Euro 2008 - La France frappe fort

Eurosport - mar, 22 janv 22:57:00 2008

La France a battu l'Espagne (28-27) lors de son premier match du tour principal. Avec cette victoire acquise dans la douleur, les Bleus voient se profiler les demi-finales. Il ne reste plus qu'à battre l'Allemagne ou la Hongrie pour atteindre le dernier carré.

HANDBALL 2008 Euro Nikola Karabatic France - 0

Si les Bleus furent impériaux lors des deux derniers matches du tour préliminaire, l'Espagne leur a proposé une tout autre opposition. A l'image de Nikola Karabatic qui ne marqua pas un seul but en première période, les joueurs français eurent du mal à entrer de plain-pied dans le match. Le joueur de Kiel manquait en effet tir sur tir. Au contraire de Daniel Narcisse qui sortait l'artillerie lourde (7 buts) et rendait coup pour coup à des Espagnols nullement impressionnés par le statut de favori de leur adversaire du soir. Par conséquent, avec une attaque amputée de son meilleur élément, les Français s'en remettaient à leur défense avec un Didier Dinart des grands soirs qui parvenait à contenir les assauts ibériques. L'arrière-garde des Bleus défendait cependant un peu trop bas, offrant quatre jets à sept mètres aux Espagnols en première période. Les deux équipes regagnaient les vestiaires sur un score de parité: 15-15.

Dès le début de la seconde période, la France présenta un visage plus conforme à son statut de championne d'Europe. Nikola Karabatic allait mieux et les Bleus retrouvaient des couleurs. En effet, de 15 -15 à la 30e minute, on passait à 22-17 à la 36e. Un écart de +5 qui mettait les coéquipiers d'Olivier Girault dans les meilleures dispositions et l'entraîneur de l'Espagne J.-C. Pastor dans une colère noire. Dans un premier temps, celle-ci n'eut aucun effet sur les joueurs espagnols qui subissaient le jeu léché des Français qui, pour l'occasion, rassuraient leur public.

"On s'est fait peur"

Mais dans un deuxième temps, contrairement aux Islandais qui ne se réveillèrent jamais, l'opposition offerte par les Ibères était tout autre et ces derniers revenaient peu à peu dans le match. De -6 à la 43e, ils revinrent à -3 à la 50e et -1 à la 59e minute sans jamais parvenir à égaliser malgré une dernière possession de balle à trente secondes du coup de sifflet final. Ce final haletant a montré aux Bleus que rien n'est jamais acquis et qu'un léger relâchement peu avoir de grandes conséquences.

Jérôme Fernandez, lucide sur le match de son équipe, livre une analyse très juste : "Ils sont remontés petit à petit. Il faut dire qu'on leur a donné les ballons pour qu'ils remontent. En première mi-temps, ils ont été très incisifs en attaque. En deuxième, peut-être que le voyage vers Trondheim a un peu pesé, alors que de notre côté on connaissait la salle, on joue là depuis le début (...) Peut-être qu'on a trop pensé à gérer mais la seule chose importante est qu'on ait gagné. Pour l'instant, on est sur la voie royale, même si on sort d'un match où on s'est fait peur." Aujourd'hui, il s'agissait des vice-champions d'Europe, demain mercredi, ce seront les champions du monde allemands qui se présenteront sur la route des Français. Alors même si l'équipe de France possède un joker d'avance, elle serait bien avisée de ne pas le griller de suite sous peine de voir son capital confiance s'effriter.

LA FICHE DU MATCH:

ESPAGNE - FRANCE : 27-28

Espagne

Gardiens de but: Hombrados (11/32 arrêts), Sierra (0/7)

Marqueurs: A. Entrerrios (5), Rocas (5 pen.), R. Entrerrios (3), Garabaya(3), Belaustegui (2), Romero (5 dont 2 pen.), Rodriguez (4)

France

Gardiens de but: Omeyer (10/36 arrêts), Karaboué (0/1)

Marqueurs: Fernandez (4), G. Gille (1), B. Gille (5), Narcisse (7), Girault (4 dont 1 pen.), Karabatic (4), Abalo (3)

Hadrien HIAULT (photo : DPPI) / Eurosport