Les sprinteurs ont enfin trouvé la recette pour battre Mark Cavendish dans une arrivée massive : il faut l'empêcher d'être là. Sûrement inquiets de voir le Britannique s'imposer dans toutes les configurations de sprint, ses rivaux ont pu se réjouir en regardant le profil de l'arrivée : le col de l'Orme (4e catégorie), à moins de dix kilomètres de l'arrivée, a filtré le peloton des moins bons grimpeurs (Cavendish, Steegmans, Casper) et de beaucoup d'équipiers. Une côte a priori anodine qui a offert une configuration inédite de sprint : deuxième à Châtearoux, quatrième à Châteauroux, Oscar Freire s'est enfin offert une victoire pour rendre plus légitime son Maillot Vert. Malgré une belle accélération de Romain Feillu aux 500 mètres, le sprinteur de Rabobank devance sur la ligne le surprenant Colombien Leonardo Duque (Cofidis) et l'inusable Allemand Erik Zabel (Milram).
Une échappée surpeuplée
Juste récompense pour le triple champion du monde de 31 ans : il est celui qui a fait aimer les classiques flandriennes aux Espagnols en s'imposant à Gand-Wevelgem cette année, s'ajoutant à deux victoires à Milan-San Remo dans son palmarès. Grand homme des courses d'un jour, sa régularité sur la Grande Boucle devrait être récompensée par le Maillot Vert sur les Champs-Elysées : au classement par points, il creuse l'écart sur Thor Hushovd (10e du jour). L'échappée du jour avait pourtant annoncée gagnante à tous les coups après deux sprints massifs, étiquetée « the place to be ». Bison Futé annonçait une journée rouge sur les routes du Sud pour le départ des vacances : il n'y a pas eu ralentissement samedi sur les routes provençales pour le peloton, avec 52,5 km parcourus dans la première heure de course dès la sortie de Nîmes.
Casar et Bonnet ont persisté
Un lieu d'ailleurs surfréquenté : 21 coureurs se pressaient dans le premier groupe présent à l'avant, avec notamment Stijn Devolder (Quick Step), Stuart O'Grady (CSC) et cinq Français : David Lelay (Agritubel), Sandy Casar , Sébastien Chavanel (Française des Jeux), Christophe Ribon (AG2R) et William Bonnet (Crédit Agricole). Pas vraiment du goût du peloton où Cofidis, étrangement absente des premières attaques, et Silence-Lotto réagissaient immédiatement : « Nous ne pouvions pas laisser partir un groupe de 21 coureurs, qui pourrait gagner beaucoup de temps , explique Hendrik Redant, le directeur sportif de Cadel Evans. C'est beaucoup mieux d'avoir quatre coureurs en tête. C'est plus facile à contrôler. »
Les quatre coureurs en question (Casar, Bonnet, Gutierrez, Tamkin), partis en contre-attaque au km 50, n'ont jamais creusé l'écart sur les trains Milram et Liquigas (9'50'' d'avance maximale). Ecrasé par la chaleur (42 degrés sur la chaussée dès le départ), les fuyards ont vu leur avance fondre dans la dernière heure de course, malgré l'attaque pour l'honneur de Jose Ivan Gutierrez. Abordée « à la planche », la dernière côte était avalée à un rythme énorme dans le sillage des Liquigas et l'accélération de Sylvain Chavanel dans la descente n'y changeait rien. Imperceptiblement, Cadel Evans a fait son apparition en tête de la course, comme pour dégripper ses jambes avant d'aborder les Alpes. Le Maillot Jaune ne semble d'ailleurs pas effrayé par le Prato Nevoso, qui conclura la 15e étape : «Ce n'est pas l'ascension la plus terrifiante. C'est une montée assez rapide, on peut espérer une arrivée avec un petit groupe. »



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