Eurosport - mer, 19 déc 09:24:00 2007
Cinquième de Premier League après dix-sept journées et battu dimanche par Manchester United (0-1), Liverpool voit déjà le titre national s'envoler. Encore une fois, les Reds suivent la course de l'arrière et se montrent impuissants face aux autres cadors du championnat.
Les sept derniers jours ont offert un raccourci saisissant de ce que sont les Reds depuis bien des années. Maître de son destin et menace permanente sur le front européen, Liverpool n'est qu'un faire-valoir de luxe en Angleterre. Qualifiés pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions après un premier tour difficile mais bouclé à toute vitesse, le club de la Mersey est retombé sur terre dimanche, bousculé par une équipe de Manchester United toujours aussi efficace (0-1) et qui n'a plus perdu à Anfield depuis six ans. Résultat : le rêve d'un dix-neuvième titre de champion d'Angleterre, le premier depuis 1990, s'envole déjà.
Après dix-sept journées, Liverpool compte dix longueurs de retard sur Arsenal, leader de Premier League, neuf sur Manchester United, dauphin des Gunners et quatre sur Chelsea. Cerise sur le gâteau, les Reds - qui comptent tout de même un match de retard - sont devancés par Manchester City. Dur à avaler après les efforts financiers consentis cet été pour recruter à tour de bras et monter une équipe capable de mettre aux pas Gunners, Red Devils et autres Blues. Il faut se rendre à l'évidence, les Reds ne sont pas au niveau des meilleurs, notamment d'Arsenal et Manchester United.
Une fuite en avant permanente
Touchés dans leur orgueil, les Liverpuldiens ne sont pas coulés pour autant et veulent continuer à y croire. A l'image de Sami Hyypia. "Ce n'est pas la fin du monde, relativise le défenseur finlandais. Il est vrai que perdre un match contre un concurrent direct est toujours décevant. Mais le titre ne s'est pas joué dimanche et ce n'est donc pas fini." La méthode Coué est aussi celle privilégiée par Rafael Benitez : "Il est trop tôt pour faire une croix sur le titre. Il est clair que cela sera plus difficile mais si l'on réussit une série..." L'Espagnol n'a pas tort. Une série de victoires relancerait ses boys. Problème, ces derniers ont une fâcheuse tendance à coincer lorsqu'il s'agit d'affronter les gros. Cette saison, Liverpool n'a gagné contre aucun prétendant au titre. Arsenal, Chelsea et Manchester United sont tous les trois venus prendre un ou plusieurs points à Anfield. Lors de la phase retour, il faudra être très fort pour récupérer les unités perdues du côté de l'Emirates, Old Trafford ou Stamford Bridge.
Reçu dimanche à l'issue du match perdu face à MU, Rafael Benitez s'est expliqué avec les propriétaires du club, Tom Hicks et George Gillett, qui l'ont confirmé dans ses fonctions. Et ne comptent pas le pousser vers la sortie de sitôt. "Rafa est celui que l'on veut pour diriger l'équipe. Nous avons foi en lui", a tenu à souligner George Gillett. Avant d'ajouter avec le sourire : "J'ai été marié plus de quarante ans et je sais comment résoudre un problème." Quels sont les solutions pour Liverpool ? "Le marché des transferts s'ouvre bientôt et on pourrait être actifs. Ou non..." Le flou subsiste.
Rappelé à l'ordre il y a peu pour avoir critiqué sa hiérarchie, Rafael Benitez verrait d'un bon oeil une ou deux arrivées, notamment celle d'un défenseur central (Kaladze ?). Problème, Liverpool a dépensé énormément cet été sans que le club n'en reçoive aujourd'hui les dividendes. Aussi, le manager espagnol à une fâcheuse habitude : celle de ne trouver des solutions aux manquements de son équipe que dans les mouvements de joueurs. La fuite en avant doit cesser et Rafael Benitez trouver des remèdes avec les hommes en place. L'effectif des Reds est pléthorique et, a priori, d'une qualité suffisante pour jouer les premiers rôles. Le contraire signifierait que Benitez a tout faux depuis le début. Et dans ce cas...
Maxime DUPUIS / Eurosport