Médusé par la mauvaise passe actuelle du Téfécé, Fodé Mansaré regrette que l’effectif toulousain ne permette pas davantage de rotation. Même si lui ne se sent pas spécialement fatigué...
Fodé Mansaré, tout n’est pas rose pour le Téfécé depuis début octobre ?
C’est clair que c’est difficile en ce moment. En plus, ça n’a pas été une période simple car il y avait des matchs tous les trois jours. Entre le championnat et la Coupe d’Europe, ce n’était pas évident. Mais bon, je pense que ça va passer. Nous traversons une période difficile, mais il faut gérer comme ça et faire avec car nous n’avons pas deux équipes à disposition comme peuvent l’avoir Paris, Lyon et Marseille. Nous, nous n’avons qu’une seule équipe donc nous allons faire ce que nous pouvons. Et à un moment donné, ça tournera forcément.
Vos difficultés actuelles résultent-elles uniquement d’un problème d’effectif ?
L’effectif, nous l’avons à la base. Maintenant, quand nous sommes un peu fatigués, il faut changer les hommes. Or, à Toulouse, ce sont toujours les mêmes qui jouent. Le coach est content de nous, c’est bien. Mais à un moment donné, avec la Coupe d’Europe, ce n’est pas facile pour nous. Si ça ne tourne pas comme nous le voulons en ce moment, le moment est difficile pour tout le monde. Nous nous disons que ça passera avec le temps. Nous nous entraînons dans ce but, et la machine va bientôt repartir. Il nous suffit de gagner un match pour retrouver la situation du début de saison. Peut-être que cette victoire, nous l’obtiendrons à Monaco le week-end prochain. En tout cas, nous attendons ce jour avec impatience.
En match, avez-vous également ressenti cette baisse de forme générale ?
Oui, car c’était très difficile. Mais nous n’avons pas d’autre choix : il vaut mieux tout jouer que ne pas jouer du tout. Le coach compte sur nous, il a besoin de nous. Donc, même si nous sommes fatigués, nous lui montrons que nous essayons de nous donner à fond. A un moment donné, peut-être que ça paiera. En attendant que ça paie, nous allons continuer comme ça.
Comment se traduit précisément cette baisse de forme sur le terrain ?
C’est surtout devant que ça se sent. Car même si c’est un moment difficile, nous arrivons à nous donner tous ensemble du courage, mais si nous n’arrivons pas à marquer, à l’arrivée c’est dommage. Surtout quand nous prenons des buts derrière. C’est déjà assez difficile comme ça en ce moment, alors quand en plus nous prenons des buts…
« Nous ne sommes peut-être pas taillés pour l’Europe »
Travaillez-vous beaucoup dans ce sens ?
Oui, nous travaillons beaucoup à l’entraînement. Si nous n’arrivons pas à marquer, mais qu’au moins nous tenons derrière sans prendre de buts, ça sera déjà pas mal. Le coach tient beaucoup à ce que nous soyons au moins solides derrière. En plus de tout, nous n’avons pas de chance. Nous jouons bien, cela a notamment été le cas en Coupe d’Europe, mais au final, nous prenons beaucoup de buts. C’est difficile à expliquer. Moi-même, je n’arrive pas à comprendre.
Comment accueillez-vous les nombreuses critiques autour de votre jeu depuis plusieurs matchs ?
En début de saison, nous étions bien en place et ça se passait bien. Mais depuis que la Coupe de l’UEFA s’est ajoutée à notre calendrier, c’est devenu plus compliqué. Que voulez-vous y faire ? C’est le football. Parfois vous jouez bien et vous perdez ou alors vous jouez mal et vous gagnez quand même. Actuellement nous ne pouvons pas dire que nous ne produisons pas du bon jeu. Nous jouons bien, de la manière dont nous le demande le coach. Nous montrons de belles choses, mais nous perdons. Mais il n’y a pas que la fatigue, c’est peut-être aussi dans la tête que ça se passe. En Coupe de l’UEFA la dernière fois, Johan (Elmander) marque, moi aussi, et ensuite nous prenons trois buts. A un moment donné, il va falloir que nous, les joueurs, nous nous prenions la main. Il n’y a que comme ça que ça marchera.
Mais comment expliquez-vous que vous vous soyez battus toute la saison dernière pour disputer cette Coupe d’Europe et qu’aujourd’hui elle vous pose plus de problèmes qu’autre chose ?
Ça veut peut-être dire que pour le moment nous n’avons pas les épaules pour faire la Coupe d’Europe. Tout faire pour finir dans les trois premiers et la saison d’après se faire sortir d’entrée de la Coupe d’Europe, ce n’est pas intéressant. Il faut essayer d’aller jusqu’au bout, par respect pour le championnat de France. Après, si nous n’y arrivons pas, je ne vois pas trop ce qu’on fait là.
Sur le plan personnel, on a vu lors de votre match avec la Guinée face au PSG que vous ne souffriez visiblement pas trop des efforts consentis avec Toulouse…
Je gère, on va dire. Car il faut que je défende, que j’aide les milieux, que je sois devant. Mais c’est mon jeu, j’aime ça, et quand je suis sur le terrain, je m’éclate. Donc ça ne me pose pas de problèmes. C’est comme ça que je prends du plaisir : quand je provoque, que je défends et que je vient compenser au milieu. Quand ai-je prévu de me reposer ? Je ne sais pas, quand je serai vieux (éclats de rires).
Aurélien CANOT

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