
A.K. : Je ne veux pas le complimenter après il va prendre la grosse tête (rire). Non vraiment, c'est un grand entraîneur. Je pense que je peux parler au nom de l'équipe en affirmant que nous avons un plaisir fou à travailler avec lui. A tous les matches, il nous a permis de nous améliorer. A chaque fois que l'on a problème, nous pouvons aller le voir pour lui parler. Et c'est pareil pour lui. Il n'hésite pas à nous parler de ses soucis. Pour chaque décision importante, il vient nous demander ce qu'on en pense. La communication est vraiment primordiale et David l'a bien compris.
Justement, David Blatt a déjà avoué son envie de découvrir la NBA un jour. Peut-être que vous pourriez l'aider ?
A.K. : C'est sûr ! J'aimerais l'avoir tout le temps à la tête de mes équipes. Je le prends quand il veut comme entraîneur en NBA.
Comment pensez-vous que Jerry Sloan, votre entraîneur à Utah, va réagir à ça ?
A.K.: No comments (rires)...
Pour revenir sur un cas plus général, quelle est la différence entre le fait de jouer pour une franchise NBA et d'évoluer pour votre pays ?
A.K. : Ca n'a rien à voir. Quand vous jouez pour un pays, c'est complètement différent. Vous jouez avec votre coeur. Quand vous revenez en sélection, vous retrouvez tous vos amis. L'équipe est une grande famille très unie. C'est une expérience exceptionnelle. On ne peut vraiment pas comparer.
Selon vous, y a-t-il une nette différence entre le basket européen et celui pratiqué en NBA ?
A.K. : Si vous regardez l'équipe d'Espagne, ils ont trois ou quatre joueurs NBA (NDLR : 5 en fait à partir de novembre prochain Gasol, Navarro, Calderon, Rodriguez, Garjosa) et ils ont remporté le Mondial l'année passée. C'est tout simplement la meilleure équipe du monde. Je pense que le niveau dans ce genre de compétition internationale est très proche de celui pratiqué en NBA pendant les playoffs. L'intensité est la même. Prenez l'équipe de Lituanie, ils ont des joueurs capables de joueur en NBA à tous les postes. Le basket international s'améliore de jour en jour. Il y a de plus en plus d'étrangers en NBA qui ne sont plus que de simples remplaçants mais des joueurs qui font le jeu. Dirk est le MVP de la dernière saison, Tony Parker celui des finales, ce sont des joueurs Européens. Désormais, les équipes européennes sont menées par ces joueurs et le niveau suit.
Est-ce que ce titre de MVP est une petite revanche après votre saison un peu manquée avec les Jazz ?
A.K. : Pour le moment, je ne veux pas y penser. Donnez moi trois ou quatre jours pour réaliser, célébrer ce titre grandiose après on pourra en parler.
Propos recueillis par notre envoyé spécial à Madrid, Glenn C