Eurosport - mer, 22 août 23:15:00 2007
Désigné gardien numéro 1 de l'équipe de France en labsence de Grégory Coupet, Mickaël Landreau va enfin pouvoir montrer l'étendue de son talent en bleu. Le portier du PSG est sous les feux des projecteurs et va passer quelques mois décisifs pour la suite de sa carrière. Lui est serein...
Il attendait ça depuis longtemps. Et voilà, le grand jour est arrivé. Mickaël Landreau va enfin pouvoir prouver sa valeur sur plusieurs matches de suite en Bleu. Surtout que le portier du PSG ne va se contenter de quelques rencontres amicales. Il va disputer le reste des matches qualificatifs à l'Euro 2008 avec un France-Italie comme cerise sur le gâteau. En clair, c'est un aboutissement. Ou plus exactement, une suite logique à une carrière toute tracée depuis dix ans. "Ce n'est pas une finalité ni une récompense, mais plus une continuité", confirme-t-il. Mais voilà, Raymond Domenech a dû lui mettre l'eau à la bouche début août lors d'une interview accordée au Parisien : "La hiérarchie est claire : Landreau est le numéro 1, supplée par Frey", avait expliqué le sélectionneur. Une phrase que l'ancien Nantais rêvait d'entendre depuis longtemps.
Alors bien sûr, il ne s'agit que d'un intérim. "Mika" a vu sa côte monter en flèche "grâce" à la grave blessure au genou de Grégory Coupet, le titulaire habituel dans le but tricolore. "Mon statut n'a pas changé, je remplace Greg qui a eu un problème", explique-t-il. Pourtant, l'essentiel est ailleurs : le Parisien va pouvoir franchir un nouveau palier sous la tunique bleue. "Je ne sais pas si c'est seulement un intérim, prévient-il. Je prends les matches les uns après les autres, j'emmagasine de l'expérience, je continue à avancer et à progresser. En gardant en tête que chaque match, chaque prestation peut tout remettre en cause. C'est un perpétuel recommencement. L'erreur serait de se croire arrivé."
"Rester en haut"
Une erreur que Landreau ne risque pas de faire. Depuis le 3 juin 2001 et sa première sélection en équipe de France contre le Mexique (4-0), l'ancien Canari a toujours pris son mal en patience. Dans l'ombre de Barthez puis de Coupet depuis 2004, il n'a jamais rien dit. Et a accepté son rôle de doublure de luxe sans broncher. Pourtant, il aurait pu prétendre à mieux. Surtout qu'il a toujours parfaitement répondu aux attentes des sélectionneurs, lors de ses cinq petites sorties avec les Tricolores. Cinq matches où il n'a jamais eu à aller chercher le ballon au fond de ses filets... "C'est un détail qui ne veut rien dire, tempère le gardien Je sais qu'un jour ou l'autre, je vais en prendre un. Je veux bien perdre mon invincibilité demain si l'équipe se qualifie pour l'Euro."
L'ambition collective est là. Mais à 28 ans, le temps est venu de gravir encore un échelon sur le plan individuel. En juin 2006, le natif de Machecoul avait d'ailleurs quitté le FC Nantes, son club formateur, pour le Paris SG déjà dans cette optique. Histoire de montrer sa capacité à supporter la pression ! Et l'année dernière, il n'a pas été déçu. Il fut l'un des rares joueurs du PSG à s'illustrer dans l'apocalyptique saison passée du club. "Malgré tout, dans cette saison, il y a eu plein de choses intéressantes, avoue-t-il. J'ai vécu des événements qui m'ont fait grandir, le tout dans un contexte parisien très médiatique. A Paris, on est tout le temps noté, il faut tout le temps faire des bilans, tout le temps s'expliquer. Cela peut m'aider à gérer la forte pression et la forte attente qu'il y a autour de l'équipe de France".
Le "petit" gardien qui avait débuté en première division à 17 ans, a bien grandi. Son excellent début de saison a d'ailleurs confirmé tout le bien que la France du ballon rond pense de lui. Malgré ses nouvelles responsabilités, l'ex-Nantais démontre toujours autant de sérénité. Un côté rassurant. La défense tricolore, qui est décimée pour le match contre la Slovaquie (ndrl : Thuram, Gallas et Escudé sont sur la touche), en aura bien besoin. "Depuis ma première saison en pro, on m'attend en sélection. J'ai toujours dit que ça arriverait le jour où ça devrait arriver. Mais le plus dur est de rester en haut, pas d'y arriver", conclut-il. Tout est dit...
Glenn CEILLIER / Eurosport