LYON (AFP) - Pour sa première sortie sous la houlette de son nouvel entraîneur Lionel Horter, Laure Manaudou s'en est bien sortie avec un honnête 800 m nage libre alors qu'elle est diminuée physiquement, vendredi lors de la Coupe de France à Lyon.
Contrariée par une gastro-entérite depuis quatre jours et fatiguée par un stage intensif de quinze jours aux Seychelles, la championne olympique a signé un 800 m en 8 min 36 sec 9/100, soit deux secondes de moins qu'en novembre à Montpellier.
Avec ce chrono, Manaudou a égalé celui qu'elle avait réalisé il y a tout juste un an dans le même bassin, à seulement trois semaines des Mondiaux de Melbourne où elle avait battu le record d'Europe (8:18.80).
Venue sans objectifs chronométriques mais pour prendre des repères cinq semaines après avoir rejoint le pôle France de Mulhouse, Manaudou s'est déclarée satisfaite de sa journée, tout comme son entraîneur.
"La façon de faire est très convenable et la façon qu'elle a eu de gérer sa course est très intéressante. On est dans une phase d'apprentissage y compris dans les compétitions et en ce qui me concerne, je suis en train de bâtir des repères avec elle. J'essaie de comprendre comment elle fonctionne", a expliqué Horter.
Entourée de sa famille au grand complet depuis qu'elle s'est réconciliée avec son frère Nicolas, Laure Manaudou est apparue détendue et a répondu longuement aux questions des journalistes après avoir conclu les séries du 50 m dos en 29 sec 61/100.
La triple championne du monde a surtout été interrogée sur le 400 m nage libre de samedi, son premier en 2008 alors que ses rivales ont claqué de très bons temps la semaine dernière comme la jeune américaine Katie Hoff, 18 ans, qui a échoué à 7/100 du record du monde de la Française (4:02.13).
"Je n'ai pas d'objectifs chronométriques. Bien sûr, j'aurais de la pression parce que, comme Katie Hoff a fait 4:02, tout le monde va s'attendre à ce que je me rapproche. Mais je vous rassure, je ne vais pas faire 4:02, même 4:03 ou 4:04, il ne faut pas compter dessus", a affirmé Manaudou.
La Française ne semble effectivement pas en mesure de nager à ce rythme-là alors qu'elle est très fatiguée par ses entraînements et que sa gastro-entérite, qu'elle a qualifiée de bénigne, l'a cependant amoindrie.
L'égérie de la natation française, qui a assuré qu'elle n'était pas envahie par le stress avant de nager son 400 m où elle se sait malgré tout très attendue, est consciente qu'elle n'est actuellement pas dans une période où elle peut signer de très bons chronos mais, "ce n'est pas grave", a-t-elle assuré.
Car l'essentiel sera de nager vite d'abord aux Championnats de France à Dunkerque (20-27 avril), sélectifs pour les jeux Olympiques.
En attendant, Manaudou, dont les épaules ne la font que très peu souffrir en ce moment, construit sa relation entraîneur/entraînée avec Horter et cette première journée semble les avoir contentés tous les deux.
Samedi en plus du 400 m nage libre, Manaudou devrait disputer la finale du 50 m dos et celle du 100 m nage libre.

AFP/Fred Dufouragrandir la photo