Eurosport - jeu, 22 nov 12:07:00 2007
Déjà qualifiée, la France a ramené un match nul d'Ukraine (2-2). Une rencontre sans enjeu durant laquelle la sélection tricolore a parfois déçu, souvent été inquiétante et a rarement satisfait en terre adverse. A quelques mois de l'Euro, il reste du boulot pour les troupes de Raymond Domenech.
UKRAINE - FRANCE : 2-2
Buts : Voronin (14e) et Shevchenko (47e) pour l'Ukraine - Henry (20e) et Govou (34e) pour la France.
De cet Ukraine-France, tout avait été dit ou presque avant le coup d'envoi de la rencontre. Match sans enjeu. Partie sans saveur. Des hypothèses tout à fait plausibles puisque d'un côté, la qualification n'était plus d'actualité et, de l'autre, le sésame délivré aux nations invitées au prochain Championnat d'Europe avait déjà été expédié au siège de la fédération... Mais voilà, c'était sans compter sur des Ukrainiens déterminés à "mourir" dans l'honneur, face à des Bleus décidément bien "maigrichons dans le jeu" depuis quelques sorties (2-2).
Pourtant, avec deux buts inscrits sur la pelouse du NSC Olympiyskiy Stadium, les protégés de Raymond Domenech ont présenté un visage offensif satisfaisant. Oui, mais par intermittence. Comme face au Maroc, les Bleus ont confirmé leurs faiblesses et leurs lacunes du moment. Dominateurs dans le jeu mais terriblement fébriles une fois le danger porté dans leur propre surface, les partenaires de Thierry Henry ont livré une prestation mi-figue mi-raisin. Le 44e but de l'attaquant du FC Barcelone sous le maillot frappé du coq ne suffira pas à occulter une vérité désormais bien établie. Ni le nouveau "costume" tricolore, censé avec le retour de la ligne rouge sur la poitrine rappeler les épopées victorieuses. La France, après un bon début de partie, a vite rendu les armes, trahie par l'inconstance de ses cadres. De quoi interpeller le sélectionneur, déjà tourné vers l'Euro suisse et autrichien.
Frey, première cauchemardesque
Finalement, le merci adressé à la sélection italienne samedi dernier a encore pris plus de sens mercredi soir. Car, que serait-il passé pour des Tricolores parfois chahutés, souvent sujets à des crises d'absentéisme sur le terrain si la qualification était encore en jeu ? Déjà pointée du doigt il y a six jours au Stade de France, la défense française a montré de sérieuses lézardes. Abidal notamment et Clerc n'ont pas toujours fait l'essuie-glace dans leurs couloirs. Quant à la charnière centrale, seul Gallas a semblé concerné par les débats. Thuram, à sa décharge, a encore montré les conséquences du manque de confiance que Frank Rijkaard lui accorde du côté de Barcelone. Replacement défensif hasardeux, agressivité intermittente, le patron de l'arrière-garde des Bleus est passé à côté de son match. Et il n'est pas le seul.
Tandis que ses partenaires, surpris d'entrée par une frappe de Voronin (14e, 1-0), étaient parvenus grâce au réalisme d'Henry (20e, 1-1) et à la vista de Govou (34e, 1-2) à se mettre sur les rails du succès, Sébastien Frey s'emmêlait les pinceaux tout seul sur une tête un brin vicieuse de Shevchenko (47e, 2-2). L'émotion aurait-elle engourdie les gants du portier de la Fiorentina ? Si rayonnant en club, l'ancien Cannois a vécu un véritable cauchemar sur sa ligne de but pour sa toute première sélection. Ce bouddhiste pratiquant est complètement sorti de son match à l'aube de la seconde période. Parfois acteur "titubant", comme le prouvent ses sorties aériennes peu académiques (62e, 72e), souvent spectateur, à deux doigts même de se faire surprendre une nouvelle fois par Shevchenko (51e) et Fedorov (68e), Frey a (trop) vite quitté les débats. Dommage pour le Savoyard, si motivé à prouver sa valeur en bleu.
Du grain en plus à moudre dans le moulin du sélectionneur. Landreau vendredi, Frey mercredi et Benzema, hormis une belle passe décisive sur le but de Govou, aussi décevant isolé en pointe qu'en soutien d'Henry, autant de points négatifs sur deux matches "déjà" - de la bouche du patron de la sélection - préparatoires pour le prochain Euro. Mais bon, l'essentiel est sauf. Malmenée, parfois au bord de la rupture, la France a continué à jouer et ce, malgré le minuscule petit degré centigrade indiqué au tableau d'affichage. Et aurait pu, avec plus de jus, plus de précision surtout, l'emporter sur le fil. Henry (57e) et Makelele (74e) ont manqué les rares balles de break qu'a bien voulu leur laisser la défense ukrainienne. Rien de rédhibitoire puisqu'en face, les hommes d'Oleg Blokhin ne se sont pas montrés plus réalistes devant les "cadeaux" offerts par l'arrière-garde adverse. 2007 se termine donc un par un nul pour les Bleus et une qualification pour le Championnat d'Europe. Fermez le ban et rendez-vous à l'année prochaine. Avec plus d'envie et plus de sérénité, espérons-le.
LA DECLA : Lassana Diarra (France)
"On est tombé contre une très bonne équipe d'Ukraine. Le résultat est logique. On ramène un point mais on était déjà qualifié. On a été solide. (Sur Sébastien Frey) L'erreur est humaine. Aujourd'hui, c'est lui, demain cela peut être moi ou un autre. C'est avec les erreurs que l'on apprend. On ne doit rien à l'Italie. Le point qu'il nous fallait, on est allé le chercher. A titre personnel, cette campagne qualificative s'est bien passée. Je m'adapte, je prends mes marques, avec mes coéquipiers ça se passe bien."
Alix DULAC (Photo DPPI) / Eurosport