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XV DE FRANCE / JO MASO :« Tout le monde est à égalité »

mar 21 aou, 18h30


A deux semaines de l’ouverture de la Coupe du Monde, le manageur des Bleus Jo Maso fait le point sur la forme de l’équipe de France. Et assure que rien n’est joué avant le match de dimanche contre Galles.

Jo Maso, contrairement à ce que vous annonciez il y a trois semaines, certains « tauliers » seront finalement présents à Cardiff…

Ce que l’on souhaite, c’est donner un maximum de temps de jeu aux cadres qui n’ont pas tellement joué. Thion est présent, mais je ne pense pas qu’il débutera la rencontre. Betsen, lui, n’a pas joué à Marseille, et c’est quand même bien qu’il le fasse ce week-end. Il y a une vraie logique dans cette sélection. L’objectif est d’envoyer une équipe pour la faire progresser.

Quels ont été les enseignements des matchs remportés contre l’Angleterre ?

Ce qui est intéressant par rapport à l’évolution du groupe et de la tactique, c’est que tous les joueurs s’impliquent. Avant, c’était à nous, le staff, de faire passer des messages. Dorénavant, tout le monde participe à améliorer la stratégie de l’équipe. Ce sont les joueurs qui s’approprient un peu leur destin. C’est vraiment intéressant car ce sont eux qui vont vivre ça de l’intérieur, en tant qu’acteurs.

Le travail que vous effectuez semble payer, notamment sur les touches et les mêlées…

Oui, c’est extrêmement plaisant de voir que ces joueurs-là évoluent vite. A la touche ou à la mêlée, on a réussi à rectifier le tir très vite, car les joueurs étaient vraiment impliqués. Ça prouve qu’il y a une vraie détermination, une vraie implication et  une vraie volonté dans cette équipe de France. C’une grande équipe, qui a confiance en ses moyens.

Les victoires ont-elles augmenté la confiance au sein du groupe ?

Si les victoires sont toujours excellentes pour la confiance. Ce qui nous importe le plus pendant la préparation, c’est la manière avec laquelle on gagne. On a été déficients en conquête sur le premier match mais on a pu retravailler grâce à ça. Quelque part, même si on a eu des déficiences physiques, techniques, le mental était là. Ça c’est un élément très positif.

« Beaucoup de choses d’ici l’Argentine »

Vous avez déjà une idée de la composition du XV de départ pour l’Argentine ?

On n’est pas encore là ! Vous voulez savoir pourquoi on ne sait pas encore quelle équipe sera titulaire contre l’Argentine ? On en a encore discuté hier soir avec Bernard (Laporte), Jacques (Brunel) et Bernard (Vivies), et il peut se passer encore beaucoup de choses d’ici là, en terme de blessures, et de performances. Chaque match apporte son lot d’appréciations et de possibilités. Plus on avance, plus on se rend compte que des joueurs peuvent en concurrencer d’autres. Si on prend l’exemple de Dusautoir, il apporte son agressivité, son envie de crier haut et fort qu’il est présent et c’est intéressant.

Le forfait de Sylvain Marconnet vous pénalise-t-il dans la conquête du titre ?

Sylvain était capable de jouer des deux  côtés. C’était l’assurance. Sur le match de Cardiff, on va voir si Nicolas peut fournir une belle prestation à gauche. Il est excellent à droite et, ayant déjà joué à ce poste, il n’y a pas de raison qu’il ne soit pas aussi à bon à gauche. La seule différence, c’est le nombre de sélections. Sylvain en a 71 alors que Nicolas est néophyte à ce niveau. Mais quand on voit la rentrée de Mas à Marseille, son punch et sa détermination, il y a de l’espoir.

Vous regrettez que Nicolas Mas n’ait pas intégré le groupe dès le départ ?

Nicolas est arrivé sans problème de surpoids, il était déjà hyper affûté. Il s’est entraîné quotidiennement parce qu’il avait toujours un espoir de jouer. Tout le monde était suspendu à la décision de Sylvain. Et lui savait très bien que si Sylvain était forfait, c’est lui qui intégrerait le groupe. Mais effectivement, ça aurait été mieux qu’il vienne dès le départ.

Où en est Pieter De Villiers ?

Il a repris depuis hier. Il va bien. C’est sûr que si l’on avait eu un doute sur sa blessure, on ne l’aurait pas fait jouer. Mais il ne se plaint pas, il n’a plus de douleur. La Coupe du Monde se déroule normalement jusqu’en octobre, il y a sept matchs à jouer, donc c’est long, et il a le temps de retrouver sa forme optimale.

« Les jeunes boostent les tauliers »

Pourrait-on voir jouer Lionel Beauxis à l’arrière dimanche ?

On ne veut pas trop le perturber. C’est le plus jeune joueur de la troupe et je pense que c’est un très bon joueur en devenir. Mais il faut lui faire passer les étapes tranquillement. C’est quelqu’un de très déterminé, même s’il n’est pas très loquace. Il n’a pas été leader de l’équipe de France juniors et moins de 21 sans ces qualités-là. A nous de l’amener au haut niveau sans le perturber. Laissons-le donc jouer à son poste.

Y a-t-il une hiérarchie établie en équipe de France ?

Tout le monde est à égalité dans l’équipe, il n’y a pas de favoris ni de joueurs laissés de côté. Sauf peut-être Raphaël (Ibañez), qui est la capitaine et qui est à un poste privilégié car c’est notre leader bien attitré. Après, tout le monde est en concurrence, c’est le discours que l’on tient. Depuis trois semaines, le groupe s’est homogénéisé.

Les cadres de la sélection ne sont-ils pas prioritaires ?

C’est vrai qu’il y a certains « tauliers » en équipe de France, qui comptent plus de 50 sélections. Ce sont des capitaines de jeu et des joueurs sur lesquels toute l’équipe peut s’appuyer. Mais ces gens-là sont boostés par des jeunes qui viennent frapper et font vivre tout ça. Car si ces gars étaient tranquilles dans leur chaise, assurés de jouer, on est sûr de perdre la Coupe du Monde. En terme d’état d’esprit il faut garder la sérénité et l’esprit clair. Cette année, c’est la Coupe du Monde en France, et il faut bien que les gars se mettent dans la tête que ce seront les seuls joueurs français des trente prochaines années à l’avoir vécu. Alors tous les matins, il faut que les trente gars présents bénissent le comité de sélection de les avoir pris.

Le XV de départ contre le pays de Galles donne-t-il une indication pour l’Argentine ?

C’est sûr qu’il vaut mieux y être. Dans le rugby, c’est toujours mieux de jouer. Quand tu joues et que tu joues bien, tu te positionnes. Quand tu ne joues pas et que l’autre joue bien, tu perds des points. Même dans les grosses dérouillées, il y a toujours des conclusions positives pour les gens qui ont surnagé. Evidemment, une grande partie des joueurs qui seront à Cardiff seront dans le groupe pour l’Argentine…

Sébastien TRANCHAND

 

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