Euroligue - Diot: "J'étais un peu crispé"

Eurosport - jeu, 20 déc 20:13:00 2007

Avant de défier l'Aris Salonique ce soir en Euroligue, Antoine Diot revient sur son début de saison avec Le Mans. Grand espoir du basket français, le jeune meneur sarthois, qui a brillé samedi face à Clermont, explique son passage de l'INSEP à la Pro A cet été et estime s'être libéré.

BASKETBALL 2007-2008 EuroLeague Le Mans Antoine Diot - 0

ANTOINE DIOT, après six victoires de suite en championnat, Le Mans a chuté face à Clermont samedi contre toute attente. Comment expliquez-vous ce revers ?

A.D. : Sans nous chercher des excuses, la fatigue y est pour beaucoup. L'accumulation des matches avec l'Euroligue pèse. En plus, chaque formation que l'on rencontre en Pro A se surpasse pour essayer de faire chuter une équipe d'Euroligue. Mais Clermont a fait un très bon match et nous, une prestation correcte mais pas assez suffisante pour s'imposer. C'est le basket. Il faut toujours un gagnant et un perdant et ce n'est pas toujours celui annoncé avant le match.

Heureusement, vous allez vite enchaîner contre l'Aris Salonique. Quelles sont vos ambitions sur le parquet grec ?

A.D. : Comme à chaque match, c'est de gagner. Mais c'est vrai que là, nous n'avons pas eu à tergiverser. On s'est vite reconcentré sur cette rencontre pour oublier cette défaite et vite rebondir.

Vous restez sur huit défaites de rang en Euroligue, comment vivez-vous cette spirale négative au sein du groupe?

A.D. : C'est difficile de perdre chaque semaine. Nous sommes des compétiteurs, c'est très difficile de s'incliner mais bon comme jusque là, on arrivait à se rattraper en Pro A, ça allait.

Justement pour Vincent Collet, l'Euroligue vous permet d'être meilleur en Pro A, le ressentez-vous en tant que joueur ?

A.D. : C'est clair. L'Euroligue et le championnat sont deux niveaux très différents. La dureté n'a rien à voir. Mais surtout collectivement, on apprend beaucoup sur la scène européenne. Toutes les petites erreurs se payent cash en Euroligue et résultat, on reproduit moins ces fautes en championnat.

Au niveau personnel, vous êtes arrivé au Mans cet été, comment s'est passé votre passage de l'INSEP au monde professionnel ?

A.D. : Franchement, je pensais que cela allait être très dur et en fait, tout s'est bien passé. Notre équipe est assez jeune. On s'entend tous très bien et finalement, je n'ai rencontré aucun problème.

Est-ce que certaines personnes dans le groupe vous ont aidé à passer ce cap ? On pense bien entendu à Nicolas Batum mais aussi à Yannick Bokolo ?

A.D. : Yannick était dans la même situation que moi. Il a connu les mêmes difficultés. Il sortait de l'INSEP et rentrait dans un club professionnel. Il m'a bien aidé. Nicolas, que je connaissais par l'équipe de France, a également été important pour mon intégration. Il vient me chercher en voiture comme je n'ai pas le permis. Ils ont clairement facilité mon arrivée.

Pour votre première expérience professionnelle, vous avez la chance de participer à l'Euroligue, le top niveau européen. Est-ce que certains meneurs vous ont déjà marqué ?

A.D. : Oui. Et un en particulier : Hollis Price ! Contre nous, il a vraiment été énorme (ndrl : 25 pts, dont un 5 sur 9 à trois points, 5 pds pour 32 d'évaluation). C'est contre ce genre de meneur que j'aime jouer car ça me montre toutes mes lacunes. Et j'essaye d'apprendre d'eux.

Vincent Collet vous fait clairement confiance et n'hésite pas à vous aligner dans le cinq majeur, sur quels points vous demande-t-il de travailler plus spécifiquement ?

A.D. : J'ai beaucoup bossé le shoot en début d'année. Là, ça commence à venir. Mais après, je fais aussi pas mal d'exercices pour améliorer mon drible. Comme je suis un meneur assez grand (ndrl : 1m92), je dois apprendre à mieux me baisser sur mes actions.

Vous avez brillé lors de vos deux dernières sorties en Euroligue avec cinq passes mais surtout en Pro A contre Clermont (15 pts, 5 pds). Est-ce que cela veut dire que vous vous êtes libéré ?

A.D. : Depuis le début de la saison, j'étais un peu crispé. Là, je commence à me libérer. C'est normal, il faut un temps d'adaptation surtout que la N1 et la Pro A n'ont rien à voir. Depuis quelques matches, j'ai réussi à jouer mon vrai jeu. J'ai créé pour les autres et ça m'a permis de marquer des points. Mentalement, c'est important.

Vous connaissez bien Nicolas Batum, comment expliquez-vous ses dernières performances ?

A.D. : On lui demande depuis le début d'année de jouer de cette manière. Il ne s'était pas encore mis cet état d'esprit dans la tête. Là, il a vraiment changé. Il prend ses responsabilités et ça paye. C'est vraiment très bien pour l'équipe. Ce qu'il fait en Pro A, c'est incroyable. Si je suis son parcours, je serai très content.

On parle de lui pour la NBA la saison prochaine, est-ce que c'est un objectif pour vous ?

A.D. : Oui. Pour beaucoup de jeunes de notre génération, c'est un rêve. Après si je n'y vais pas, ce n'est pas bien grave. Mon but, c'est de gagner ma vie en jouant au basket. Que ce soit en Euroligue, en Pro A ou en NBA, ça m'ira très bien.

Justement, les déclarations Tony Parker dans L'Equipe Magazine le week-end dernier, qui critique le choix des Bleus partis en NBA pour ne pas avoir un gros temps de jeu, vous ont-elles refroidi ?

A.D. : C'est clair que mon objectif, c'est de prendre du plaisir. Il faut donc jouer. Je préfère rester en Euroligue et avoir du temps de jeu plutôt que d'aller en NBA pour faire le banc.

Propos recueillis par Glenn CEILLIER / Eurosport