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LIGUE 1 - Huitièmes de finale aller - LYON POUR VAINCRE SES DÉMONS

mar 19 fév, 23h02


Quelque part, les Lyonnais se trouvaient en position privilégiée, samedi en fin d'après-midi, pendant leur match galère contre Le Mans (0-1). Au moins était-il impossible pour eux de zapper en temps réel entre leur propre spectacle en L1 et la démonstration de Manchester United contre Arsenal en quart de finale de la Cup (4-0). Rythme, vitesse, précision technique, cohésion collective : tout les séparait, il y a cinq jours, du champion d'Angleterre qui leur rend visite ce soir à Gerland en huitième de finale aller de la Ligue des champions. Ce n'était pas le même sport. Il a fallu laisser refroidir ces impressions quelques heures pour ne pas déduire que le duel était perdu d'avance. Evidemment il ne l'est pas : la Ligue des champions accouche chaque saison de surprises de cette envergure, avant de distribuer les derniers dividendes aux puissants. Mais Lyon, en cinq huitièmes de finale consécutifs, n'est jamais parti de si loin. Le tirage au sort y est pour quelque chose. Mais l'impression visuelle, davantage encore. L'élimination tranchante contre l'AS Roma (0-0, 0-2), l'an passé, a laissé un souvenir tenace d'impuissance au plus haut niveau international que seul un exploit contre MU pourrait balayer. L'exploit, d'ailleurs, ne sera pas seulement de battre Manchester ce soir. Ce serait de l'éliminer en deux manches. Eviter, en somme, le sort qu'avait subi cette si belle AS Roma l'an passé en quart. Brillante à l'aller (2-1). Hachée au retour (1-7).

Le souci de l'OL, c'est que son rapport de force avec l'équipe d'Alex Ferguson ne s'est pas inversé depuis le tirage au sort de décembre. Déjà, il n'avait pas le costume de favori. Il lui va encore moins aujourd'hui. Le métier européen dont avait su faire preuve le champion de France à Stuttgart (2-0) ou chez les Glasgow Rangers (3-0) est fragilisé par six semaines de tangage, sur le terrain comme en coulisses. Les ressorts qui manquent désormais à l'équipe d'Alain Perrin pour défier un grand nom sont ceux qui font et défont les destins européens quand le printemps approche : capacité collective à récupérer le ballon, réalisme défensif, réussite offensive. Lyon ne manque pas de talents, mais Benzema, Govou et Ben Arfa, si brillants cet automne, cherchent un second souffle à l'heure où l'équipe a tendance à envoyer le ballon sur eux comme si rien n'avait changé. L'appel de Cris pour sa titularisation a eu le mérite de jeter une lumière crue sur le manque de leader opérationnel dont souffre l'OL.

Manchester United avait torturé Lille, il y a exactement un an (1-0, 1-0), sans offrir son meilleur visage. Une partie de la réussite de l'OL est conditionnée par la capacité qu'auront, ou pas, les Anglais, à exprimer la totalité de leur potentiel. Bien outillés à tous les postes, plus frais qu'il y a un an, monstrueux devant et intelligents au milieu, les hommes d'Alex Ferguson semblent portés par un vent plus favorable que jamais. L'anniversaire de la catastrophe de 1958* les avait bouleversés en Championnat contre Manchester City (1-2), il y a dix jours. Mais il leur confie, sur la durée, alors que le mythique triplé de 1999 aura bientôt dix ans, une mission d'ordre supérieur qui consisterait à gagner la C1 en cette année si spéciale. Lyon puise son souffle et ses certitudes moins loin. Mais alors que le club de Jean-Michel Aulas n'a jamais battu un grand d'Europe dans un match à élimination directe, la tranquille certitude des champions de France doit inspirer un profond respect. Ils sont convaincus d'un « 50-50 ». Ils n'ont pas renoncé au rêve européen.

* Le 6 février 1958, l'équipe de Manchester United de Matt Busby avait été décimée dans un accident d'avion à Munich : 23 morts dans l'avion, dont 8 joueurs de l'équipe.