Eurosport - sam, 19 avr 13:45:00 2008
Lors des Championnats de France de Dunkerque (20 au 27 avril) qualificatifs pour Pékin, Laure Manaudou sera engagée sur six épreuves. Dans le Nord, la Française souhaite frapper un grand coup notamment sur le 400m, épreuve dont elle ne détient plus le record du monde depuis le 24 mars dernier.
Le deuil est fait. Le 24 mars dernier, Laure Manaudou a assisté, devant la télé, à la perte de son record du monde du 400m nage libre (4'02"13). Dans la piscine d'Eindhoven, lors des Championnats d'Europe, Federica Pellegrini a mis fin à l'hégémonie sur la distance de la Française qui avait décidé de faire l'impasse. La nageuse italienne a raboté de six dixièmes l'ancien record de la nageuse tricolore en le fixant en 4'01"53 au terme des huit longueurs de bassin. Dans les colonnes de L'Equipe ce jeudi, la Française est revenue sur la performance de sa rivale transalpine aux Pays-Bas : "J'aurais bien aimé y participer. Je ne pense que ça ne se serait pas passé de la même manière. 4'01" ? C'est un super temps. Mon objectif, maintenant, c'est de faire encore mieux." Dès lundi en finale lors du deuxième jour des Championnats de France ? L'élève de Lionel Horter ne s'est pas fixée de date pour reprendre le bien qui lui appartenait depuis 2004.
A Dunkerque, dès ce week-end, il lui faudra envoyer un message clair à ses futures adversaires pékinoises. Histoire de leur montrer que le costume de patronne de la natation mondiale lui sied encore à merveille. Mais à quatre mois de l'Olympiade chinoise, un constat s'impose : sa domination est contestée. Depuis le début de la saison, elles sont désormais nombreuses à afficher de réelles ambitions d'or olympique sur la distance qui a fait la gloire de la Française. Les Américaines Kate Ziegler et Katie Hoff et donc l'Italienne Federica Pellegrini ont prouvé qu'elles pouvaient contrarier la championne olympique en titre du 400m nage libre.
Sa compatriote Coralie Balmy (4'04"15), vice-championne d'Europe de la spécialité, a également un rôle à jouer et devrait lui donner quelques repères dès ce week-end. Dans les épreuves de dos, Manaudou tentera de se rapprocher encore un peu plus des toutes meilleures : l'Américaine Natalie Coughlin (recordwoman du monde du 100m dos), la Russe Anastasieva Zueva (qui vient de chiper par deux fois le record d'Europe du 100m dos à la Française) et la Zimbabwéenne Kirsty Coventry (détentrice de la meilleure marque planétaire sur le 200m dos).
Engagée sur six épreuves
"Dunkerque, c'est le premier grand rendez-vous de ma saison. Le second sera à Pékin, mais je dois d'abord me qualifier" , ne cesse de répéter l'ancienne protégée de Philippe Lucas. A deux jours du début des Championnats de France, la pensionnaire de Mulhouse a conscience que l'échéance est importante. Cruciale et obligatoire pour poursuivre sereinement sa route jusqu'aux JO de Pékin. Dans le Nord, la Française est engagée sur six épreuves : le 100m, le 200m, le 400m, le 800m, le 100m dos et le 200m dos.
Cette dernière course retient d'ailleurs l'attention actuelle de la coqueluche de la natation tricolore : "J'ai appris à l'aimer. J'ai fait la finale des Championnats d'Europe à Eindhoven avec une certaine facilité. Je suis donc pressée d'en renager" , a-t-elle expliqué à L'Equipe. Aux Pays-Bas, Manaudou s'était imposée en finale de la distance en 2'07"99 et nul doute qu'elle voudra encore faire mieux à Dunkerque.
Seule ombre au tableau du programme de la Française : les finales du 200m dos et du 800m ont lieu le même jour à Dunkerque (le samedi 26 avril). Si, dans le Nord, nager les deux épreuves ne devrait pas poser trop de problèmes, Manaudou devra forcément choisir entre les deux au moment d'établir son agenda olympique : "Je ne suis pas encore certaine de les faire toutes (à Dunkerque)". La championne olympique a finalement choisi de ne pas revêtir la combinaison Speedo LZR aux dix huit records du monde. Fidèle à son équipementier Arena, dont la nouvelle combinaison n'a pas encore été homologuée par la FINA, elle tentera, après des championnats d'Europe encourageants, de définitivement se rassurer. Pour prouver que la reine Manaudou est de retour.
François-Xavier RALLET / Eurosport