Eurosport - sam, 19 janv 20:57:00 2008
Le Français Jean-Baptiste Grange, nouvelle terreur du slalom, a rendez-vous dimanche à Kitzbühel (10h) et mardi à Schladming. Deux des pistes les plus prestigieuses de la Coupe du monde ne font pourtant pas peur au dossard rouge de la discipline.
JEAN-BAPTISTE GRANGE, après votre double succès à Wengen le week-end dernier, qu'attendez-vous de cette étape en Autriche ?
J-B.G. : "L'Autriche, c'est le pays du ski, j'arrive ici avec le dossard rouge de leader de la Coupe du monde de slalom. Il y a deux rendez-vous importants en trois jours, Kitzbühel et Schladming. A choisir entre les deux, j'aimerais bien gagner Kitzbühel ET Schladming (rires). Kitzbühel, c'est l'histoire du ski, le vainqueur a son nom sur la télécabine (du Hahnenkamm qui dessert les pistes, ndlr).
Et Schladming ?
J-B.G. : Schladming, c'est un slalom en nocturne, une grande fête avec beaucoup d'ambiance. La saison dernière, c'est lors de ces deux rendez-vous que s'est produit le déclic qui m'a sans doute mené jusqu'à la médaille des Mondiaux-2007 (bronze en slalom, ndlr). Lors du premier slalom de Kitzbühel, j'étais "sorti". A ce moment-là de la saison, je n'étais vraiment pas bien. Le lendemain, je fais 25e de la 1re manche, puis termine 15e avec une belle 2e manche et puis à Schladming, je fais 8e, une grosse satisfaction".
Comment décririez-vous votre style qui vous vaut les éloges entre autres de l'Américain Bode Miller ?
J-B.G. : "Je vais droit aux piquets. En slalom, moins tu fais de virages, moins tu freines, plus tu tournes court, plus tu vas vite. Ce n'est pas quelque chose que j'ai travaillé, mais j'ai beaucoup regardé d'autres skieurs comme le Suédois Jens Byggmark et l'Américain Ted Ligety, cela a enrichi mon style qui reste celui d'un skieur instinctif. Mon autre atout, c'est, je crois, mon mental. J'aime gagner, quel que soit le sport que je pratique. Je reste calme même lorsque je suis en tête après la 1re manche (comme à Wengen). Je suis peut-être même plus fort quand je pars 1er qu'en étant 10e de la 1re manche".
Etes-vous conscient des attentes que vous suscitez désormais en France ?
J-B.G. : "Cela fait bizarre, je dois encore apprendre à gérer les sollicitations, mais c'est une bonne expérience dans la perspective des Mondiaux-2009 de Val-D'isère. Je suis assez timide, mais je me rends compte que j'ai d'autres obligations et qu'il y a un gros engouement autour de moi. Le regard des autres skieurs aussi a changé, ils me disent bonjour, ils viennent me parler, mais comme je suis limité en anglais, cela réduit les conversations (rires). C'est dommage, l'anglais, c'est quelque chose que je veux vraiment travailler au printemps."
AFP / Eurosport