Les garçons, tenants du titre, battus en fleuret et les filles, désormais double-championnes du monde à l'épée. Ces deux catégories ne sont pas au programme des Jeux mais les deux journées de compétition dans la salle qui accueillera l'escrime à Pékin ont donné quelques indications sur la forme des Français. Et c'est plutôt encourageant.
Le jour où des manifestations anti-françaises se déroulent dans la province du Wuhan, où les autorités bouclent par sécurité le quartier de l'ambassade française à Pékin, l'équipe de France d'épée affronte la Chine en finale des Championnats du monde. Dans l'imposant National Convention Center, à deux pas du célèbre "Cube d'eau", les 5000 spectateurs sont motivés, l'ambiance chauvine mais respectueuse dixit Laura Flessel. La Guêpe sait ce qui l'attend dans trois mois.
Venue "prendre des repères" pour la compétition olympique en individuel, elle avait surtout un titre collectif à défendre avec Maureen Nisima, Hajnalka Kiraly-Picot et Sarah Daninthe. Mission accomplie dans la douleur. Hongkong vite expédié 43-26, il faut un exploit pour éliminer ensuite la Russie avec 3 touches à rattraper en moins de 40 secondes. A 36 ans, Flessel a de l'expérience mais aussi du panache : elle gagne après la mort subite. En demi-finale contre la Pologne, alors que la France mène 22-18 dans l'avant-dernier relais, elle ne fait qu'attendre pendant 3 minutes. Résultat : Nisima a toujours 4 touches d'avance quand elle entre en piste pour le dernier relais. Victoire: 35-32.
Si Flessel est aussi maligne et fraîche physiquement en août prochain, sa médaille des championnats du monde ne sera pas la seule de 2008. Pour Nisima non plus, à condition de se qualifier pour les Jeux. En finale, elle a montré un sacré sang froid pour battre dans le dernier relais Li Na, une habituée des finish portée par son public. " On a fait un match tactique, de cerveau. C'était à la première qui craque " résume l'épéiste. Avec sa victoire 32-30, la France conserve son titre mais marque aussi de précieux points psychologiques.
Les fleurettistes tombent de haut
La veille, Brice Guyart et ses camarades sont tombés de haut. Triple champions du monde en titre, ils ont perdu leur premier match contre la Pologne. La faute à un début totalement raté, à l'image d'Erwann Le Pechoux. " Il faut qu'il prenne conscience plus tôt de ses possibilités car en individuel aux Jeux, il n'aura que 15 touches ", insiste son entraîneur Stéphane Marcelin.
Difficile de se motiver pour des matches de classement quand on a autant dominé sa discipline. Guyart en a tout de même profité pour tester ses adversaires potentiels dans trois mois. " S'il se fait violence, on sait de quoi il est capable " commente Marcelin. Comme écraser son adversaire 11 touches à 2 lors de la rencontre face à la Chine. Pour Guyart, " c'était important de mettre des choses en place, de travailler et de ne pas me laisser abattre par la défaite contre la Pologne ".
Dernier enseignement des deux jours de compétition : l'équipe de France a donné l'image d'un groupe soudé. Et même en individuel, c'est ce qui pourra faire la différence aux Jeux.
Loïc Pialat et Julien Geneste, à Pékin

