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Championnats de France de natation: les nouvelles combinaisons, en avoir ou pas

sam 19 avr, 18h48


DUNKERQUE (AFP) - Autorisées lors des Championnats de France sélectifs pour Pékin, qui débutent dimanche à Dunkerque, les nouvelles combinaisons "miracles" n'ont pas fini d'alimenter la polémique entretenue par ceux qui pleurent de ne pas les avoir.

Amélioration de la performance réelle ou supposée des nouvelles combinaisons, telle n'est plus la question. Après la décision de la Fédération internationale (Fina) le 12 avril de confirmer la validation des maillots Speedo LZR Racer et Tyr Tracer Light, ce qui compte c'est d'avoir le meilleur équipement possible.

Et ce n'est pas une mince affaire car les modèles coûtent cher - environ 430 euros pour Speedo - ne peuvent être utilisés qu'à quelques reprises et sont encore peu disponibles.

Cette difficulté à se procurer les combinaisons avait d'ailleurs amené les fédérations canadienne et italienne à en interdire le port lors de leurs sélections olympiques par souci d'équité.

En France, le directeur technique national Claude Fauquet n'a pas pris une telle décision.

"Je ne vois pas comment c'est possible d'interdire à un athlète de porter un matériel qui est validé par la Fina, a justifié Fauquet. N'importe quel athlète qui ne pourrait pas porter cette combinaison et ne se qualifierait pas aux Jeux va devant n'importe quelle instance et gagne son procès, c'est évident. Je n'ai pas envie de créer les conditions d'une zizanie juridico-politique après les sélections."

Consciente de l'impact psychologique que peuvent provoquer ces combinaisons révolutionnaires, la Fédération a annoncé que son équipementier officiel, Tyr, mettrait à disposition des nageurs qui le souhaitent un matériel performant.

Cela ne pourra se faire qu'après les Championnats de France...

En attendant à Dunkerque, certains nageurs sous contrat avec Speedo n'ont pas de soucis à se faire.

Pour les autres qui n'ont pas la chance d'Alain Bernard ou d'Hugues Duboscq, c'est le système de la débrouille qui s'est enclenché pour essayer de récupérer les nouveaux modèles auprès de nageurs qui l'ont déjà.

Enfin pour ceux qui sont sous contrat avec Arena, c'est l'inquiétude qui a prédominé. Le dernier modèle Arena, la R-Evolution, n'a pas convaincu les nageurs alors qu'elle n'a accompagné qu'un seul des 19 records du monde en grand bassin battus depuis la mi-février. Les dix-huit autres ont été réalisés par des nageurs équipés en Speedo.

Développé sur un principe d'ultra-légèreté, la R-Evolution est à des années lumières de la LZR Racer, qui favorise apparemment la flottabilité, ce qui est interdit par le règlement de la Fina.

Arena, qui avait demandé une étude scientifique sur les nouvelles combinaisons pour s'assurer de sa validité, n'a pas obtenu gain de cause. Et sa proposition de moratoire, qu'il souhaitait voir appliquer dès Dunkerque, a reçu également une fin de non-recevoir.

Mis devant le fait accompli, Arena a été condamné à s'aligner sur le modèle de ses concurrents et a annoncé la semaine dernière qu'il était en possession de nouveaux prototypes, dans la lignée de la LZR Racer.

Une annonce qui a calmé Laure Manaudou, sous contrat avec Arena, et qui n'était pas du tout satisfaite de la R-Evolution. La championne olympique a accepté malgré tout de nager à Dunkerque avec le maillot Arena.

"Je pense que je prends un risque par rapport aux autres nageuses, a estimé la triple championne du monde dans un entretien accordé le 17 avril au quotidien sportif L'Equipe. Si j'étais seule, je m'en moquerais, mais là, contre des nageuses en Speedo, c'est prendre un risque. Mais j'assume, j'ai signé".