Promu capitaine du XV tricolore pour affronter les Gallois, dimanche à Cardiff, Serge Betsen aborde cette nomination en toute modestie. le troisième-ligne biarrot veut songer au collectif avant tout.
Serge Betsen, votre nomination en tant que capitaine a-t-elle été une surprise pour vous ?
Oui, c’est une surprise… même si j’attendais ça depuis dix ans (rires). Non, je ne m’y attendais pas du tout. Lorsque le staff me l’a annoncé, tous mes coéquipiers ont applaudi, ont crié, c’était vraiment sympa de leur part. Ce fut un moment émouvant et j’y ai pris beaucoup de plaisir et de fierté.
Quelle saveur a cette nomination ?
La saveur, je la connaîtrai à la fin du match. Pour l’instant, je pense seulement à continuer le travail fait par le collectif et à rendre une copie propre dimanche à Cardiff. Je dois mener l’équipe de France à la réussite. Il faut qu’on impose notre mode de jeu et notre cohésion. A part ça, ça ne va rien changer de particulier dans ma vie, ni celui de la sélection. Le collectif travaille de façon très simple et de ce fait, les diverses nominations ne troublent pas du tout le groupe.
Quelle va être votre mission en tant que capitaine ?
Je vais essayer d’être à l’écoute de tous et d’amener du lien entre tout le monde. La réussite du collectif est la plus importante des choses, même si personnellement, je suis très fier de cette nomination. On doit retrouver le même niveau de jeu que celui que nous avons produit à Marseille. Ce qui m’intéresse, c’est de pouvoir sortir du terrain en étant fier du maillot que l’on porte sur les épaules.
Vous avez déjà connu ce rôle à Biarritz…
Oui, j’ai été capitaine avec le BO, il y a environ 10 ans. Je ne m’en souviens pas vraiment, mais il me semble qu’à l’époque je m’éparpillais dans mon rôle. Il faut surtout que je sois moi-même, ne pas imposer quoi que ce soit. Chacun a un rôle et doit le garder.
« L’évènement de notre vie »
En étant capitaine dimanche, pensez-vous que ça vous donne la garantie d’être titulaire pour la Coupe du monde ?
Non, il n’y a aucune garantie. Chacun doit comprendre que l’équipe de France n’appartient à personne. On est tous là pour apporter quelque chose au collectif. Ce qui est intéressant, c’est que l’entraîneur ait l’embarras du choix à tous les postes.
Justement, comment avez-vous vécu les bonnes performances de Yannick Jauzion et Thierry Dusautoir, vos concurrents ?
Ils ont vraiment été très bons à Marseille. Ce sont des concurrents directs, alors dans les tribunes, j’avais les pieds qui tremblaient. Mais c’est bien, ça permet de nous remettre en question. Ils ont tous les deux fait un excellent match. La troisième-ligne a été très bonne et c’est bien pour la suite du tournoi. Ça pousse à faire toujours mieux. C’est une concurrence saine et positive qui permet à l’équipe de grandir à chaque instant.
N’est-ce pas difficile d’être spectateur d’une performance qui peut vous mettre en danger ?
Il faut faire abstraction de sa fierté personnelle. Ce qui est important, c’est la simplicité, le fait que chacun encourage l’autre dans n’importe quelle situation. Je l’ai fait pour Thierry et Yannick. Il faut qu’on s’entende bien ensemble. Même si je râlais de ne pas jouer, j’étais content de ce qu’ont fait mes partenaires. La Coupe du Monde en France, c’est l’évènement de notre vie. Chaque instant est donc vécu de manière intense et profonde. Il faut être prêt à tout. Nous sommes comme des pompiers avant une intervention. Ne pas jouer à Marseille a certes été une frustration, mais une frustration positive, de compétiteur.
Il y a tout de même une forte concurrence pour le poste de troisième-ligne aile…
En club, j’ai toujours fait face à beaucoup de concurrence, c’est pour cela que je trouve ça normal. Et chaque fois, je me suis remis en question. Il faut continuer à travailler et faire ce qu’il faut pour que le coach fasse appel à nous. Ce qui est important c’est de rendre une copie propre. Cette concurrence doit permettre à l’équipe de progresser. Chacun aura sa carte à jouer, à 200%.
« Attention aux pièges »
Sylvain Marconnet a dû vous quitter, quelle est votre réaction ?
C’est vraiment dommage qu’il ne soit pas là. Sylvain, c’est tout ce qu’on a pu lire de lui, un joueur exemplaire en équipe de France comme en club. Il a fait des choses exceptionnelles. Je lui souhaite de se remettre très vite pour qu’on puisse le revoir en club ainsi qu’en sélection.
Avec quelles ambitions allez-vous vous rendre à Cardiff ?
La rencontre contre Galles est un rendez-vous à ne surtout pas galvauder. Mais attention, il peut y avoir des pièges dans ce match. Il peut y avoir le risque de vouloir trop en faire pour les joueurs qui veulent gagner une place de titulaire. Il faut faire attention à une trop grande motivation.
Qu’ont apporté les deux victoires face à l’Angleterre ?
Beaucoup de sérénité. C’est toujours bien de travailler dans un climat serein, reposé. Il faut prendre tout ce qui n’a pas été positif et travailler cela pour nous rendre meilleurs.
Dans quel état d’esprit abordez-vous la Coupe du Monde ?
Depuis quatre ans, et la dernière Coupe du monde, on a en tête les erreurs à ne pas reproduire. Chacun essaye d’apporter un peu de son expérience pour qu’à la fin, on n’en ressorte pas frustré. Sportivement et humainement, on ne doit pas avoir de regrets.
Sébastien TRANCHAND

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