Eurosport - mer, 19 mars 17:15:00 2008
Yvon Pouliquen, entraîneur de Metz, a déjà remporté la Coupe de France à deux reprises notamment avec Lorient...qu'il retrouve en 8e. Le technicien espère que la Coupe permettra aux Lorrains, condamnés, de rebondir et récompensera leur retour en forme. Et revient sur les problèmes d'arbitrage en L1.
YVON POULIQUEN, pourquoi avoir accepté d'entraîner Metz alors que la situation apparaissait désespérée ?
Y.P : La mission n'était pas de sauver le club sinon je ne serai pas venu car cet objectif semblait totalement impossible. Je m'étais juré de ne pas revenir dans un club en difficulté en cours de saison mais l'appel du terrain, la présence de Carlo Molinari m'ont pourtant convaincu de replonger.
Quel était l'objectif alors ?
Y.P : Redorer le blason et montrer que cette équipe valait mieux que les 7 points affichés au compteur au terme des matchs aller. L'objectif est en partie atteint aujourd'hui puisque le FC Metz rivalise enfin avec les équipes de Ligue 1. On commence à obtenir des résultats, on joue de mieux en mieux. Même si l'équilibre reste fragile.
Quels ont été vos mots pour relancer cette équipe à la dérive ?
Y.P : J'ai d'abord coupé le groupe en deux. J'avais plus de 40 joueurs dans le vestiaire donc je n'avais pas le choix. Et puis j'ai fixé des objectifs à très court terme. Ensemble, nous avons voulu montrer que chacun des joueurs de cette équipe a la valeur de la L1. Ma tâche a été facilitée par le fait qu'aucun club n'est venu chercher de joueurs ici durant le mercato. Or si il y avait bien un club où on pouvait venir chercher des joueurs c'est au FC Metz, compte tenu de la situation de l'équipe. J'ai joué sur la fierté de chacun. Metz était promis à battre tous les records de médiocrité cette saison. Aujourd'hui je peux affirmer que Metz ne rentrera pas dans l'histoire de la Ligue 1 à ce niveau-là.
Le maintien reste malgré tout bien utopique...
Y.P : Tout à fait, il nous sera impossible de nous maintenir. L'équipe n'a gagné qu'un seul match sur ses 19 premières rencontres. Il paraît impossible d'en gagner 12 lors de la phase retour.
Pour revenir au match de samedi dernier face à Nice (défaite 1-2), vous avez eu des propos très durs envers l'arbitrage. Est-ce qu'avec du recul vous les regrettez ?
Y.P : Non, je maintiens ce que j'ai dit. Aujourd'hui, aucun arbitre français n'officiera à l'Euro : ce n'est pas un hasard. Il y a une remise en cause à faire. Je peux vous dire que sur une saison, les erreurs ne s'équilibrent pas. Des équipes sont plus avantagées que d'autres et celles qui figurent dans le bas du classement subissent ces erreurs davantage que les autres. Je suis déçu par l'arbitrage français. Pas seulement par les erreurs mais aussi par le comportement des hommes en noir. Il n'y a aucun respect.
Est-ce le rôle d'un entraîneur de critiquer aussi durement l'arbitrage ?
Y.P : C'est votre avis. Quand vous travaillez toute la semaine et que l'objectif est de faire gagner votre équipe et que vous êtes défaits à cause d'erreurs flagrantes d'arbitrage... Mettez-vous à notre place. Aujourd'hui ce ne sont pas les mêmes rapports que lorsque j'étais joueur, il y avait beaucoup plus de convivialité à l'époque. On ne sent pas qu'on évolue dans la même corporation or c'est le cas. Du coup, les joueurs ne respectent pas les arbitres.
Pour en venir à la Coupe de France, vous vous en êtes fait le spécialiste. Vous la gagnez avec Lorient et Strasbourg, deux clubs qui descendent la même année en L2. Cette année, Metz semble condamner, peut-on imaginer le même scénario ?
Y.P : Pourquoi pas ? En tout cas, je peux vous dire que je n'ai aucune recette. La Coupe de France appartient aux joueurs. C'est une compétition vraiment spéciale. Si les joueurs ont envie de connaître aventure sportive et humaine, c'est à eux de faire le maximum.
Est-ce qu'un club qui n'a plus rien à gagner en championnat ne met pas plus d'envie dans ses matchs de coupe ?
Y.P : Non. Mes joueurs ne choisissent pas leurs matchs. Je lis ici ou là que le Metz joue bien car nous n'avons plus rien à perdre. C'est faux. On ne choisit pas. Et puis on a gagné face à Vesoul et à Strasbourg. Ce n'est tout de même pas un exploit, Metz n'a pas le niveau CFA 2. Il ne faut pas exagérer.
Vous retrouvez Lorient en 8e de finale. Ce match aura une saveur particulière ?
Y.P : Non. Lorient est une bonne équipe de Ligue 1 qui s'est sauvée grâce à son jeu. Bravo à eux, car par le jeu, elle est parvenue à battre des grosses écuries comme Lyon. Donc je m'en méfie.
Propos recueillis par Martin MOSNIER / Eurosport